Financement des collectivités

Le Département inquiet sur l'avenir

  • Publié le 27 octobre 2010 à 09:00
Mardi 26 Octobre 2010

Conférence de presse des conseillers généraux de la majorité

Les conseillers généraux sont inquiets sur le financement futur de la collectivité. Une inquiétude partagée par tous les conseils généraux de France, de droite comme de gauche, selon Nassimah Dindar, qui a assisté à l'Assemblée des Départements de France à Avignon les 20 et 21 octobre dernier. Les élus dénoncent notamment la non compensation par l'Etat du transfert des compétences (allocation personnalisé d'autonomie, RMI dans les DOM, RSA en métropole et prestation handicap), soit la somme de 5,5 milliards d'euros au total, dont 350 millions pour la collectivité de l'île.

"Il est important de trouver une solution pour pérenniser l'aide sociale", explique Jean-Claude Fidji, conseiller général. Surtout que cette aide sociale s'avère "essentielle" à La Réunion, où "la démographie et la précarité sociale sont plus fortes".

Or, selon une étude menée par un cabinet d'expert et présentée lors de l'Assemblée des Départements de France, une seule solution serait susceptible de maintenir ces collectivités à flot dans les 5 années à venir. A savoir une combinaison entre accroissement des recettes, en augmentant la CSG par exemple, réduction les investissements, mise en place d'un plan d'économie de gestion et gel des dépenses sociales par bénéficiaires. Une solution déjà expérimentée "en partie" par le conseil général de La Réunion, selon Ibrahim Dindar. "Mais malgré tout nous avons des difficultés de financement", note l'élu.

Seule solution émise par plusieurs collectivités de gauche, "la compensation et la péréquation". D'abord, les conseillers généraux demandent à l'Etat de compenser les sommes dues au titre des transferts de compétences. "Certains Département sont prêts à éponger la dette de l'Etat pour la période 2004-2010 mais après 2010 ce n'est plus possible", commente Ibrahim Dindar. "La péréquation serait une recette réalisée grâce à un impôt identifié, stable et évolutif. C'est de la solidarité verticales (ndlr - entre l'Etat et les Départements) ou horizontale (ndlr - des Départements les plus riches vers les Départements les plus pauvres)", souligne le conseiller général.

L'Assemblée des Départements de France a aussi été l'occasion, pour le conseil général de La Réunion, de "tirer la sonnette d'alarme". "Il ne faut pas que l'île ne soit plus considérée comme une priorité. En cette période de crise, chacun défend son département. Or, les DOM rencontrent des difficultés encore plus grandes que ceux de Métropole. La Réunion ne doit pas seulement être considérée comme une niche fiscale. Nous avons des atouts pour devenir un centre dans la région Océan Indien", termine Nassimah Dindar.


Mounice Najafaly pour
guest
0 Commentaires