Police à La Réunion : mécontentement des élus après la nomination d'un commissaire et d'une commandante de l'Hexagone malgré des candidatures locales

  • Publié le 19 août 2026 à 07:23
commissariat de saint-andré

À La Réunion, la période est au changement au sein de la police nationale. Le mardi 1er septembre 2026, la commissaire Juliette Jeannin prendra ses fonctions à la tête de la police aux frontières (Paf). Aucune candidature locale n'a été posée pour ce poste. Un mois plus tard, le jeudi 1er octobre ce sera au tour de la commandante Anne Sophie Teulie de prendre le commandement du commissariat de Saint-André. La candidature du commandant Frédéric Lefèvre, en poste depuis plusieurs années dans cette structure, n'a pas été retenue. De quoi alimenter les interrogations déjà vives, notamment de la part d'élus, depuis la révélation par Imaz Press de la nomination d'un directeur adjoint venu de l'Hexagone malgré la candidature de deux commissaires déjà en poste à La Réunion (Photo www.imazpress.com

Nous vous l'avons annoncé dès ce mardi 18 août, Ugo Pizzo jusqu'à présent chef d'état-major à Melun (Seine-et-Marne) a été nommé directeur territorial adjoint de la police nationale à La Réunion. Il prendra ses fonctions le mardi 1er septembre 2026.

La nomination de ce commissaire divisionnaire intervient donc alors que deux commissaires de même grade, de mêmes compétences et déjà en poste à La Réunion étaient candidats pour ce poste.

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La candidature d'Ugo Pizzo a eu un avis favorable du préfet, Patrice Latron, légalement interrogé par le ministère à titre consultatif.

Selon nos informations, la hiérarchie locale était plus en faveur d'un candidat déjà en poste à La Réunion.

Par contre, toujours selon nos informations, cette même hiérarchie était en faveur de la nomination de la commissaire Juliette Jeannin à la Paf et de celle de la commandante Anne Sophie Teulie à la tête du commissariat de Saint-André en remplacement du commandant Chassagne qui a fait valoir ses droits à la retraite.

"Six ou sept officiers en poste dans toute la France ont postulé. Parmi eux se trouvait le commandant Lefèvre en poste à Saint-André depuis plusieurs années, il connaît parfaitement le terrain et il est très impliqué" indique à Imaz Press un fonctionnaire de police sous couvert d'anonymat.

"D'ailleurs, il assurait l'intérim à la tête du commissariat lorsque le commandant Chassagne était de repos ou en congés, il semblait donc acquis qu'il serait nommé à cette fonction. La hiérarchie en a décidé autrement, c'est difficilement comphéhensible" poursuit notre interlocuteur.

A ce stade, il n'a pas été possible de recueillir la réaction du commandant Lefèvre.

- Colère de la CGTR- 

Dès mardi matin après la publication de notre article, la CGTR a publié un communiqué dénonçant "une nouvelle fois le mépris des compétences et des cadres réunionnais". La centrale syndicale dirigée par Jacky Balmine assure que "ce qui se passe aujourd’hui dans la Police nationale fait écho à une succession de situations qui interrogent profondément".

Le syndicat revendique ainsi "l’égalité réelle et la reconnaissance objective des compétences". "Être Réunionnais, connaître La Réunion, avoir travaillé au contact de sa population, de ses réalités sociales, économiques et culturelles, ce ne doit pas être considéré comme un handicap ou comme un élément secondaire dans l’appréciation d’une candidature".

La CGTR a également rappelé qu'elle s’était déjà élevée contre la nomination du directeur général de la CGSS Réunion, alors même que cette désignation avait suscité de fortes réserves au sein du conseil d’administration.

- Des élus de La Réunion dénoncent des choix qui écartent les candidatures locales -

Ces nominations font également réagir plusieurs personnalités politiques de La Réunion, qui défendent la prise en compte des compétences présentes sur le territoire lorsque les profils présentent des qualifications équivalentes.

Le député Philippe Naillet, qui indique avoir découvert la nomination du directeur territorial adjoint par Imaz Press, rappelle sa position de principe. "Au delà de cette affaire précise, mon positionnement est le même en toute circonstance. Lorsque nous avons des profils locaux qui possèdent l'expérience nécessaire, les compétences requises et qui connaissent le territoire, la population et la réalité sociale, il est préférable de nommer des locaux", estime-t-il.

Même position du côté de la députée Karine Lebon, qui défend de "toujours privilégier les candidatures locales lorsque les personnes ont les compétences". Elle insiste notamment sur des aptitudes difficiles à faire apparaître dans les procédures de recrutement classiques : "Il y a des compétences qui n'entrent pas dans les grilles, comme la compréhension de la langue et du terrain. Ce sont des qualités inestimables puisque quand on ne comprend pas les gens, on passe à côté de beaucoup de choses". 

Interrogée à ce sujet, la présidente de Région, Huguette Bello, se montre plus sévère. "À La Réunion, il y a des personnes qui ont des diplômes égaux, des compétences égales, et je ne comprends pas pourquoi aujourd'hui on a choisi plutôt des personnes qui viennent de l'Hexagone". Elle regrette "une préférence de l'extérieur" alors que les professionnels déjà présents sur l'île "connaissent cette terre de La Réunion et connaissent la langue. Écoutez.

Pour le député Frédéric Maillot, les méthodes se répètent et interpellent. "Vous connaissez ma position sur le sujet. Elle est affirmée et assumée. Quand je vois ce genre de choses, je me dit qu'il y a une volonté affichée de ne pas laisser de place aux Réunionnais sur des postes à responsabilité.

Il s'était déjà soulevé contre la nomination de Jena-Xavier Bello à la direction de la CGSS, ces nominations posent une question plus large que celle des seuls recrutements dans la police. "On n'a pas de pouvoir là-dessus, si ce n'est celui de dénoncer", il constate. L'élu estime désormais insuffisant de placer le débat uniquement "sur le plan moral". "Finalement, ce qui est moral n’est pas forcément légal et inversement. Lé pa ilégal ambosh in boug i sort an deor mé lé pa moral pou moin".

Le député appelle à réfléchir au cadre institutionnel permettant à La Réunion de peser davantage sur ces décisions. "Le cadre dans lequel nous évoluons actuellement ne nous permet pas de faire face aux défis de demain, notamment si on veut aller vers un recrutement local", juge Frédéric Maillot, qui plaide pour davantage "d'autonomie décisionnelle", en matière de ressources humaines, par exemple. Selon lui, la question du recrutement pourrait faire partie des sujets à aborder dans une éventuelle évolution statutaire de La Réunion.

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- Déjà deux précédentes polémiques  -

Pour rappel, ces nominations arrivent après celle de Jean-Xavier Bello au poste de directeur général de la CGSS. L'attribution du poste à ce fonctionnaire ancien directeur de la CGSS de la Guyane avait soulevé une levée de boucliers.

Syndicats et politiques s'étaient insurgés contre "cette nomination qui intervient alors qu’une majorité des administrateurs n’a pas accordé sa confiance au candidat".

Lire aussi - Jean-Xavier Bello nommé directeur général de la CGSS Réunion, la CGTR regrette cette nomination 

En septembre 2025, la nomination d'Alexandre Lamothe à la tête du Pôle Régional des Musiques Actuelles (PRMA) avait aussi soulevé la polémique. Ce candidat venu de l'Hexagone avait été préféré à Stéphane Grondin, figure du maloya

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2 Commentaires
zaza974
zaza974
44 minutes

comme toujours....

Tout sauf les Vira
Tout sauf les Vira
1 heure

Nomination qui soulève des interrogations.