Une proposition de loi sur le bureau de l'Assemblée nationale

Sanctionner les rodéos sauvages par de la prison ferme

  • Publié le 8 juin 2018 à 03:00
  • Actualisé le 8 juin 2018 à 14:14
Des rodéos ont eu lieu au Chaudron (Photo Richard Bouhet/Imaz Press)

Ce jeudi 7 juin, les députés ont examiné une proposition de loi visant à faire du "rodéo sauvage", un délit. L'objectif : pouvoir apporter une sanction pénale adaptée en condamnant les auteurs à une amende et/ou à une peine d'emprisonnement. Qu'en pensent les représentants syndicaux des policiers de La Réunion? Et la députée Ericka Bareigts? Imaz Press leur a donné la parole.

Adoptée mercredi 30 mai, cette proposition de loi "anti rodéos sauvages" a été présentée ce jeudi 7 juin à l'Assemblée. Elle devra, par la suite, être inscrite à l'agenda du Sénat et devrait faire l'objet d'une procédure accélérée pour une mise en place durant l'été.

Un "délit spécifique"

Interrogée par nos confrères du Parisien, Natalia Pouzyreff, députée LREM des Yvelines l'explique : cette loi permettra de "créer un délit spécifique qui se caractérise par une conduite qui viole les obligations de sécurité associée aux troubles à la tranquillité publique. Les policiers auront la possibilité de mettre en garde à vue, et la confiscation du véhicule devient obligatoire."

Un an de prison et 15 000 euros d'amende

Aussi, le délit serait passible d’une peine d'un an de prison et de 15 000 € d’amende. "Ces sanctions peuvent être alourdies en cas de circonstances aggravantes et peuvent aller jusqu’à cinq ans de prison, soit autant que l’homicide involontaire, et 75 000 € d’amende. Il sera aussi possible d’agir en amont, en sanctionnant l’organisation, la promotion et l’incitation à la pratique du rodéo sur les réseaux sociaux" ajoute la députée.  

Favorables à cette nouvelle loi

À La Réunion, les syndicats de police représentatifs se disent favorables à cette nouvelle loi. Gilles Clain, secrétaire départemental de l'Unité SGP Police FO réagit : "le gros avantage c'est que ça permettrait à la police de saisir le véhicule en infraction. Les auteurs de rodéo sauvage mettent énormément d'argent dans leur véhicule. Saisir, c'est s'attaquer directement au porte-monnaie de ces individus. C'est là où ça va faire le plus de mal et c'est une bonne chose".

"Il est normal de les punir"

"On voit régulièrement des rodéos sauvages au Port et au Chaudron, on commence aussi à en voir dans le Sud explique, quant à lui, Idriss Rangassamy, secrétaire départemental du syndicat Alliance Police Nationale. Les rodéos "nuisent à la la population car ils mettent en la danger la vie d'autrui. Il est normal de les punir". 

Ils mettent aussi la vie des auteurs en danger. Pour preuve, en janvier, lors du nouvel an au Port, un jeune homme est décédé lors d'un rodéo. 

"On ne pouvait pas verbaliser les participants de rodéo sauvage"

"Jusqu'ici, on ne pouvait pas verbaliser les participants de rodéo précise le représentant syndical. On ne pouvait pas les empêcher de faire des roues.On pouvait seulement les contrôler." 

Marc Lesage, secrétaire régional adjoint du syndicat Unsa Police affirme : "ce qui est important pour nous, c'est de renforcer l'arsenal législatif. Aujourd'hui, si on interpelle dans le cadre d'un rodéo, cela équivaut à une contravention de cinquième catégorie, soit 1500 euros d'amende maximum. On peut confisquer le véhicule mais uniquement si le pilote en est le propriétaire". Cette nouvelle loi devrait permettre de faire avancer cette problématique puisque la confiscation serait systématique. 

Des terrains pour pratiquer le rodéo

Pour Gilles Clain, il est également "urgent que les acteurs municipaux mettent en place des terrains privés pour que les individus puissent exercer "leur passion" dans un endroit où ils ne mettraient pas les autres en danger" clame Gilles Clain, représentant syndical Unité SGP Police FO. 

Ericka Bareigts, députée de la première circonscription de La Réunion et conseillère municipale à la Ville de Saint-Denis l'a bien compris. "Il faut réfléchir à une réponse organisée pour ceux qui estiment que le rodéo est un sport déclare-t-elle. Nous devons protéger cette pratique dans un lieu sécurisé. D'ailleurs, la Ville de Saint-Denis a travaillé là-dessus pour qu'on puisse avoir des circuits affectés à cette pratique, notamment sur le circuit de la Jamaïque."

Lire aussi => Les pilotes au rendez-vous du rodéo encadré à la Jamaïque

Ce jeudi 7 juin, Ericka Bareigts n'a pas assisté à l'examen de cette proposition de loi "anti rodéo sauvage" à l'Assemblée. "En ce moment, je travaille sur la formation professionnelle" explique-t-elle avant d'ajouter : "je suis plutôt favorable à ce texte car il n'y a aucune raison pour que les règles du Code de la route soient bafouées par certaines personnes qui mettent leur vie et celle des autres en danger". 

sw/www.ipreunion.com
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1 Commentaires
GERARD97460
GERARD97460
7 ans

Excellente proposition de loi contre ces jeunes voyous qui déambulent dans toutes les rues des grandes villes en mettant en danger la vie d'autrui et aussi leur vie. Qu'on mette rapidement cette loi en application et qu'on ouvre les portes des prisons pour cette jeune population de délinquants en pousse..