La dĂ©rogation Ă la lutte contre la leucose enzootique bovine repose Ă La RĂ©union, sur une philosophie explicitĂ©e par le Groupement de DĂ©fense Sanitaire de la RĂ©union : "Entre 2002 et 2006, les dĂ©pistages systĂ©matiques ont mis en Ă©vidence des taux de prĂ©valence trĂšs important du cheptel rĂ©unionnais (> 70% au niveau du cheptel laitier). ConsidĂ©rant le faible impact clinique de la maladie, le fait qu'aucune exportation n'Ă©tait envisagĂ©e et surtout le coĂ»t que reprĂ©senterait un plan d'Ă©radication pour les filiĂšres (abattage de plus de la moitiĂ© du cheptel), La RĂ©union a sollicitĂ© en 2007 auprĂšs de la Direction GĂ©nĂ©rale de l'Alimentation une dĂ©rogation aux mesures de prophylaxie applicables en mĂ©tropole vis-Ă -vis de la Leucose bovine (...) La forme sub-clinique Ă©tant peu marquĂ©e, son impact rĂ©el sur la production locale est difficile Ă quantifier prĂ©cisĂ©ment mais est en tout Ă©tat de cause faible. Son impact indirect (liĂ© Ă une baisse de l'immunitĂ©) peut ĂȘtre limitĂ© en respectant une conduite d'Ă©levage adaptĂ©e..."
Ce concept de faible impact clinique de la maladie a Ă©tĂ© furieusement dĂ©menti par les Ă©leveurs, considĂ©rĂ©s longtemps comme incompĂ©tents et responsables de la situation sanitaire du bĂ©tail. Mais il convient de remarquer, que la thĂšse, endĂ©mique Ă La RĂ©union, ayant conduit Ă concĂ©der une dĂ©rogation aux mesures de prophylaxie applicables en mĂ©tropole est contredite par la premiĂšre thĂšse vĂ©tĂ©rinaire venue. Ainsi, dans celle prĂ©sentĂ©e et soutenue publiquement en 2010, devant lâUniversitĂ© Paul-Sabatier de Toulouse par BĂ©atrice Lamblin, alors ĂągĂ©e de 24 ans, pour obtenir le grade de docteur vĂ©tĂ©rinaire diplĂŽmĂ© d'Etat, opportunĂ©ment consacrĂ©e aux tumeurs des bovins, il est clairement Ă©noncĂ©, ce qui paraĂźt ĂȘtre de notoriĂ©tĂ© publique : "lâagent de la LBE est le virus leucĂ©mogĂšne bovin ou Bovine Leukemia Virus (âŠ) proche des virus de la leucĂ©mie Ă cellules T de lâHommeâŠ"
Un virus pas vraiment sympathique pour ces pauvres vaches, et qui ne l'est pas non plus pour les Ă©leveurs, car : "Lâinfection par le BLV entraĂźne des pertes Ă©conomiques non nĂ©gligeables mĂȘme en lâabsence de signes cliniques. Une sĂ©ropositivitĂ© entraĂźne une dĂ©tĂ©rioration des paramĂštres de reproduction, une augmentation des frais de renouvellement du cheptel et des frais vĂ©tĂ©rinaires, ainsi quâune restriction des exportations du bĂ©tail et des produits dĂ©rivĂ©s (Ott et al., 2003). Le point le plus important Ă©conomiquement est la diminution de la production laitiĂšre. Une Ă©tude menĂ©e aux Etats-Unis en 1996 sur un millier de troupeaux laitiers a mis en Ă©vidence une diminution moyenne de production annuelle de 218 kg par vacheâŠ"
Une jeune vĂ©tĂ©rinaire thĂ©sarde pourrait-elle savoir ce que les vieilles barbes de la Direction de l'alimentation, de l'agriculture et de la forĂȘt, le Groupement de DĂ©fense Sanitaire de la RĂ©union, la Direction GĂ©nĂ©rale de l'Alimentation, l'Etat⊠ignoreraient ?
Le Tribunal administratif de La RĂ©union vient de ramener de la Raison dans le champ de dĂ©combres de l'Ă©levage rĂ©unionnais, en annulant l'arrĂȘtĂ© prĂ©fectoral du 25 mars 2013 qui prorogeait de façon pour le moins fumeuse, la fameuse dĂ©rogation, sous couvert de prĂ©ciser "certaines mesures techniques complĂ©mentaires aux rĂšgles nationales en vigueur relatives Ă la campagne de prophylaxie pour l'annĂ©e 2013 Ă La RĂ©union".
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Les principaux vecteurs du virus de cette maladie sont les stomoxes (nigra et calcitrans) qui pullulent dans les exploitations d'élévage. L'eradication de la LBE passe par la lutte contre ces insectes.