Deux nouveaux robots chirurgicaux, les Da Vinci Xi, ont été mis en fonction au CHU de La Réunion depuis quelques mois. Ces outils de pointe permettent d'opérer les patients avec une grande précision, tout en optimisant leur temps de convalescence. (Photo CHU de La Réunion)
Plutôt impressionnant et doté de quatre bras, le Da Vinci Xi est une machine qui en impose. Toutefois, dans les blocs opératoires, ses prouesses en matière de chirurgie impressionnent les praticiens les plus expérimentés. "L'intérêt de ce robot est qu'il permet de disposer d'une vision excellente pour les opérations dans le ventre du patient", explique le docteur Julie Eggermont, chirurgien gynécologue spécialisée en endométriose. "Avec Da Vinci Xi, les gestes du chirurgien vont être transmis en temps réel aux bras robotiques".
Car il ne faut pas s'y tromper, si la chirurgie robotique représente une avancée majeure en médecine, les robots ne sont, en aucun cas, autonomes. Ils ne restent que des outils aux mains des soignants afin d'optimiser les interventions pratiquées sous coelioscopie, qui consiste à pratiquer des micros incisions dans l'abdomen ou le pelvis du patient.
"Récemment, il y a eu deux révolutions dans notre domaine", explique le docteur Johanna Zemour, cheffe du service chirurgie digestive, oncologique et hépato-biliaire au CHU. "D'abord, il y a eu la coelioscopie qui a ouvert la voie à la chirurgie mini-invasive. Et depuis, les années 2010, on a eu l'arrivée des robots qui, contrairement à la cœlioscopie, ne sont pas limités par des instruments qui ne bougent pas". Outre une plus grande mobilité pour pivoter autour du patient, le Da Vinci Xi, propose surtout une innovation majeure. Celle d'une vision magnifiée, en trois dimensions, qui permet ainsi aux médecins de pouvoir observer de très près les organes de leurs patients tout en opérant avec une grande précision via une petite incision de quelques millimètres.
Dans les faits, les soignants opèrent à distance, depuis une cabine où ils visionnent les images, et téléguident les bras articulés du Da Vinci Xi. Si l'intérêt de ce procédé est réel pour les chirurgiens, les gains pour les malades sont aussi conséquents. Notamment, en termes de récupération.
- Un investissement important pour le CHU -
Ainsi, les hospitalisations postopératoires sont nettement plus courtes. À titre d'exemple, en chirurgie bariatrique, le temps de convalescence à l'hôpital est passé de trois à quatre jours habituellement, à un à deux jours grâce au robot. Cette durée réduite et ce retour à domicile plus rapide s'expliquent par le fait que les incisions pratiquées par le robot "limitent le traumatisme de la paroi", selon le dossier de presse du CHU. " Les pertes de sang sont réduites, de même que le recours à la transfusion".
Pour autant, un matériel, aussi performant ne peut qu'impliquer un investissement financier conséquent. Ces deux nouveaux robots, qui ont remplacé des modèles plus anciens déjà utilisés dans les blocs opératoires, coûteront au CHU la somme globale de deux millions d'euros. Un coût qui sera étalé dans le temps pour l'hôpital qui a choisi de payer cet équipement en leasing. "On paye des loyers pour le Da Vinci Xi et pour les consommables et pour les instruments, comme les pinces et les porte-aiguilles, nous en achetons régulièrement auprès de l'entreprise qui a créé ces robots", explique Sabrina Wadel, directrice générale adjointe du CHU.
Cet investissement dans la chirurgie robotique constitue un choix stratégique pour le CHU. Celui de se tenir à la pointe de l'innovation, pour la santé des patients réunionnais, mais aussi pour faire tourner plus rapidement les lits d'hospitalisation. Toutefois, Sabrina Wadel déplore que les soins prodigués grâce à ces robots ne "fassent pas l'objet d'un remboursement spécifique", qui serait plus avantageux financièrement pour le CHU, de la part de la Sécurité sociale.
Au final, les deux robots Da Vinci Xi déployés dans les hôpitaux réunionnais laissent présager de nouvelles avancées technologiques importantes dans le domaine de la chirurgie. Des avancées qui passeront sans doute par l'intégration prochaine de l'intelligence artificielle, qui permettra de mieux localiser certaines tumeurs bénignes au cours des interventions. Pour l'heure, le CHU a prévu de réaliser cette année près de 600 interventions à l'aide de ce nouvel outil robotique.
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