Le comité sécheresse réuni le mardi 7 février 2012 en préfecture souligne "un déficit de pluviométrie de plus en plus inquiétant" sur l'île. Le diagnostic, établi par Météo France et l'Office de l'eau, fait état pour le mois de janvier 2012 d'un déficit de pluviométrie de 45% pour l'ensemble du territoire, déficit plus fortement marqué sur la micro-région Sud. Les exploitants agricoles s'inquiètent des retombées de cette sécheresse et souhaitent qu'un véritable plan Marshall pour l'eau soit mis en place.
Le comité sécheresse a mis en évidence que certaines ressources sont en situation de crise grave : Bras de Cilaos, Rivière Langevin, nappe du Gol. D'autres ressources sont en situation de crise (source Dussac) ou de vigilance (Bras de la Plaine, nappe de ChampFleury, nappe des Cocos). Par ailleurs, des captages font également l'objet d'une vigilance particulière (Puits du Baril à Saint-Philippe) en raison des risques liés à la salinisation de la nappe.La faiblesse de certaines ressources s'accompagne d'une forte augmentation de la demande. Dès lors, plusieurs secteurs du sud sont affectés par des coupures d'eau temporaires, pouvant atteindre 96 heures dans certaines exploitations agricoles. Compte tenu de ces difficultés dans le monde agricole, plus particulièrement au sud de La Réunion en raison de la pénurie d'eau depuis plusieurs mois, le préfet a décidé de réunir le lundi 13 février la commission départementale d'expertise et de nommer une mission d'enquête afin d'évaluer précisément la situation et de mobiliser, le cas échéant, le fonds de secours pour l'outremer. La DAAF a également indiqué lors de ce comité que le solde de l'aide à la production de canne à sucre pour la dernière campagne sera versé aux planteurs à partir du 13 février 2012.
Les agriculteurs du Sud signalent de leur côté que sur le secteur entre Saint-Louis et Saint-Philippe et entre Cilaos et le Tampon, l'année 2011 est la plus sèche jamais enregistrée. L'agriculture est donc fortement impactée par cette sécheresse. Les retenues collinaires sont vides et les canalisations sont sèches depuis 4 mois. Les maraîchers ont arrêté, depuis 15 jours, de faire des semis compte tenu du déficit en eau. Cette situation fait craindre une rupture d'approvisionnement de certains légumes d'ici le mois d'avril.
Quant aux éleveurs, ils ont déjà entamé le stock de fourrager du mois d'avril. Tout laisse à penser que les conséquences de cette sécheresse seront pires que celles de l'année dernière où déjà la production locale et la trésorerie des agriculteurs avaient subies de graves difficultés.
Ce diagnostic a conduit le comité sécheresse à préconiser le maintien de l'arrêté réglementant les usages de l'eau par les particuliers. Cet arrêté interdit notamment le lavage des véhicules (hors station professionnelle), engins, bateaux, bâtiments et voiries (sauf impératif sanitaire), l'arrosage des espaces verts publics et privés (sauf jardins potagers) et le remplissage et le maintien du niveau des plans d'eau de loisirs et des piscines privées (hors établissements touristiques).
Le préfet appelle également chaque Réunionnaise et chaque Réunionnais à veiller avec la plus grande attention à sa consommation d'eau en adoptant des gestes éco-citoyens, comme couper l'eau lors du lavage des dents, des mains ou du rasage ; prendre une douche rapide plutôt qu'un bain ; faire la chasse aux fuites d'eau ; arroser le jardin le soir quand l'évaporation est moins forte (lorsque l'usage est permis) ou récupérer les eaux pluviales dans une citerne pour le jardin, pour le lavage des sols ou les WC.
