Retour en classes

Tenue unique, stages, évaluations... une rentrée et de nombreuses nouveautés

  • Publié le 22 janvier 2024 à 12:36
  • Actualisé le 22 janvier 2024 à 16:36

"Qui a eu cette idée folle, un jour d'inventer l'école…", se demande ce lundi 22 janvier 2024 au pied du lit les quelque 200.000 élèves qui doivent reprendre le chemin des cours. Eh oui, les vacances c'est fini, la reprise c'est ce lundi. Aux élèves – comme aux professeurs d'ailleurs – de remettre le nez dans les leçons et les exercices, à certains élèves aussi de plancher déjà sur leur orientation. Tandis que d'autres vont découvrir les joies de la tenue unique ou encore les cours d'empathie (Photo www.imazpress.com)

Ce lundi 22 janvier 2024, la majorité des 654 établissements de l'île vont rouvrir leurs portes après plus d'un moins de vacances et surtout après le passage du cyclone Belal.

Le recteur ayant précisé que "si toutes les conditions ne sont pas réunies en termes d'hygiène, l'établissement ne rouvre pas".

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L'hygiène justement. Dans les établissements scolaires – et pour l'ensemble des Réunionnais – il est recommandé de ne pas boire l'eau du robinet (sans l'avoir fait bouillir). Raison pour laquelle "les collectivités feront en sorte que des packs d'eau soient livrés dans les établissements pour que les élèves puissent boire à leur soif toute la journée".

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- Une rentrée et beaucoup de nouveautés -

Si les 218.120 élèves et 22.032 enseignants retrouvent les bancs de l'école, ils vont retrouver également de nombreuses nouveautés pour cette reprise des cours de janvier.

"Il y a beaucoup de changements et "même si ce n'est pas facile nous sommes là pour les mettre en place", a tenu à souligner Pierre-François Mourier, le recteur de l'Académie de La Réunion.

Des changements, "des réformes qui ont pour but l'élévation du niveau et l'épanouissement des élèves".

Parmi ces nouveautés, de nouvelle évaluation, une tenue unique, des stages en Seconde et des cours d'empathie.

- Des évaluations à mi-parcours pour les CP -

Alors qu'un nouveau rapport Pisa avait alerté sur le niveau des élèves, l'ancien ministre de l'Éducation a présenté le mardi 5 décembre son plan de réforme du système éducatif.

Alors que le niveau des élèves en mathématiques et en français a été pointé du doigt, le gouvernement a décidé de mettre en place des évaluations à mi-parcours dès la classe de CP.

"À la suite des évaluations nationales de rentrée, le dispositif au CP prévoit une nouvelle phase d’évaluation en milieu d’année, en français et en mathématiques, afin d’apprécier la progression des élèves."

"Les évaluations CP sont des évaluations nationales qui visent à fournir des points de repère quant à la maitrise des compétences fondamentales en français et en mathématiques, plus particulièrement dans les domaines de la lecture, de l’écriture et de la numération", souligne le rectorat.

Ce point d’étape se déroulera du 29 janvier au 6 février 2024 dans l’académie. Il fournira aux enseignants des repères actualisés sur les progrès réalisés par les élèves, en complément des observations conduites en classe.

Dès la saisie des réponses des élèves terminée (le 16 février 2024), les résultats individuels et par classe seront disponibles.

- Des cours d'empathie dès la maternelle -

Annoncé par Gabriel Attal, lorsqu'il était encore ministre de l'Éducation, les cours d'empathie vont être mis en place lors de cette reprise de janvier.

Trois écoles de la circonscription de Saint-Paul 1 (primaire Évenor Lucas, primaire Émile Hugot et maternelle Les Caramboles) participeront entre janvier et juin 2024 à l’expérimentation en utilisant le kit pédagogique.

Ces cours d’empathie seront réalisés par les enseignants, selon une progression structurée.

Le programme "Fri for Mobberi" (Vivre ensemble) développé au Danemark a permis de constater l’effet positif de séances régulières d’empathie sur le climat scolaire et la réussite des élèves.

"Les compétences en lien avec la capacité d’écoute, et la capacité à communiquer de manière constructive en particulier, se révèlent un levier majeur dans la prévention contre le harcèlement."

"Au-delà des cours d’empathie à l’école primaire, l’enjeu est de renforcer la formation des élèves aux compétences psychosociales dont la recherche atteste des effets bénéfiques : réduction des addictions, des phénomènes de violence, amélioration de la santé, du bien-être, de la réussite scolaire, renforcement des relations à soi et aux autres", note le rectorat.

- Des tenues uniques pour la rentrée… -

Nouveauté également pour cette année, la tenue unique dans les établissements scolaires volontaires. À La Réunion. Ils sont trois à avoir émis le souhait de mettre en place l'uniforme dès la rentrée. Collège La Châtoire au Tampon, Leconte de Lisle à Saint-Louis et Amiral Bouvet à Saint-Benoît.

C'est d'ailleurs ce dernier qui sera le premier à mettre cela en place à compter de cette reprise de janvier 2024.

"L’adoption d’une tenue vestimentaire commune vise à renforcer la cohésion entre élèves et à améliorer le climat scolaire. Elle est ainsi susceptible de créer une atmosphère de travail et d’égalité au sein de l’établissement et de favoriser un sentiment d’appartenance."

Une tenue qui "ne coûtera rien aux familles et sera prise en charge par l'État et la collectivité locale responsable".

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- Des stages gratifiés et des stages pour les Seconde -

Parmi les nouvelles mesures, la gratification des stages en lycée professionnels. "Les lycéens recevront le premier versement de cette allocation en janvier 2024 pour les stages réalisés au cours du premier semestre."

Le montant varie de 50 euros par semaine de stage en première année de CAP à 100 euros par semaine de stage en terminale de baccalauréat professionnel, jusqu’à 2 100 euros sur trois ans.

Un stage est également instauré pour l’ensemble des élèves de seconde générale et technologique du 17 au 28 juin 2024, pendant la période des épreuves du baccalauréat.

Ce stage d’observation se déroulera en entreprise, en administration ou en association.  Chaque lycéen pourra ainsi approfondir sa découverte des métiers et être aidé à préparer ses choix d’orientation.

Des stages pour l'ensemble des lycéens de seconde, "même si cela n'est pas sans difficulté pour les académies d'Outre-mer". "On a une différence liée au tissu d'entreprise qui est un tissu de petites voire très petites entreprises", indique le recteur.

Autre nouveauté, le label "classe engagée" ou "lycée engagé" a été attribué à 21 classes de 11 lycées de l’académie. Il permet à 497 élèves de seconde et de première année de CAP de bénéficier d’un projet pédagogique annuel proposant des contenus et initiatives autour de l’engagement et s’inscrivant dans les actions éducatives et les enseignements quotidiens.

- "Rehausser le niveau" -

Dès la session 2024, il sera mis fin aux « correctifs académiques », qui pouvaient intervenir après les commissions d’harmonisation pour le brevet et pour le baccalauréat.

Cela veut dire "qu'on assume le fait que dès cette année il y aura probablement une baisse des résultats au DNB et au bac".

"C'est aussi une marque de respect pour les élèves et leurs parents."

Dès le mois de février, les professeurs pourront proposer un parcours renforcé en temps scolaire et des stages de réussite durant les vacances scolaires aux élèves ayant besoin d’un rattrapage sur la base des tests de positionnement réalisés en début d’année et à mi-année et en se référant aux évaluations de classe.

Si cela n'aura pas d'impact pour cette rentrée, en 2025 à l'inverse, les élèves qui n'auront pas eu le DNB ne passeront plus en Seconde. "Ce qui ne veut pas dire que le redoublement est honteux. Cela peut être une chance pour l'élève."

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2 Commentaires
Lou_gabrielle
Lou_gabrielle
1 mois

Quand j'entends tout cela je me dis qu'ils pourraient venir prendre des cours d'empathie à la Reunion. L'uniforme pourquoi pas ce n'est pas l'habit qui fait le moine. Cela leur fera peut-être gagner du temps le matin. Et moi je leur fais confiance pour trouver le moyen de se distinguer. Ils sont très forts pour cela. Par contre la différence sociale sera toujours là. Il y a des baskets à 40€ et d'autres à 300€. Et ça ils le repère d'un coup d'œil. La où les baskets pouvaient passer dans un look global maintenant ça ne passera plus. Nike et compagnie leur dit merci.

Eve
Eve
1 mois

"Mon métier est le contraire de l'uniforme.
Mon métier n'uniformise pas.
Il observe, cherche les différences, les spécificités, les atouts, les failles.
Mon métier s'appuie sur l'altérité, s'adapte à chacun en fonction de ses besoins, essaie d'emmener tout le monde plus loin."