Nous, élus, apiculteurs, citoyens, avons constaté, dans les semaines précédentes, une mortalité importante d'abeilles, ainsi que de reptiles, voire des intoxications humaines potentielles. Nous nous interrogeons sur l'opportunité de vastes campagnes de démoustication avec des produits non biologiques dans les quartiers, de jour comme de nuit.
Nous constatons que les populations dâabeilles sont dĂ©jĂ en forte crise et que les insectes en gĂ©nĂ©ral se portent mal. Nous constatons aussi que la santĂ© humaine est affectĂ©e par les produits chimiques, herbicides et insecticides, notamment ceux que les agriculteurs manipulent depuis des dĂ©cennies.
Nous nous Ă©tions rĂ©jouis de lâinterdiction dâutilisation des phytosanitaires par les jardiniers amateurs (Loi LabbĂ©) et de la progression des communes vers le ZĂ©ro Pesticides pour lâentretien des espaces verts. Ăgalement le programme Ecophyto, enfin mis en application dans les zones non agricoles permet une rĂ©duction de lâexposition des personnes aux pesticides. HĂ©las, cela est sans compter lâĂ©pidĂ©mie de dengue qui fait rage sur Ăźle.
Nous ne remettons pas nĂ©cessairement en cause la gravitĂ© de lâĂ©pidĂ©mie de dengue qui frappe lâĂźle de La RĂ©union actuellement mais questionnons le dĂ©ploiement de pesticides chimiques neurotoxiques Ă proximitĂ© immĂ©diate des habitations.
Face à la toxicité avérée de la deltamétrine sur les animaux à sang froid, nous considérons que ce dispositif de démoustication ne contribue en aucun cas :
âą Ă la prĂ©servation des insectes pollinisateurs, en premier lieu des abeilles, dĂ©jĂ bien affectĂ©es par le varois, et dont le caractĂšre indispensable Ă lâagriculture et voire Ă la survie de notre espĂšce nâest plus Ă dĂ©montrer.
âą Au maintien dâune biodiversitĂ© patrimoniale, qui nous semble dĂ©cliner: guĂȘpes, autres insectes, oiseaux indigĂšnesâŠ
⹠à la protection des reptiles, notamment tortues domestiques mais aussi les caméléons endormis et geckos endémiques, espÚces protégées en France.
Cette lutte chimique nous semble contraire au principe de rĂ©clusion concernant les effets sur la santĂ© humaine de ce produit, dont le potentiel cancĂ©rogĂšne nâest pas connu, ni ses possibles impacts neurologiques, pour les maladies telles que Parkinson ou Alzhiemer. Il apparaĂźt que la dĂ©moustication peut-ĂȘtre parfois menĂ©e sans information prĂ©alable de la population, qui en Ă©tĂ© dort la fenĂȘtre ouverte, consomme les fruits de l cour et est en droit de cultiver dans son jardin des fruits, l égumes, tisanes pour sa consommation personnelle. Il nous semble souvent impossible dâĂ©viter la zone traitĂ©e (de nuit ou de jour) pendant les 6 heures qui suivent.
Par ailleurs, nous proposons que les dates et lieux de communication soient diffusĂ©s sur les radios locales et dans la presse, et que les associations de quartiers soient associĂ©es afin que cette Ă©pidĂ©mie de dengue soit lâoccasion dâun formidable Ă©lan pour nettoyer terrains vagues, maisons abandonnĂ©es, bord de route et de chemins et que les sites de dĂ©pĂŽts sauvages signalĂ©s soient rapidement nettoyĂ©s et embellis par des actions citoyennes, en lien avec les mairies.
Aussi, nous Ă©lus, apiculteurs, citoyens, demandons que des alternatives non neurotoxiques soient expĂ©rimentĂ©es (par exemple sur e territoire de La Possession) : utilisation de produits biologiques, introduction dâinsectes stĂ©riles (principe TIS) ou mise en place de piĂšges Ă moustiques (borne Qista ou Ă©quivalent) dans les zones sensibles ou rĂ©cemment infestĂ©es. Si ces solutions alternatives sont jugĂ©es efficaces, alors, elles pourront ĂȘtre dĂ©ployĂ©es Ă plus grande Ă©chelle.Â

TrĂšs bien cette condamnation de produits... mais Mme la Maire n'est pas cohĂ©rente en s'entĂȘtant pour la CarriĂšres des Lataniers qui va impacter la santĂ© des voisins, les Ă©coles , les crĂšches et toute la biodiversitĂ©. Ecologiste un jour pour ĂȘtre Ă©lue...