Santé publique France a publié ce mardi 19 mai 2026 son baromètre 2024 qui fait le point sur six grandes thématiques de santé à La Réunion. Globalement, la santé mentale des Réunionnais est jugée préoccupante, le diabète et l’hypertension artérielle restent élevés, alors que l'adhésion à la vaccination reste faible. (Photo d'illustration : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)
En 2024, un peu plus de la moitié des adultes âgés de 18-79 ans (56,2 %) déclarent une santé perçue très bonne ou bonne, tandis qu'un peu plus d'un quart (27,0 %) déclarent être limités dans leurs activités quotidiennes à La Réunion.
La santé perçue varie selon le sexe, l'âge, le niveau d'étude, les revenus et la catégorie socioprofessionnelle; les hommes, les plus jeunes et les catégories socialement favorisées déclarent une meilleure santé perçue et moins de limitations dans leurs activités que les femmes, les plus âgés et les moins favorisés.
À La Réunion, six grandes thématiques de santé sont sous surveillance.
- La santé des Réunionnais sous surveillance -
Diabète : une prévalence toujours très élevée
La Réunion demeure la région la plus touchée de France, avec une prévalence du diabète supérieure à celles des autres régions françaises. Les écarts sociaux restent marqués : les personnes moins diplômées et les retraités sont les plus concernés. Les niveaux observés sont comparables à ceux du Baromètre 2021.
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Hypertension artérielle : un adulte sur cinq concerné
La proportion d'adultes déclarant une HTA reste élevée. Des inégalités sociales importantes persistent : la prévalence augmente avec l'âge et est plus forte chez les personnes ayant un niveau d'étude inférieur au baccalauréat ou rencontrant des difficultés financières.
Une santé mentale particulièrement préoccupante
La Réunion présente les prévalences les plus élevées des épisodes dépressifs caractérisés et des troubles anxieux généralisés de toutes les régions françaises avec des inégalités sociales très marquées.
Vaccination : une adhésion encore faible
Avec plus de 7 adultes sur 10 favorables à la vaccination, La Réunion reste parmi les régions avec une faible adhésion à la vaccination et ce niveau est resté similaire à celui observé en 2021. Des progrès restent à fournir sur le développement d'actions de promotion de la vaccination, tenant compte des différences sociodémographiques identifiées.
Tabagisme : une baisse encourageante
La proportion d'adultes déclarant fumer quotidiennement est en baisse. Toutefois, le tabagisme reste plus fréquent parmi les populations les plus vulnérables sur le plan socio-économique, entraînant des disparités marquées en matière de morbidité et de mortalité.
Antibiorésistance (capacité d'une bactérie à résister à l'action d'un antibiotique) : un niveau de méconnaissance élevé
La méconnaissance de l'antibiorésistance demeure particulièrement importante à La Réunion et est la plus élevée en France : près de 7 personnes sur 10 déclarent n'en avoir jamais entendu parler. Cette proportion est encore plus marquée chez les jeunes de 18-29 ans et au sein des catégories socioéconomiques les moins favorisées, malgré les campagnes de sensibilisation menées.
La méconnaissance de l'antibiorésistance demeure particulièrement importante à La Réunion et est la plus élevée en France : près de 7 personnes sur 10 déclarent n'en avoir jamais entendu parler.
Cette synthèse compile les principaux résultats de plusieurs thématiques de santé, décrits selon la position socio-économique et le sexe, afin d'en dégager une lecture transversale centrée sur les inégalités sociales et territoriales de santé à La Réunion.
- Les personnes socialement défavorisées en moins bonne santé -
Ces résultats confirment que l'ensemble des indicateurs de santé étudiés suivent systématiquement des gradients socio-économiques et diffèrent selon le sexe : globalement un moins bon état de santé générale, physique et mentale est observé chez les personnes socialement défavorisées.
Le tabagisme et l'insuffisance d'activité physique concernent davantage les catégories sociales défavorisées alors que le dépassement des repères de consommation d'alcool à moindre risque et la sédentarité concernent davantage les catégories sociales les plus favorisées.
Des écarts s'observent selon le sexe : globalement les femmes se perçoivent en moins bonne santé et déclarent plus souvent des troubles de santé mentale (épisodes dépressifs, troubles anxieux généralisés), et des plaintes d'insomnie. Par ailleurs, contrairement aux observations au niveau national, les femmes réunionnaises déclarent plus souvent une hypertension artérielle. En revanche, aucune différence selon le sexe n'est observée pour le diabète.
L'insécurité alimentaire qui touche plus fréquemment les ménages modestes, peut participer à l'aggravation des inégalités sociales de santé observées dans la plupart des pathologies chroniques (maladies cardiovasculaires, diabète, obésité, etc.).
Nos résultats soulignent, à travers la question du ressenti de faim sans pouvoir manger, que cette situation est étroitement liée aux caractéristiques socio-économiques des ménages, comme le revenu, la structure familiale (les familles monoparentales et les personnes vivant seules sont particulièrement concernées), et touche de plein fouet les jeunes générations.
En outre, une mauvaise situation socio-économique peut résulter de discriminations de toutes sortes, notamment en raison de son genre ou de son origine. Nos résultats montrent que le ressenti de discriminations toutes raisons confondues est fréquent puisqu'une personne sur cinq déclare en avoir subi au cours des cinq dernières années. Fait notable, les femmes disposant d'une situation socio-économique favorable déclarent des niveaux de discrimination comparables, voire supérieurs, à ceux observés chez les femmes en situation socio-économique défavorable.
La présence systématique de gradients socio-économiques quel que soit l'indicateur de santé étudié, montre l'importance de décrire à l'échelle régionale les résultats selon les catégories sociales au-delà des seuls résultats en moyenne. L'enquête du Baromètre de santé publique France, répétée tous les deux ans, permet de surveiller l'évolution des inégalités sociales de santé dans le temps.
Des analyses ultérieures sont envisagées pour évaluer l'impact croisé des différents déterminants sociaux (sexe, origine, position socio-économique) sur la santé, et comprendre plus finement ces inégalités sociales de santé.
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Santé mentale et diabète on est d accords . Pas besoin d etude ca se voit au quotidien.