La récolte du miel de baie rose va démarrer à partir de la mi-mars 2018. Les apiculteurs craignent de fortes pluies car les averses grillent les fleurs de poivriers sur lesquelles les abeilles viennent butiner. Ils redoutent surtout un nouveau cyclone. Les fortes rafales de vent peuvent en effet casser les arbres et compromettre la miellée. Sans oublier la menace varroa : un danger toujours présent dans les ruchers réunionnais. (Photo d'archives)
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Henri BĂšgue, technicien-conseil en apiculture Ă la Chambre dâagriculture, installĂ© aux Avirons, ne veut pas dâun nouveau systĂšme cyclonique. Il sâen explique. "Plus la miellĂ©e de baie rose approche, plus il y a un risque en cas de cyclone. Car si les rafales de vent cassent les arbres ou que la pluie tombe juste avant la rĂ©colte, câest fini", dĂ©taille-t-il, contactĂ© en pleine visite chez un apiculteur.
Une inquiĂ©tude Ă©galement confirmĂ©e par Bruno Ariapoutry, apiculteur au Tampon depuis 20 ans. Il prend le temps de nous rĂ©pondre entre deux ventes effectuĂ©es sur un marchĂ© forain. "Il ne faut surtout pas un gros vent car si un cyclone arrive, ce nâest pas bon du tout car cela va casser les poivriers", commente-t-il par tĂ©lĂ©phone.
Outre les rafales, il faut aussi prendre en considĂ©ration dâĂ©ventuelles pluies. "Quand la rĂ©colte de la baie rose va commencer, il ne faut absolument pas de grosses averses sinon cela va dĂ©truire les fleurs. On commence la rĂ©colte mi-mars jusquâĂ fin avril-mai. AprĂšs la saison catastrophique des letchis en 2017, il ne faut surtout pas une mauvaise saison des baies roses", prĂ©cise-t-il avant de s'en aller reprendre une activitĂ© normale.
Son collĂšgue installĂ© dans le quartier de Bras Creux dans la ville tamponnaise, Pascal Fontaine, partage son avis et Ă©voque un autre problĂšme. Le varroa prĂ©sent dans lâĂźle depuis mai 2017. "Câest la premiĂšre miellĂ©e de baie rose oĂč lâon a le varroa sur le dos. Câest le moment de traiter les ruches. On est encore plus vigilant que dâhabitude. La ruche doit ĂȘtre en bonne santĂ© avec un niveau de varroa infĂ©rieur Ă 3 %."
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Il se montre malgrĂ© tout optimiste pour la miellĂ©e Ă venir. Le Sudiste accorde actuellement un soin particulier Ă ces colonies dâabeilles. Tout comme Bruno Ariapoutry. "Pour faire une bonne miellĂ©e, on doit avoir des abeilles en bonne santĂ©. S'il nây en a pas assez, ça ne marche pas. Dâautant plus que lâon a plus la mĂȘme quantitĂ© de ruches Ă cause de ce parasite. Le Conseil dĂ©partemental nous a aidĂ©s pour lâachat de produits phytosanitaires", lance-t-il.
Selon Henri BĂšgue, le DĂ©partement a versĂ© 300.000 euros aux producteurs de miel dont 120.000 pour lutter contre le varroa. "Ce parasite est la principale menace. Il faut se consacrer Ă cette lutte mĂȘme si cela coĂ»te de lâargent. Je fais des dĂ©monstrations chez les apiculteurs pour quâils adoptent les mĂ©thodes de lutte. Il faut traiter rĂ©guliĂšrement", lance-t-il. Avant le passage de la forte tempĂȘte tropicale Berguitta le 18 janvier, les professionnels ont eu la crainte de voir le mĂ©tĂ©ore ravager les ruches dans les forĂȘts de lâĂźle.
Certains ont connu des dĂ©gĂąts. Comme le confirme Henri BĂšgue. "Certains apiculteurs ont perdu une 50aine de ruches. Dâautres une dizaine ou une vingtaine. 10 apiculteurs sur la centaine de professionnels ont Ă©tĂ© touchĂ©s. Si on compte ceux qui font ça pour le loisir il y en a 400 en tout", commente-t-il. Lâeau est rentrĂ©e dans les ruches et a noyĂ© les abeilles. Et les jeunes colonies ont aussi Ă©tĂ© stressĂ©es par les averses de Berguitta.
Varroa, cyclone, pluie et vent⊠Les menaces semblent nombreuses autour de la filiÚre apicole. Elles tournent autour des professionnels comme les abeille rodent autour du miel.
ts/www.ipreunion.com
