C'est un bilan positif pour les judokas à l'origine de l'opération Fam Dobout. Lancée le 8 mars 2014 par le Dojo Huang - Judo club de l'Amitié et repris par six autres clubs de l'île (le Dojo Portois, le Dojo club de Saint-Leu, le Judo Club de l'Ouest, le Judo Club de Bois de Nèfles et le Saint-Pierre Judo), ce programme de trois ans vise à contribuer à développer la self-défense chez les femmes. "Depuis qu'on a lancé cette opération on observe d'autres actions sur la self-défense. C'est bien que les autres nous suivent", se réjouit Jean-Pierre Huang Ying Chin, responsable technique du Dojo Huang et coordonateur du projet. "Nous sommes satisfaits du résultat qu'il y a eu jusqu'à aujourd'hui. On croit à ce projet", souligne-t-il.
"Fam dobout", tout est dit dans le nom. Sensibilisés face aux violences actuelles, les organisateurs ont voulu intervenir à leur façon et partager ainsi leur compétence à ce niveau. "Au judo quand on tombe on nous apprend à nous relever. C'est important pour nous", explique le coordonateur du projet. C'est l'idée que veulent véhiculer les organisateurs.
Une quinzaine d'actions de self-dĂ©fense ont Ă©tĂ© menĂ©es tout au long de l'annĂ©e pour inciter les dames Ă venir dĂ©couvrir la pratique du judo et des pratiques plus "douces" autour de la self-dĂ©fense : jujitsu, tai-so…Â
"Il ne s'agit pas de former des combattantes en tant que telles mais de développer chez ces femmes la conscience de leur possibilité de riposte", répète le coordonateur du projet. Les femmes acquièrent donc des postures, réflexes leur permettant ainsi de faire face à des attitudes plus hostiles. Une occasion pour ces dames de s'épanouir pleinement, d'extérioriser leur crainte et se s'affirmer en tant que femmes. Ces journées de découverte et de sensibilisation ont déjà attirés près de 1000 d'entre elles. "Une vingtaine de femmes font désormais de la self-défense en club", note Jean-Pierre Huang Ying Chin.
Le point d'orgue de cette année est la venue de la marraine de l'opération, Lucie Décosse, judokate la plus titrée de l'histoire du judo français du 6 au 12 octobre 2014. "Elle est très sensibilisée à notre action et la suit régulièrement", indique-t-il. Sa venue sur l'île promet d'être une grande fête pour les judokas.
Cette initiative a pour vocation de s'ancrer durablement sur le territoire et s'inscrit sur trois ans. Les dojos partenaires espèrent atteindre leur objectif : faire reculer les violences sexistes, encore trop nombreuses sur l'Ă®le. Un accès Ă un tatami et une formation aux premiers gestes de dĂ©fense devrait voir le jour d'ici les trois prochaines annĂ©es, dans les villes des dojos partenaires. "Ce qu'on souhaite c'est que les femmes et les jeunes filles poussent les portes des clubs. Avec les dojos partenaires on veut les emmener Ă la pratique", poursuit Jean Pierre Huang Ying Chin. Â
Pour le coordonateur du projet, c'est "une belle aventure" qui s'achève avec une vingtaine d'actions en cours de préparation pour l'année prochaine.
Coralie Georget pour www.ipreunion.com

Hip hip hip ! Hourrah !!! Bravo messieurs d'avoir proposé vos services d'apprentissage au self-défense. Bravo aussi à vos élèves d'avoir eu le courage de pousser vos portes. Grâce à cet apprentissage, elles sauront dire non ! Stop ! Et cesseront d'être bafouées par des hommes qui n'ont pas le courage d'accepter un refus quel qu'il soit.