Une consultation publique a été faite

Maurice : polémique autour d'un projet de surveillance internet

  • Publié le 15 mai 2021 à 13:00
  • Actualisé le 15 mai 2021 à 13:25
scène de rue

Alors que l'Autorité des technologies l'information et de la communication mauricien (Icta) a récemment proposé un système afin de mieux contrôler les réseaux sociaux, deux géants d'internet, Google et Mozilla, ont publié un communiqué conjoint ce jeudi 13 mai 2021 pour fustiger le projet (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Il inclut notamment un article indiquant que "tout le trafic sur les réseaux sociaux ne sera plus crypté et les protocoles "https" et TLS qui le cryptent ne vont plus s’appliquer sur le trafic entrant et sortant de Maurice" d'après L'Express de Maurice. Une atteinte à la vie privée, d'après ses détracteurs mais aussi de Google et Mozilla. "L'approche proposée aurait cependant des implications graves et disproportionnées pour la vie privée et la sécurité des citoyens mauriciens ainsi que d'autres à l'étranger, sans apporter suffisamment de réponses aux préoccupations exprimées ", ont expliqué les firmes internet dans un communiqué commun.

La proposition a été présenté à la mi-avril par le régulateur mauricien des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) dans une consultation avec le public, "de censurer les réseaux sociaux et les services de messagerie. Si cette proposition est retenue, les contenus seront décryptés, analysés, stockés et censurés" affirme Défimédia.

Une annonce qui a provoqué la colère d'une grande partie des internautes. "Un sentiment généré non seulement par le contenu du document mais également par le court délai de deux semaines accordés aux Mauriciens pour formuler des propositions pour ou contre le projet de l’ICTA" détaille l'Express. Un délai qui a cependant été rallongé de deux semaines.

"Également prévu, tous les appareils devront installer un certificat digital pour pouvoir permettre l’identification de leur adresse IP et par conséquent leur utilisateur. Le logiciel filtrant pourrait également analyser les contenus" ajoute le média. Un dispositif qui pourrait cependant être contourné par les internautes en utilisant un VPN (Virtual Proxy Network).

- L'Icta se défend -

"Cet outil ne décrypte pas les messages sur des réseaux privés comme Whatsapp, Telegram ou Signal, par exemple. Toutefois, le système n’archiverait que les contenus abusifs sur les pages publiques incriminées sur les réseaux sociaux, à la suite des plaintes enregistrées en bonne et due forme" s'est cependant défendu l'Icta.

L'organisme a même publié une vidéo explicative sur son site pour défendre son projet. Une vidéo qui ne semble pas avoir apporté beaucoup d'éclaircissement. " elle n’apporte aucune réponse concrète ni éclaircissement par rapport aux questions des internautes mauriciens" affirme L'Express. "La voix off explique que seulement les posts publics sur Facebook, Instagram, Linkedin et Tiktok sont visés. Les messages échangés sur Messenger ne sont pas concernés. Mais encore une fois, aucune explication sur le décryptage" ajoute-t-il.

Le projet n'a en tout cas pas emballé les géants du web, les poussant à déclarer que "la proposition de l’Icta ne mettrait donc pas seulement en danger la vie privée des Mauriciens, mais compromettrait également l’intégrité et la sécurité du système dont Maurice et de nombreux autres pays dépendent pour les services essentiels. Le résultat serait un internet moins sécurisé pour les citoyens mauriciens, qui les exposerait à un plus grand risque de fraude, de vol d'identité et de surveillance".

Pour l'heure, rien n'est fait, le projet n'ayant été soumis qu'à une consultation. C'est désormais au Premier ministre de trancher sur la prochaine étape de ces amendements proposés.

www.ipreunion.com / [email protected]

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