La production en berne et les prix s'envolent

Le mauvais temps et la maladie flambent la banane

  • PubliĂ© le 6 septembre 2018 Ă  02:59
  • ActualisĂ© le 6 septembre 2018 Ă  16:21
Bananes

IntempĂ©ries, maladies, tempĂȘte Fakir, la production de bananes Ă  La RĂ©union est mise Ă  mal depuis le dĂ©but de l'annĂ©e. Alors que les producteurs se disent confrontĂ©s Ă  une pĂ©nurie et un manque de moyens, les consommateurs voient les prix s'envoler : le kilo de bananes se vend en moyenne aujourd'hui 1 euro plus cher que le prix habituel. (Photo poto RB imazpress )

Depuis le dĂ©but de l’annĂ©e, elle se fait discrĂšte sur les Ă©tals des marchĂ©s. La banane est devenu un produit rare et cher. TouchĂ©es de plein fouet par le passage de la tempĂȘte tropicale Fakir en avril dernier, les exploitations peinent Ă  se remettre. Les agriculteurs qui n’ont toujours pas reçu les indemnitĂ©s n’ont pas les moyens d’agir pour relancer la production. D’aprĂšs la Chambre d’agriculture, il leur faudra encore attendre au moins une dizaine de mois. Huit mois pour que les dossiers soient Ă©tudiĂ©s par Paris et Bruxelles et deux mois supplĂ©mentaires avec les carences.

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Bananes noircies

Mais Fakir n’est pas le seul responsable d'une production quasi en berne. Depuis plus d’une annĂ©e, la maladie dite du "Freckle" ("tache de rousseur" en anglais) prolifĂšre et cause d’énormes dĂ©gĂąts dans les champs de bananes. AppelĂ© "Phyllosticta cavendishii" par les spĂ©cialistes, ce champignon noir a Ă©tĂ© signalĂ© pour la premiĂšre fois sur l’üle fin 2015. Mais les fortes pluies, les tempĂȘtes, les hivers doux, le vent et le taux d’humiditĂ© supĂ©rieur Ă  la normale lui auraient permis de se propager.

D’aprĂšs la Chambre d’agriculture, 30% du territoire seraient concernĂ©s. La maladie touche les feuilles des plantes mais surtout la peau des bananes, faisant apparaĂźtre des taches noires alors que le fruit n’est pas mĂ»r. La chair reste comestible, mais les bananes noircies ne correspondent plus au cahier des charges.

RĂ©sultats : les fruits sont jetĂ©s et les plants attaquĂ©s sont coupĂ©s, brĂ»lĂ©s ou enterrĂ©s pour Ă©viter la propagation des spores. Pour le traitement, il n’y en a pas vraiment
 Il faut planter moins de pieds Ă  l’hectare pour isoler les individus contaminĂ©s, enlever les feuilles malades, utiliser des huiles essentielles
 Un traitement chimique sera extrĂȘmement coĂ»teux et n’est pas Ă  envisager : la vie d’un bananier est courte et le champignon trop rĂ©sistant. Pour la Chambre d’agriculture, il vaut mieux dĂ©truire et replanter.

Avec la maladie de Freckle, les producteurs sont Ă©galement alertĂ©s par la prĂ©sence de la cercosporiose noire (Pseudocercospora fijiensis), flĂ©au bien connu aux Antilles et en Nouvelle CalĂ©donie. DĂ©tectĂ©e fin mars sur le secteur de Saint-BenoĂźt, cette maladie fongique s’attaque aux feuilles des bananiers et provoque chez les fruits une maturitĂ© prĂ©coce qui les rend impropres Ă  l’exportation.

Une baisse de 70% de la production

Entre la tempĂȘte Fakir et ces maladies, la production sera drastiquement baisse : sur les 9650 tonnes de bananes rĂ©coltĂ©es habituellement, au moins 70% ne seront pas assurĂ©es, soit une perte de 860 000 euros. Sur les marchĂ©s les consommateurs doivent sortir le portefeuille.

D’aprĂšs la Chambre d’agriculture, il faut compter un euro de plus en moyenne par rapport au prix normal. Mais sur certains Ă©tals, les prix ont doublĂ© voire triplĂ©. Les producteurs, pour la plupart dĂ©sespĂ©rĂ©s, ont le moral au plus bas.

Et l’annĂ©e prochaine ?

Le retour Ă  la normale n’est pas prĂ©vu avant six mois, le temps que les bananiers achĂšvent leur croissance. Quant Ă  la rĂ©colte, dĂ©calĂ©e par la tempĂȘte Fakir, elle n’aura pas lieu avant mars
 pile poil pendant la saison des cyclones, ce qui laisse craindre de nouvelles catastrophes. Tout semble aller contre les exploitants et la Chambre d’agriculture espĂšre que l'Etat accĂ©lĂšrera les procĂ©dures d’indemnisation.

nt/www.ipreunion.com

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1 Commentaires
GERARD97460
GERARD97460
7 ans

Les bananes sont Ă  0.85 euro du kilo pour des bananes importĂ©es des CaraĂŻbes ou d'Afrique, il faut importer les bananes Ă  la RĂ©union comme en France, car la RĂ©union n'a pas assez de terrain agricole pour ĂȘtre producteur de banane et avoir de bon prix pour les vendre au public...