La chambre de commerce et d'industrie de La RĂ©union (CCIR) a organisĂ© ce mardi 30 aoĂ»t 2005 une rĂ©union de travail sur les opportunitĂ©s d'investissement Ă Madagascar. Des reprĂ©sentants de l'Ătat et du monde Ă©conomique malgaches ont prĂ©sentĂ©s les atouts de leur payx aux chefs d'entreprise prĂ©sents. Certains de ces derniers ont mis l'accent sur les obstacles administratifs entravant leurs projets d'investissement dans la Grande Ăle
Tourisme, pĂȘche, agriculture... Les opportunitĂ©s d'investissement dans la Grande Ile sont nombreuses. Celles-ci ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©es aux chefs d'entreprises rĂ©unionnais rĂ©unis Ă la chambre de commerce et d'industrie de La RĂ©union (CCIR). "Les opportunitĂ©s d'investissement sont immenses Ă Madagascar" indique d'emblĂ©e Denis Raoeliarijaona, directeur d'appui Ă l'entreprenariat au ministĂšre de l'industrialisation. "Le pays dispose d'abord d'une potentialitĂ© humaine. La population est jeune et le coĂ»t de la main-d'?uvre est trĂšs compĂ©titif, soit 7 Ă 8% du prix d'un produit contre 60% en Europe". Autre avantage : la disponibilitĂ© des ressources naturelles, avec une agriculture variĂ©e sur 905 millions d'hectares. Pour Denis Raoeliarijaona, les secteurs les plus porteurs et prioritaires sont : le tourisme, les mines, la pĂȘche, l'industrie manufacturiĂšre tournĂ©e vers l'exportation, l'artisanat, l'agriculture, les technologies de l'information et les infrastructures de base.PossibilitĂ© d'acquĂ©rir des biens immobiliers
Ăvoquant la politique Ă©conomique de la Grande Ile, Denis Raoeliarijaona explique que celle-ci est basĂ©e sur la libre entreprise, l'Ă©conomie de marchĂ© et la libre circulation des biens, des personnes et des capitaux. Il ajoute que "l'Ătat malgachesera un facilitateur et soutiendra l'initiative privĂ©e, afin d'accroĂźtre la confiance des investisseurs aussi bien nationaux, qu'Ă©trangers". Denis Raoeliarijaona a tenu Ă souligner que "tout Ă©tranger est autorisĂ© Ă acquĂ©rir des biens immobiliers Ă Madagascar, mais sous certaines conditions". Il doit ainsi prĂ©senter un plan et un programme d'investissement ; fournir une attestation d'apport de fonds d'investissement Ă©gal ou supĂ©rieur Ă 500 000 dollars en devises. Selon le secteur d'activitĂ© exercĂ©, l'autorisation dĂ©livrĂ©e correspond aux superficies allant de 5000 m2 Ă 25 000 m2. La possibilitĂ© de contracter un bail emphytĂ©otique pour les terrains domaniaux est toujours en vigueur. La durĂ©e : 18 Ă 99 ans avec droit rĂ©el susceptible d'hypothĂšque.
Deux régimes fiscaux
En ce qui concerne les régimes fiscaux, il en existe deux dans la Grande Ile, rappelle Denis Raoeliarijaona, D'abord, le régime du droit commun qui s'applique à toutes les activités économiques opérant sur le marché intérieur. Il prévoit des réductions d'impÎts et de taxes douaniÚres sur la base des investissements réalisés. Ensuite, les régimes d'exception, à savoir, le régime préférentiel de zone franche, réservé aux activités orientées vers l'exportation. Denis Raoeliarijaona indique que l'amélioration du cadre législatif régissant le régime de zone franche est à l'étude. "Le but est de l'adapter à l'évolution du contexte international". Par ailleurs, la nouvelle loi sur les grands investissements miniers visant les investissements de plus de 250 millions de dollars prévoit également des dispositions fiscales particuliÚres et des mesures d'incitations, dont l'exonération de l'impÎt sur les bénéfices durant les cinq premiÚres années.
Scepticisme
En ce qui concerne l'environnement des affaires Ă©conomiques, Denis Raoeliarijaona ajoute que plusieurs rĂ©formes et mesures ont Ă©tĂ© engagĂ©es. Il a rappelĂ© notamment la crĂ©ation du Guichet Unique des Investissements et du DĂ©veloppement des Entreprises (GUIDE), qui a pour principales missions : de fournir des informations et des conseils aux investisseurs et de simplifier les procĂ©dures administratives se rapportant Ă la crĂ©ation des entreprises. Il ajoute Ă ce sujet qu'une entreprise peut ĂȘtre créée en 3 jours. Ce qui a suscitĂ© le scepticisme de plusieurs chefs d'entreprise rĂ©unionnais, dont ThĂ©ophane Narayanin, pour qui "ce discours est en dĂ©calage avec la rĂ©alit"Ă©. Il a pointĂ© le fait que depuis une annĂ©e, il s'Ă©puise en procĂ©dures administratives afin d'ouvrir deux unitĂ©s de production spĂ©cialisĂ©es dans le bois et l'aluminium. Il a proposĂ© que des dĂ©marches administratives pour la crĂ©ation d'une entreprise puissent se faire de La RĂ©union sous la tutelle du consulat de Madagascar.
