Dès ce vendredi 1er mai 2026, les étrangers devront payer beaucoup plus cher les taxes sur leur demande de naturalisation et de titre de séjour. Le timbre fiscal pour valider les dossiers de demandes passera de 55 à 255 euros. L'ONG La Cimade, qui accompagne les personnes réfugiées et migrantes, dénonce un "véritable racket institutionnel" (Photo www.imazpress.col)
À La Réunion en 2025, la préfecture a reçu 758 demandes de naturalisation. Au 28 avril 2026, 259 personnes sont en attente de naturalisation par décret et 148 par déclaration de mariage.
Ces personnes de nationalité étrangères, vont désormais devoir payer plus cher pour accéder au précieux document qui leur permet de rester légalement sur le territoire français.
Les informations disponibles sur le site du Service Public détaillent : "Dans le cadre de l’acquisition d’une carte de séjour temporaire, d’une carte de séjour pluriannuelle ou d’une carte de résident, un étranger souhaitant résider en France doit acheter un timbre fiscal. Cet achat est à effectuer lorsque la demande de titre de séjour est acceptée, pour la délivrance du document".
À compter du 1er mai 2026, le montant de ce timbre fiscal sera de 350 euros dans le cadre d’une première délivrance d’un de ces titres de séjour, contre 225 euros jusque-là.
Autre augmentation : le droit de visa de régularisation s’élèvera à 300 euros, dont 100 euros non remboursables qui sont dus pour le dépôt de la demande de régularisation (contre 200 euros, dont 50 euros non remboursables, jusque-là).
Le site internet du service publique annonce qu'un tarif minoré de 150 euros pourra toutefois s’appliquer pour certains motifs, notamment pour les étudiants, les travailleurs saisonniers, pour les personnes en recherche d’emploi ou les jeunes au pair.
- Une augmentation qui aggrave la précarité -
Plusieurs ONG dénoncent des taxes déjà les plus élevées d'Europe, qui précarisent un peu plus et "transforment des droits fondamentaux des personnes étrangères en source de profit".
La Cimade, ONG qui accompagne les personnes réfugiées et migrantes, dénonce : "Un véritable racket institutionnel, qui fait payer aux étrangers le prix d’une politique fondée sur la suspicion, l’humiliation et l’entrave" lance
Une augmentation incompréhensible pour La Cimade, qui ajoute : "Ces taxes sont exorbitantes que ce soit pour des personnes qui viennent d’arriver en France ou qui sont régularisées et qui, en attendant leur titre, ne sont pas autorisées à travailler ; ou pour les personnes déjà installées en France et en situation régulière qui doivent continuer à payer leur droit à se maintenir sur le territoire".
L'ONG déplore également : "une majorité des titres, si cher payés, est pourtant très précaire. L’ONG note d’ailleurs que les cartes de résident de dix ans, les seules à garantir une véritable stabilité, ne sont plus délivrées qu’au compte-goutte.
En 2025, la préfecture de La Réunion a réceptionné 758 demandes de naturalisation, 433 par arrêté et 325 par déclaration de mariage.
En moyenne, les services de l'État à La Réunion prennent entre 12 et 24 mois pour traiter ces demandes.
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