En grève depuis le début de cette semaine, les chauffeurs de camions-toupies reprendront bien le travail ce jeudi 20 août 2015. Un accord a été signé dans la nuit entre les transporteurs de béton et le groupe Lafarge-Holcim concernant notamment le versement d'un minimum garanti.
Il aura finalement fallu deux grèves pour que les transporteurs de béton et le groupe Lafarge-Holcim réussissent à trouver un accord sur la rémunération des chauffeurs. Ces derniers pourront toucher un minimum garanti de 7 000 euros par mois, un montant qui a pu être trouvé après une longue soirée de négociations entre les syndicats et les cimentiers.
"On peut graver cet accord dans l'histoire économique de La Réunion. Les transporteurs ont retrouvé la dignité. [...] Il fallait régler ce problème d'abus et d'injustice qui a laissé de nombreuses cicatrices. Ce minimum ne permet pas de devenir riche ou de vivre aisément, mais cela permet de gagner notre vie honorablement", se fécilite Jean-Bernard, président de la FNTR (Fédération nationale des transports routiers) à La Réunion.
Malgré une médiatisation assez moindre, cette seconde grève des transporteurs de béton - après celle de mai dernier - aura réussi à ralentir de nombreux chantiers de l'île. Faute de béton, certains ouvriers ont dû être mis au chômage technique. En effet, les centrales à béton du groupe Lafarge-Holcim étaient bloquées, empêchant les livraisons vers les clients de la multinationale, dont certains qui opèrent pour la construction de la Nouvelle route du littoral.
"Appliquer le protocole à l'ensemble des bétonniers"
Voilà pourquoi un accord a été rapidement trouvé avec Holcim - le principal cimentier de l'île qui a fusionné le 15 juillet avec la Lafarge - ainsi qu'avec l'Irlandais CRH qui a récupéré les activités du groupe français à La Réunion afin de respecter les règles de la concurrence. Les discussions, qui ont débuté au cours de la matinée, se sont terminées avec la signature d'un protocole aux alentours de 0h30 au Port avec les représentants des deux sociétés.
Afin d'éviter une troisième grève, cet accord devra rapidement être officialisé par la préfecture. Il s'agira ensuite de le généraliser aux autres entreprises du secteur. "Une politique syndicale va être mise en place par le biais de la chambre de commerce pour mettre en place une démarche visant à faire appliquer le protocole à l'ensemble des bétonniers de l'île", insiste Jean-Bernard Caroupaye.
Le minimum garanti est une revendication portée par les chauffeurs de camions-toupies depuis une vingtaine d'années. C'est pourquoi le président de la FNTR est particulièrement fier de cet accord trouvé. "Cela permet aux transporteurs de subsister au quotidien aux charges fixes, et cela donne un peu plus de confiance et de visibilité aux organismes financiers", assure-t-il.
La grève du côté des centrales à béton de Lafarge-Holcim est donc levée. Le travail doit reprendre dès ce jeudi matin, même si les chauffeurs auraient préféré attendre l'officialisation en préfecture, craignant une nouvelle parade de la multinationale. Mais Jean-bernard Caroupaye estime que le groupe ne devrait pas revenir sur ses engagements. "Je suis confiant. Dans le cas contraire, ce serait jouer avec le feu", prévient le représentant des transporteurs. Le message est passé.
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Les transporteurs ne demandent rien de plus que ce qui ce pratique deja en metro. Le minimum garantie yest meme plus élevé
Espérons que JB va payer ses impôts...
et pas avec du ciment.