Elle vient d'être nommée

Porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye se dit prête à mentir pour protéger Emmanuel Macron

  • Publié le 1 avril 2019 à 15:08
  • Actualisé le 10 avril 2019 à 12:51
Sibeth Ndiaye quitte l'Elysée, le 19 février 2019

Elle passe de l'ombre à la lumière, Sibeth Ndiaye, 39 ans prend la succession de Benjamin Griveaux au porte-parolat du gouvernement. Et ce n'est pas rassurant, derrière les sourires et le côté accessible, une main de fer dans un gant de velours. L'ancienne conseillère communication d'Emmanuel Macron est réputée pour "verrouiller" la "com" élyséenne. N'hésitant pas à appeler les rédactions quand les articles publiés ne vont pas dans le sens de la majorité et s'agaçant quand les journalistes ne lâchent pas. Elle serait l'un des maillons clés du système de communication jupitérien. Pire, une phrase résume les inquiétudes autour de cette nomination : "j'assume parfaitement de mentir pour protéger le présiden ". Cette phrase, Sibeth Ndiaye l'aurait prononcée en juillet 2017 à un journaliste de l'Express. La communicante a toujours nié mais l'article, toujours en ligne prouve qu'aucune poursuite n'a été entamée...

Qui croire ? 

Chacune de ses déclarations, les moindres propos, chaque mot, terme, tout sera décortiqué, analysé et remis en questions. Car Sibeth Ndiaye, même si elle cherche à faire amende honorable aujourd'hui, a commis la pire des erreurs par le passé: dire qu'elle peut mentir pour le président. Aujourd'hui, c'est l'impossible rétropédalage. En même temps, dire que l'on pourrait mentir pour le président, c'est un déni de démocratie, quand même, non ? Qui plus est quand la menteuse invétérée - qui dit aussi assumer cela -, accède au poste de porte-parole de l'Élysée. Comment la croire ? Comment lui faire confiance ? Comment ne pas douter de son honnêteté ? Tout simplement impossible...

Elle était venue à La Réunion 

Sibeth Ndiaye, c'est une fidèle du premier cercle. Elle suit le président comme son ombre depuis le début. Lors de la visite du candidat Macron à La Réunion en mars 2017, Sibeth Ndiaye était du voyage. Les rouages du métier de communicante, elle les connaît et les maîtrise sur le bout des doigts. Abordable, disponible, souriante, elle jouait la carte de la "bonne copine" allant même jusqu’à laisser son numéro de téléphone personnel pour faciliter la communication entre la presse locale et la "com" du candidat Macron. À ce moment-là, la communication cherche à donner l’image de ce candidat jeune, qui communique beaucoup que les réseaux sociaux sur lesquels on peut suivre sa campagne presqu’en temps réel. Ce qui a donné lieu à quelques dérapages...

Jupiter est né

Une fois qu’Emmanuel Macron a passé le perron de L’Élysée, la communication a changé du tout au tout. Cette fois, plus rien ne filtre, ça y est, l’image du président jupitérien est née. La communication hyper contrôlée et rigide du président est mise en place. Finies ces photos prises sur le vif, maintenant tout est orchestré, organisé. Derrière cette communication ultra verrouillée, on retrouve la marque de Sibeth Ndiaye, elle défend une communication plus "verticale" que celle de François Hollande mais dément toute volonté d'entraver le travail des médias. La prise de parole et l’image présidentielle se raréfient, à l’opposé de la stratégie de communication du prédécesseur d'Emmanuel Macron, accusé un temps, de connivence avec la presse.

Au lendemain de l’élection d’Emmanuel Macron, déjà, les journalistes s’inquiètent: les sociétés de journalistes de vingt-trois médias, considèrent, dans un communiqué commun que le gouvernement continue d’envoyer "des signaux extrêmement préoccupants" au regard de l’indépendance des médias et de la protection des sources.

Effet boomerang

Cette phrase "j’assume parfaitement de mentir pour protéger le président" prononcée il y a un an et demi a refait surface à l’annonce de la nomination de la trentenaire en tant que secrétaire d’État auprès du Premier ministre et porte-parole du gouvernement. Une phrase exhumée par l’opposition - à des fins politiques, bien sûr - qui a inondé les réseaux sociaux. Une phrase bien embarrassante quand ce lundi 1er avril, jour de sa prise de fonction, la jeune femme écrit sur les réseaux sociaux : "vous informer et expliquer ce que fait le gouvernement pour votre quotidien : c’est mon nouveau job ". Raté.

Le Roi et sa cour 

Cela remet aussi sur la table, ce côté tout-puissant d’Emmanuel Macron entouré d’une cour de trentenaires dévoués, loyaux, prêts à tout pour le maintenir en place. Certains qualifie la garde rapprochée du président de "secte". Jusqu’où sont-ils prêts à aller pour "protéger" ce président qui les a fait dauphins pour certains ? Sibeth Ndiaye serait prête à mentir, mais usqu'où irait le mensonge ? Cacher des affaires d'État ? Couvrir des méfaits présidentiels ? On peut tout imaginer.

Car en situation de crise, ils font bloc autour de ce président jupitérien et n’hésitent pas à utiliser certains procédés contestables comme lorsque le conseiller spécial du président, Ismaël Emelien avait fait fuité un vidéomontage sur un compte Twitter anonyme pour dédouaner Alexandre Benalla comme le révélait nos confrères du Monde ce week-end.

La garde rapprochée du président semble n'avoir aucune limite. Et au fur et à mesure du quinquennat, cette garde rapprochée accède aux plus hautes fonctions. Arrivera-t-on à savoir ce qui se trame réellement dans les coulisses de l'Élysée ?

fh/www.ipreunion.com

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1 Commentaires
Chechee
Chechee
6 ans

Porte-parole du gouvernement, pas de l'Elysée !