Ce vendredi 23 août 2024, l'heure est au bilan pour les élues Monique Orphée et Isabelle Érudel avec des parents d'élèves des collèges de Saint-Denis. Le constat est simple : malgré une enveloppe de deux millions d'euros supplémentaires débloqué par le Département, l'État se montre plus frileux à investir dans l'éducation des marmailles. Entre cantine à 1 euro, prise en charge totale des uniformes par l'État et l'urgence des rénovations dans les bâtiments vieillissants, les propositions d'amélioration ont fusées. Le Département a réagit suite à ces demandes, nous publions le communiqué ci-dessous (Photo : cn/www.imazpress.com)
"Derrière cette image de la rentrée parfaite, il y a encore des trous dans la raquette", déclare Monique Orphé, conseillère départementale élue au Chaudron. Et bien que le Département ait débloqué une enveloppe de deux millions supplémentaires, la conseillère affirme : "c'était à l'État de prendre en charge ces dépenses liées à l'éducation nationale, surtout quand on sait que ce dernier dépense 1.400 euros par élèves à La Réunion contre 1.800 euros dans l'Hexagone".
"Il ne faut pas oublier que c'est la première fois que nous faisons une rentrée sans premier ministre et ministre de l'éducation nationale. C'est pour ça que, concernant le budget, il a été convenu au national de se calquer sur l'enveloppe de l'année dernière", rappelle Monique Orphé. Elle explique : "c'est dans ce cadre que le Département a dû débloquer des enveloppes pour financer l'éducation de nos marmailles puisque l'État ne prend pas en charge ce qu'il devrait. On enlève donc du budget pour d'autres projets, comme pour le projet de tenue unique à l'école que le Département finance à 50%, parce que l'apprentissage de nos enfants est la priorité".
Lorsqu'on parle de réussite scolaire chez les enfants, l'élue du Chaudron insiste bien : "on parle de tous les élèves, dont certains sont porteurs de handicap ou d'autres ont de lourdes difficultés d'apprentissage". Et c'est la question des accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) qui revient très souvent.
"On souhaite que des mesures soient prises pour qu'il y ait une continuité pour les enfants atteints de handicap, c'est-à-dire qu'ils soient suivis par la même AESH du primaire au collège, avec le choix de changer une fois arrivée au lycée", souligne Monique Orphé. Cette dernière précise : "il faut arrêter d'être dans une logique mathématique mais commencer à être dans une logique humaine en assurant une stabilité pour les enfants". Regardez
- Des professeurs surchargés –
En tant que professeur remplaçante, Isabelle Érudel, enseignante du premier degré explique : "nous n'avons la formation pour prendre en charge les enfants porteurs de handicap, sachant que le champ du handicap est très large". C'est une responsabilité supplémentaire dont la professeure a conscience : "on a peut-être un instinct de rejet en se disant qu'on n'est pas capable de le prendre en charge et surtout quand il n'a pas d'AESH".
Avec des écoles atteignants parfois les 1.000 élèves, "il serait bénéfique de réduire les effectifs pour réduire le nombre d'élèves dans les classes", souligne Isabelle Érudel. "Quand il nous manque les aides humaines et financières, que l'apprentissage n'est plus serein et que la relation avec les parents d'élèves est tendue, travailler efficacement devient difficile et tout ça fait qu'à un moment donné l'enseignant n'en peut plus et se met en congé maladie". Regardez
- Une cantine à un euro –
"Bien que le Département investi déjà beaucoup dans les écoles, ce n'est pas suffisant", affirme la conseillère de Département. Elle explique : "beaucoup de collégiens ne mangent pas à la cantine car c'est trop cher".
Mais certains n'ont pas le choix que de laisser leur enfant à la cantine, souvent faute de moyen de transport. C'est le cas de Nelly Alection, parent d'élève d'une collégienne : "Ma deuxième fille est collégienne et elle ne peut pas rentrer à la maison sur sa pause déjeuner, ce qu'il fait qu'elle mange à la cantine".
La mère de famille avoue : "en tant que famille monoparentale, ma petite devrait avoir environ 300 euros de bourse mais ce n'est pas le cas. La cantine prélève directement le montant des repas sur sa bourse. Elle se retrouve alors avec 20 euros de bourse". Regardez
Une anecdote qui n'étonne pas Monique Orphé : "il arrive que la bourse ne couvre pas la totalité des dépenses et que les parents ne soient pas en mesure de payer. L'école oblige alors les parents à solder la cantine s'ils veulent pouvoir réinscrire leur enfant à l'école".
La question se pose alors chez l'élue : "Et si on appliquait le repas à un euro pour les lycéens et les étudiants, alors pourquoi pas les collégiens ?".
Il en va de même quant à la question des bâtiments vétustes. "Sur Saint-Denis nous avons 12 collèges, dont un collège qui a plus de 100 ans. Au Chaudron, les 4 collèges ont plus de 50 ans, avec un bâti qui n'est pas à la hauteur", se désole l'élue. Elle ajoute : "promouvoir la réussite scolaire c'est bien, mais cela passe aussi par l'amélioration du cadre de vie des élèves". Regardez
Le Département réagit face à ces demandes :
- Tenue unique ?
Les tenues uniques nous coûtent 35€/ éléve soit 98 000 € engagés à ce jour pour les 5 collèges concernés. Donc à relativiser car le Département consacre 28 M€ en 2024 pour le bâti des collèges (22 M€ de gros travaux + 6 M€ pour les travaux de maintenance et de petites réparations).
- Les dépenses consacrées par an et par élève par le Departement seraient de 1 400€ à La Réunion, contre 1800 € en moyenne en France ?
Ce chiffre "fourre-tout" émanant d'une étude du Ministère sur l'année 2019, mélange fonctionnement, RH et investissement y compris gros investissement comme la livraison d'un collège, ce qui sur une année N fausse complétement la donnée. Les 1 400 € pour La Réunion ne comprennent pas le coût des RH. Il faut regarder surtout les dotations de fonctionnement , le Département 974 consacre chaque année environ 14 M€ pour les collèges en fonctionnement soit 270 € par élève, ce qui est dans la moyenne nationale (280€) , dont 7.5 M€ de DGF calculée sur les mêmes base que dans l'Hexagone.
- Sur la gratuité de la cantine demandée dans les collèges ?
Aujourd'hui, 40% de nos collégiens sont boursiers et ne payent rien. Pour ceux qui paient, le coût est de 1.32€ le repas. Nous avons 34 000 demi pensionnaires soit 65% des effectifs et ce nombre augmente alors que les effectifs en collège diminue.
- Suivi des élèves par leur AESH, de l'école primaire au collège ?
La problématique des accompagnants AESH relève du Rectorat.
Pour rappel depuis la rentrée 2023 100% de nos 78 collèges sont dotés d'au moins une section ULIS accueillant des élèves porteurs de handicap (cas unique en France) et nous avons une douzaine d'UEE (unité d'enseignement externalisée) en collège, pour des élèves à handicap plus lourd.
- "En finir" avec "les collèges de plus de 1000 élèves" comme ceux de Montgaillard ou des Deux Canons ?
C'est aussi notre objectif, d'ailleurs il n'y en a plus que trois (Deux Canons / Montgaillard et Marcel Goulette) sur 78. Notre moyenne est de 660 élèves par collège (500 dans l'hexagone)
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C'est sûr que les sacs Adidas, les Nike et iPhones dernier cri coûtent cher ...
Je vais vous dire quelque chose.
Lorsque votre enfant fera des études supérieures, vous allez voir comment vous allez chip dans votre culotte. arrêter de pleurer la CAF donne l'ARS , arrête de vous plaindre.