Levée de l'anonymat du don de sperme

Le conseil des ministres approuve

  • PubliĂ© le 21 octobre 2010 Ă  18:00
Laboratoire biologique

Le conseil des ministres a rendu possible ce mercredi 20 octobre 2010 l'accĂšs Ă  l'identitĂ© d'un donneur de gamĂšte. Une identitĂ© qui ne peut ĂȘtre malgrĂ© tout rĂ©vĂ©lĂ©e sans l'accord du donneur. Cette dĂ©cision constitue la mesure phare du projet de loi de rĂ©vision des lois de bioĂ©thique prĂ©sentĂ© fin septembre par la ministre de la SantĂ© Roselyne Bachelot. Jusqu'Ă  prĂ©sent le don de sperme Ă©tait anonyme. Pour autant cette dĂ©cision ne s'applique qu'aux dons futurs. Le projet de loi prĂ©cise que "pour les dons passĂ©s, il faudra une initiative du donneur, dĂ©clarant qu'il est prĂȘt Ă  rĂ©vĂ©ler son identitĂ© si c'est souhaitĂ©".

Le projet de loi prĂ©voit principalement deux dispositions. La possibilitĂ© d'accĂ©der Ă  l'identitĂ© du donneur si celui-ci donne son accord. En aucun cas, le donneur ne sera contraint de dĂ©voiler son identitĂ©. En revanche, la personne issue d'un don de gamĂšte pourra sans le consentement du donneur avoir accĂšs Ă  des informations "non identifiantes" comme son Ăąge. Des informations d'ordre socioprofessionnel et concernant sa motivation seront recueillies lors du don que si le donneur l'accepte. Le nom, prĂ©nom et adresse resteront anonymes.‹‹

Le bien fondé de cet anonymat avait été discuté ce mardi 5 octobre 2010 par les membres du comité éthique de La Réunion, composé notamment de médecins. Pour le comité "la levée de l'anonymat en matiÚre de don de sperme soulÚve une question éthique, celle de la filiation".

Selon le comitĂ©, le fait de lever cet anonymat fragiliserait psychologiquement la position du pĂšre "adoptif" qui pourrait voir sa paternitĂ© symbolique rattrapĂ© par l'origine biologique de l'enfant. Car avec la loi actuelle, le biologique est au second plan et le symbolique prime. Le projet de loi va inverser cette situation.‹‹

En l'Ă©tat actuel du droit, l'interdiction est perpĂ©tuelle. Elle ne permet ni Ă  l'enfant devenu adulte, ni Ă  ses descendants, de connaĂźtre l'identitĂ© du donneur ou toute autre information le concernant. ‹‹

La violation de ce principe est sanctionnĂ©e. Ainsi, le fait de divulguer une information permettant d'identifier une personne ou un couple qui a fait le don de gamĂštes et le couple qui les a reçus est puni jusqu'Ă  deux ans d'emprisonnement et de 30.000 euros d'amende. Une exception, en cas de danger avĂ©rĂ© pour la santĂ© de l'enfant, seul le mĂ©decin peut accĂ©der au dossier du donneur, sans pour autant rĂ©vĂ©ler son identitĂ©.‹‹

La révision des lois de bioéthique est sur le point de renverser cette rÚgle. L'examen du projet de loi par le parlement devrait intervenir au mois de novembre.

Julie Fioretti pour
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