Selon des journalistes du Sri Lanka au moins huit bateaux ont tenté la traversée

Migrants "ils voyagent d'abord sur de gros chalutiers et ensuite sur des petits bateaux"

  • PubliĂ© le 16 fĂ©vrier 2019 Ă  14:42
bateaux  migrants

Bateaux retenus Ă  quai par les autoritĂ©s, plaintes pour vols dĂ©posĂ©s par leurs propriĂ©taires, passeurs et candidats Ă  l'immigration arrĂȘtĂ©s... Les enquĂȘtes menĂ©es au Sri Lanka sur les filiĂšres qui organisent un fructueux trafic d'ĂȘtres humains vers La RĂ©union semblent aboutir. Pourtant, plusieurs questions demeurent et les hypothĂšses soulevĂ©es laissent supposer une organisation bien rodĂ©e et des dispositifs bien en place. C'est l'avis des journalistes du Sri Lanka qu'Imaz Press a interrogĂ©. Nos confrĂšres n'excluent pas que les migrants voyagent d'abord sur de gros chalutiers et ensuite sur des petits bateaux. Ils seraient transbordĂ©s sur les coques de noix en vue Ă  l'approche des cĂŽtes rĂ©unionnaises

‱ Un navire plus important approvisionne les petits bateaux

PrĂšs de 4.200 kilomĂštres, plus de vingt jours de navigation en pleine saison cyclonique
 Et pourtant les Sri-Lankais qui foulent le sol rĂ©unionnais sont en parfaite santĂ©. Pas de cas d’insolation, de dĂ©shydratation ou de malnutrition.

Au Sri Lanka, nos confrĂšres s’interrogent  également sur ce long trajet et Ă©voquent plusieurs hypothĂšses. Une ou plusieurs escales ? Un navire plus important ravitaillant les petites coques de noix ? "Les personnes voyagent peut-ĂȘtre sur un gros chalutier et lorsqu’ils sont prĂšs de La RĂ©union, ces personnes sont transbordĂ©es sur un bateau plus petit pour aborder les cĂŽtes et Ă©viter d’attirer l’attention," Ă©voque ainsi un journaliste du Daily News. Sur ce "gros navire" seraient stockĂ©s des vivres, de l’eau mais aussi du carburant. Les petits bateaux seraient tractĂ©s par le chalutier. Une hypothĂšse Ă©galement Ă©voquĂ©e Ă  La RĂ©union, selon des sources proches de l’enquĂȘte.

‱ Au moins trois navires empĂȘchĂ©s de quitter le Sri-Lanka

"Ce sont plusieurs navires qui ont Ă©tĂ© empĂȘchĂ©s de quitter le Sri-Lanka pour se rendre Ă  La RĂ©union," dĂ©clarait le secrĂ©taire d'État auprĂšs du ministre de l'IntĂ©rieur, Laurent Nunez jeudi 17 janvier 2019. Selon nos informations, ils sont au moins trois.

Parmi eux, le chalutier, intercepté le 11 septembre 2018 et qui transportait 90 personnes, 89 hommes et une femme.

Avant cela, il y en avait un autre, un bateau avec 21 occupants (19 hommes et deux femmes), arrĂȘtĂ© le 8 aoĂ»t 2018 Ă  117 milles marins de Chilaw (Ouest du Sri-Lanka), rapporte le Daily News. Dans les passagers, deux dĂ©serteurs de l’armĂ©e.

Il y a deux jours, jeudi 14 fĂ©vrier 2019, les forces spĂ©ciales d’intervention et la marine du Sri Lanka ont arrĂȘtĂ© 21 personnes, dont trois femmes et quatre enfants qui s’apprĂȘtaient Ă  quitter illĂ©galement le territoire, rapporte le Daily Mirror. Ils Ă©taient cachĂ©s dans une maison situĂ©e Ă  Siyambalanduwa. Peu de temps aprĂšs, trois hommes, les prĂ©sumĂ©s passeurs ont Ă©tĂ© interpellĂ©s dans une RĂ©sidence Ă  une centaine de kilomĂštres plus au sud,  à Pannegamuwa avec deux vĂ©hicules et prĂšs de 627 000 roupies  (environ 3100 euros). Selon le Daily Mirror, les 21 personnes s’apprĂȘtaient Ă  quitter le Sri Lanka pour La RĂ©union

Ces navires portent à huit le nombre des bateaux candidats au départ. Cinq ont réussi.

‱ Drame de l’immigration : des navires auraient coulĂ©

Mais selon la presse locale, il y aurait beaucoup plus de bateaux quI seraient partis du Sri Lanka. "Certains de ces navires ont coulĂ©," affirme une journaliste du Daily News sans donner plus de prĂ©cisions. Une information qui n’est pas vĂ©rifiable, mais pas Ă©tonnante. La saison cyclonique bat son plein dans l’ocĂ©an Indien, le "Wasana" qui transportait les 62 migrants avait d’ailleurs bien dĂ» croiser le cyclone intense Cilida en dĂ©cembre


‱ Vol de bateau

Pour le journaliste du Daily News, "des bateaux servant autrefois Ă  la pĂȘche servent pour faire du trafic d’ĂȘtres humains aujourd’hui." Mais d’oĂč viennent-ils ? Qui sont les propriĂ©taires ? Selon la presse locale, plusieurs plaintes pour vol ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©es notamment dans les villes portuaires de Negombo et Chilow.

Sudarshana Perera, le propriĂ©taire du "Prashansa", le dernier navire arrivĂ© sur l’üle avec 70 personnes Ă  son bord, a ainsi dĂ©clarĂ© son bien perdu, accablant son capitaine. Il a annoncĂ© Ă  la Police que son chalutier, d’une valeur de 75.000 euros, avait quittĂ© Negombo le 9 janvier avec sept membres d’équipage, assez d’eau et de nourriture pour deux mois ainsi que 10.000 litres de carburant. Le moteur avait Ă©galement Ă©tĂ© changé   Et depuis plus de nouvelle. Le 5 fĂ©vrier, son navire rĂ©apparaĂźt, au Port-ouest Ă  La RĂ©union. Son capitaine, Chaminda Kumara Fernando a mĂȘme profitĂ© du trajet pour amener sa famille, son Ă©pouse, ses trois enfants et son frĂšre. Ils seront tous renvoyĂ©s au Sri-Lanka le 14 fĂ©vrier.

‱ Mais pourquoi ces navires visent-ils La RĂ©union ?

D’aprĂšs un journaliste du Daily News, "les passeurs trompent les candidats Ă  l’immigration. Ils leur promettent un passage sĂ»r vers la France (la mĂ©tropole ndlr), mais ils les emmĂšnent Ă  La RĂ©union." Une information qu'Anthony, un des migrants arrivĂ© avec le Prashansa confirmait bien lors d'une entrevue avec la presse : "La RĂ©union c'est la France. Nous voulons aller en France."

Le journaliste sri-lankais Ă©voque Ă©galement les routes migratoires menant en Australie fermĂ©es depuis 2013. Les Sri-lankais qui tentent aujourd’hui de s’y rendre sont refoulĂ©s systĂ©matiquement dans des Ăźles reculĂ©es du Pacifique oĂč ils vivent (ou survivent) dans des centres de dĂ©tention. "Avant les bateaux se rendaient en Australie, mais maintenant c’est impossible, confirme le journaliste du Daily News. La frontiĂšre est verrouillĂ©e, les portes sont fermĂ©es. Ils cherchent donc une autre voie. Les passeurs font des recherches sur les endroits oĂč immigrer. Ils connaissent les Ăźles, mĂȘme les petites et ils savent comment y aller."

La RĂ©union est la terre d’asile la plus proche malgrĂ© les 4.200 kilomĂštres qui la sĂ©pare du Sri Lanka. Elle est la porte d’entrĂ©e pour la mĂ©tropole et pour l’Europe, sachant qu’à Paris vivent des communautĂ©s tamoules trĂšs bien implantĂ©es.

‱ Que deviennent les 64 migrants renvoyĂ©s jeudi au Sri-Lanka

Le Daily News, citant un porte-parole de la Police, rappelle : "c’est une infraction punissable en vertu de la Loi sur l’immigration et l’émigration", que de se rendre illĂ©galement dans un pays Ă©tranger. Les 64 migrants du Prashansa renvoyĂ©s le jeudi 14 fĂ©vrier ont Ă©tĂ© jugĂ©s le jour d’aprĂšs. Nous n’avons pas encore d’information concernant leur condamnation.

nt/www.ipreunion.com

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3 Commentaires
DADDY
DADDY
6 ans

Ses 6 migrants qui vivrent au port ,Qui sont arrivé sur radeaux ils faut les renvoyer aussi. Ce sont menteurs. Ils ont dit que leur bateau avait coulé. Les autre aussi faut les envoyé sur Paris

Eric
Eric
6 ans

Que tous ceux qui ont le renvoie facile aillent tenter de vivre pendant un an au Sri Lanka et une fois qu'ils y auront bien goÃ"té on les écoutera à nouveau et on verra si leur discours est aussi inhumain qu'aujpurd'hui

Éric
Éric
6 ans

Nous nous devons de les recevoir dignement et toutes les excuses justificatives que certains cherchent à se cacher derriÚre sont vaines.La mouvance des peuples à commencée