C'est la troisième nuit que les planteurs passent dans les jardins de la préfecture de Saint-Denis, à l'intérieur de leurs tracteurs. Si la mobilisation n'est pas terminée - les négociations ont doucement repris dans la journée de ce vendredi entre les syndicats d'agriculteurs et le sucrier Téréos - les planteurs désirent faire connaître leur métier au public, à travers plusieurs animations prévues ce samedi après-midi et ce dimanche.
Après les blocages, les animations. Les planteurs, qui manifestent sans relâche depuis le début de la semaine pour faire entendre leurs revendications campent toujours dans les jardins de la préfecture, où plusieurs dizaines de tracteurs stationnent et servent, la nuit venue, de chambres à coucher aux agriculteurs.
Ils en sont conscients, "les blocages de la route, ça gène les gens, on le sait. Ce week-end, on ne bloque rien, on laisse la population se balader et travailler, c'est normal", lancent les planteurs depuis leur campement. Pour "redorer leur blason", ces derniers ont décidé d'organiser une manifestation autour du métier de planteur de canne à sucre, pour sensibiliser les gens à la cause et tenter de leur faire oublier les heures d'embouteillages causées par les barrages, au moment où la tension était à son comble dans le conflit planteurs/Téréos.
Au menu de ce week-end, une dégustation de jus de cannes ce samedi après-midi sur le Barachois puis une séance de conduite de tracteurs pour les petits et les grands, à partir de ce dimanche car, l'activité nécessitera, par mesure de sécurité, la fermeture du lieu.
Si les planteurs s'ouvrent à la population pour faire connaître les spécificités de leur métier, ils n'oublient pas qu'ils sont encore au coeur d'un mouvement, commencé il y a maintenant trois mois. Ils demandent une augmentation du prix de la tonne de cannes et sont prêts à dormir plusieurs jours encore dans leurs tracteurs, tant que les négociations n'aboutiront pas en ce sens.
Malgré l'ambiance festive et détendue qui règne, les agriculteurs se disent fatigués. "On ne dort que deux heures par nuit, des gens viennent nous embetter ou des automobilistes klaxonnent exprès à côté de nous pour nous réveiller" témoigne l'un d'eux. Ceux qui dorment dans leur 4x4 ont plus de chance et ont moins de douleurs au dos au réveil. Pour "se refaire un peu", des roulements sont organisés. Toutes les deux heures, les planteurs se remplacent, le temps pour ceux qui rentrent chez eu de prendre une douche.
Chaque soir, les planteurs allument un barbecue ou ramènent d'immenses marmittes de carry. "Hier soir, c'était cabri massalé, on était 150 personnes et il ne reste plus grand chose !" plaisante un autre planteur. Malgré la fatigue et les négociations difficiles, ils ne lâcheront rien et espèrent voir le public nombreux venir les rencontrer sur le Barachois ce week-end.
jm/www.ipreunion.com

Vous savez ou vous pouvez vous le mettre votre jus de canne...