Dernier round pour boucler le budget

Jeux des Iles : les financer, c'est du sport !

  • PubliĂ© le 7 septembre 2018 Ă  02:59
  • ActualisĂ© le 7 septembre 2018 Ă  10:53
jeux des iles

Le collectif Prezisports, qui rassemble 13 Ligues sportives de l'ßle, est ressorti un peu serein de sa réunion avec la Direction régionale de la jeunesse et des sports jeudi 6 septembre 2018. Si les obstacles sur le financement des Jeux des ßles semblent moins infranchissables qu'il y a quelques semaines, tout n'est pas rose dans le monde du sport.

AprĂšs la RĂ©gion qui s’est montrĂ©e encourageante quant Ă  sa participation au financement de la dĂ©lĂ©gation rĂ©unionnaise aux Jeux des Iles, c’est au tour de la DRJS d’annoncer un quasi accord aux demandes du collectif. " Comme Ă  la RĂ©gion, on nous a prĂ©venus Ă  la DRJS que nous ne recevrions pas la totalitĂ© de ce que nous avons demandĂ©, mais que la baisse ne serait pas aussi importante que ce qui nous avait d’abord Ă©tĂ© annoncĂ© ", explique Johann Guillou, prĂ©sident de la Ligue rĂ©unionnaise de basket.

Effets d’annonces qui doivent passer en commission permanente Ă  La RĂ©gion mi-septembre, et en commission Ă  la DRJS, dĂ©but octobre. " On ne crie pas victoire mais on a bon espoir d’obtenir ce que ces deux financeurs nous ont promis ", se rĂ©jouit Johann Guillou.

Quant au troisiĂšme financeur, le Conseil dĂ©partemental, le collectif Prezisports le rencontre lundi matin 10 septembre 2018. Dernier tour de piste pour boucler ce budget. Financer les Jeux des Iles, c’est du sport !   

Lire aussi Sports - La Réunion ira bien aux Jeux des Iles

6,2% en moins en 2019

Mais la rencontre du jeudi 6 septembre 2018 Ă  la Direction rĂ©gionale de la Jeunesse et des sports a aussi levĂ© le rideau sur des parts d’ombre que le monde du sport redoute depuis un moment.
En effet, l’avis de dĂ©cĂšs du Centre national pour le dĂ©veloppement du sport, appelĂ© Ă  laisser place Ă  la future agence nationale du sport d’ici le premier trimestre 2019, pose de nombreuses questions sur l'hĂ©ritage Ă  venir. A commencer par le devenir des Directions rĂ©gionales de la Jeunesse et des Sports. Qui sera qui, qui fera quoi, avec quel budget
 ? MystĂšre.

L’ex-ministre des Sports, Laura Flessel, avait annoncĂ© courant juillet des moyens " consĂ©quents ". Ce que semble contredire une lettre de cadrage du Premier Ministre Ă  sa ministre des sports, rĂ©vĂ©lĂ©e par notre confrĂšre L’Equipe dans son Ă©dition du 4 septembre 2018 et qui annonce clairement que le budget des Sports de 2019 serait en baisse de 6,2% par rapport Ă  2018. Au temps pour les moyens consĂ©quents.

Pour Johann Guillou, il y a tout de mĂȘme des avancĂ©es prometteuses : " La future agence du Sport sera administrĂ©e Ă  30% par l’Etat, 30% par les collectivitĂ©s, 30% par les reprĂ©sentants des fĂ©dĂ©rations sportives et 10% par des partenaires. C’est plutĂŽt une avancĂ©e que le monde du sport soit associĂ© Ă  30%, parce qu’avant ce n’était pas le cas du tout.

Jeux de hasard et taxe Buffet : la roulette russe

Mais on peut lire aussi dans cette nouvelle rĂ©partition des forces un probable dĂ©sengagement de l’Etat qui, jusqu’ici, exerçait un rĂŽle de tutelle et de principal financeur, notamment via la Française des Jeux.

En effet, les jeux de hasard assuraient jusqu’à 80% du budget du bientĂŽt dĂ©funt CNDS. La privatisation annoncĂ©e de la FDJ va-t-elle changer la donne ? L’Etat, minoritaire, pourra-t-il encore influer sur l’attribution des fonds pour financer le sport ? Les actionnaires privĂ©s de la FDJ continueront-ils Ă  honorer les missions d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral telles que l’insertion par le sport, et notamment pour les personnes en situation de handicap ?

Lire aussi Les limites de la politique du toujours moins

MĂȘme l’Etat se dĂ©sengage au-delĂ  de la seule baisse des subventions. RĂ©cemment, une ponction Ă  hauteur de 50% sur la  taxe Buffet (5% des droits TV reversĂ©s au profit du sport amateur) effectuĂ©e par le gouvernement pour rĂ©sorber le dĂ©ficit public a scandalisĂ© le monde sportif, Ă  La RĂ©union comme ailleurs. " 25 millions qui n’iront pas au sport amateur ", s’inquiĂšte Johann Guillou. Qui se dit trĂšs inquiet, comme les autres prĂ©sidents de Ligues Ă  La RĂ©union sur le risque de disparition des PĂŽles Espoir, sur l’arrĂȘt actĂ© des contrats aidĂ©s, sur les baisses de subventions et tout le saint bataclan.

Lire aussi Baisses des subventions : des ligues sportives veulent une Journée NO sports

" Ces coupes sombres sont en train de crĂ©er du chĂŽmage ", s’indigne Johann Guillou qui se refuse pour l’heure encore Ă  envisager des licenciements Ă©conomiques dans sa Ligue.
En tout cas, les menaces de baisse de moyens pour l'année 2019 décident le collectif Prézisports, en accord avec le CROS, à maintenir le boycott des Journées Sports à La Réunion, prévues les 22 et 23 septembre. 
 

ml/www.ipreunion.com

 

guest
0 Commentaires