Cylones : un séminaire pour mieux anticiper et gérer les risques à La Réunion

  • Publié le 4 novembre 2026 à 02:59
Illustrations cyclone

En prévision de la saison cyclonique à La Réunion, le cinquième séminaire Cyclonex a eu lieu ce mardi 3 novembre 2026 à l'Université de La Réunion. Des échanges ont eu lieu toute la journée entre des experts locaux et d'autres venus de la zone océan Indien pour continuer à améliorer la résilience du territoire. (Photo Photo RB/imazpress.com)

Sur la saison 2025-2026, La Réunion a été épargnée par les cyclones. Un répit bienvenu après les nombreux dégâts causés par Garance en février 2025. Ce phénomène météorologique violent avait percuté l'île, en touchant particulièrement le nord et l'est de La Réunion, avec des rafales de vent soufflant à plus de 234 km/h.

Inondations, routes submergées et détruites, toits arrachés, arbres déracinés… les répercussions de Garance ont marqué les esprits localement. Dans certaines zones de La Réunion, la distribution d'eau et le raccordement aux réseaux électriques et Internet ont été durablement impactés par son passage.

Lire aussi : Cyclone Garance : une femme décède à Saint-Denis, les fortes pluies et les rafales de vent continuent de s’abattre sur l’île

Pour tenter de ne plus revivre ce type de séquence dévastatrice, ce séminaire Cyclonex a effectué, durant cette journée d'études, des retours d'expérience sur la gestion des cyclones Belal et Garance. Hugues Deregnaucourt, chef d'état-major interministériel de zone et de protection civile de l'océan Indien, n'hésite pas à évoquer le fait que Garance a "marqué les esprits". "C'est le cyclone qui a occasionné le plus de dégâts. Il y a eu une prise de conscience, notamment sur la prise en charge des ravines par les collectivités et l'État", précise-t-il. Regardez.

- Une culture de la prévention qui peut s'avérer utile -

Mais c'est surtout au niveau des comportements de prévention que le souvenir de Belal et de Garance peut être utile, de manière à "cultiver la mémoire, cultiver le retour d'expérience pour ne pas oublier".

Une culture de la prévention qui peut s'avérer utile pour la saison cyclonique à venir. En effet, selon Météo France, il y aura globalement moins de cyclones dans la zone de l'océan Indien au sens large. Toutefois, selon les prévisions, les Mascareignes auraient un peu plus de chances d'être touchées par des phénomènes cycloniques.

Lire aussi : Cyclonex : un séminaire pour préparer la saison cyclonique

Pour s'y préparer, des innovations ont été présentées à l'occasion de ce séminaire annuel, comme, l'application mobile VigiRisques974 spécialement crée pour La Réunion. Ali Srour, directeur de Digitale Iroko, à l'origine de cette appli explique ainsi que celle-ci aide à "se préparer avant le cyclone, à gérer la crise pendant le cyclone et à agir après celui-ci dans les règles de sécurité émises par la préfecture de la Réunion". Par ailleurs, l'aspect communautaire est fortement mis en avant puisque "le but, c'est d'échanger au sein de la communauté réunionnaise, de remonter des problèmes détectés, ou des incidents dûs à ce phénomène climatique." Regardez.

- La résilience du bâti tropical en question -

Autre point essentiel qui a occupé les débats, celui du bâti tropical et la question de sa résilience ont été abordés au cours d'une table ronde. Pour Marc Joly, conseiller au Conseil de l'Ordre des architectes de la Réunion et de Mayotte, il existe un décalage entre les règles imposées en matière de construction localement et les réalités financières que connaissent une grande partie des Réunionnais.

"Il y a un véritable problème d'adéquation de ces règles avec ce que les Réunionnais peuvent se payer en termes d'habitat. En clair, l'application de toutes ces règles aboutit à un coût de construction qui est inabordable pour la plupart des gens, qui, par ailleurs, n'ont pas accès au crédit". La solution serait plutôt d'"adapter les normes au plus grand nombre plutôt que de les rendre inaccessibles au plus grand nombre". Regardez.

Afin de mieux anticiper, suivre l'évolution et faire face à ces phénomènes climatiques, l'optimisation de la coopération régionale a aussi été mise en avant. Ce Cyclonex 2026 a ainsi vu la participation de représentants de Madagascar, de Maurice, des Seychelles, des Comores. Pour le préfet Patrice Latron, cette présence est le signe d'une collaboration renforcée qui évoque des "sujets communs" à prendre en charge. "L'un des sujets majeurs que nous devons traiter ensemble, c'est cette gestion cyclonique. J'ai souhaité associer ces pays. Ils sont venus nous faire part de leur expérience et nous avons réfléchi ensemble à mieux travailler à l'avenir", indique le préfet. Regardez.

- Approfondir le travail des précédents Cyclonex -

Au final, si le Cyclonex a permis de mettre en avant quelques nouveautés, il a surtout été l'occasion d'approfondir le travail lancé lors des précédents séminaires, notamment concernant la gestion des publics les plus fragiles en cas d'intempérie majeure. "On a amélioré le travail, notamment sur tout ce qui est la prise en charge des personnes vulnérables, avec une mise en réseau un peu plus effective des bailleurs sociaux, des associations de quartier, des CCAS, des communes pour être plus efficace et plus précis en termes de ciblage", relève Hugues Deregnaucourt.

Reste maintenant à voir si toutes ces mesures de préparation permettront au territoire de mieux résister à un cyclone. En somme, si les leçons tirées de l'épisode Garance ont été retenues, assimilées et mises en application.

fb/www.imazpress.com/[email protected]

guest
0 Commentaires