Le conseil municipal de Saint-Louis doit examiner un dossier peu commun en ce sens qu'il doit décider, ou pas, de faire une remise gracieuse de 85 516,14 euros à la trésoriÚre principale de 1Úre catégorie du Trésor Public, trésoriÚre de Saint-Louis, et qui fut comptable de la commune de 2007 à 2010. En avril 2014, elle a été jugée, par la Chambre régionale des comptes, responsable à titre personnel et pécuniaire du préjudice que sa carence professionnelle avait fait subir aux finances municipales, précisément à hauteur du cadeau aujourd'hui sollicité par l'ex-comptable. En fait, pour respecter le jargon du droit financier, elle a été mise en "débet", ce qui veut dire que le comptable public a été constitué débiteur d'une collectivité ou d'une personne publique aprÚs examen de ses comptes.
En lâoccurrence, la dette imputĂ©e Ă la trĂ©soriĂšre principale dĂ©coule de de deux sĂ©ries de faits distincts, auxquels la trĂ©soriĂšre principale nâa pas appliquĂ© les contrĂŽles qui lui incombaient.
En premier lieu, la comptable de la commune de Saint-Louis a payĂ© pendant deux ans, à deux agents communaux ayant le grade dâadjoint technique, des indemnitĂ©s spĂ©cifiques de service (ISS) auxquelles ils ne pouvaient prĂ©tendre, Ă hauteur de 2 783,14 euros.
Sur le second grief qui lui Ă©tait fait, la carence de la comptable Ă©tait de nature diffĂ©rente. Deux titres dâun montant de 52 500 dâeuros et de 30 233 euros, datant respectivement des 25 octobre 2006 et du 12 septembre 2007, dont une sociĂ©tĂ© aurait dĂ» sâacquitter au profit de la commune sont restĂ©s non recouvrĂ©s au 31 dĂ©cembre 2011 ; alors que lâentreprise en question avait fait lâobjet dâune procĂ©dure de redressement judiciaire (27 novembre 2009), et que la crĂ©ance de la commune de Saint-Louis nâavait Ă©tĂ© rĂ©ceptionnĂ©e par le liquidateur que le 23 avril 2010, soit deux mois et 27 jours aprĂšs lâexpiration du dĂ©lai rĂšglementaire de dĂ©claration.
Aucune demande de relevĂ© de forclusion nâayant Ă©tĂ© introduit par la comptable, le recouvrement des titres Ă©tait dĂ©finitivement compromis dĂšs le 28 janvier 2010, date Ă laquelle la trĂ©soriĂšre principale Ă©tait en fonctionsâŠ
Les magistrats de la Chambre rĂ©gionale des comptes ont estimĂ© que les manquements de la comptable ne rĂ©sultaient pas de circonstances de force majeure et que les Ă©lĂ©ments Ă dĂ©charge prĂ©sentĂ©s par la comptable sur le fonctionnement de son poste nâĂ©taient pas recevables au regard des dispositions rĂ©gissant sa responsabilitĂ©.
DâoĂč ce montant de 85 516,14 euros qui est imputĂ© Ă lâex-comptable, et dont elle rĂ©clame la remise gracieuse Ă la commune, quand le ministre du Budget ne peut mĂȘme plus le faire.
Lâaffaire initialement prĂ©sentĂ©e au conseil municipal du 14 octobre dernier avait Ă©tĂ© retirĂ©e in extremis, elle doit de nouveau ĂȘtre soumise au Ă©lus qui auront Ă dĂ©cider sâils souhaitent " impacter " une deuxiĂšme fois⊠dĂ©finitivement, le budget municipal.
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Nous étions au courant depuis le 11 octobre. Mais cette affaire n'est pas passée le 14 octobre comme convenu lors du conseil municipal. Depuis nous étions sur le qui-vive. Notre conseiller financier nous a parfaitement expliqué chaque mot, comme débet, certains articles, décrets, lois.
Et bien la décision du conseil municipal est grave, trÚs grave.
faute professionnelle d'une TrésoriÚre du Trésor Public...c'est grave...
Comment une mairie super-endettée dans laquelle elle était partie prenante, comment cette personne ose-t elle demander la clémence...
Elle n'a qu'Ă appliquer ce qu'elle disait aux contribuables "si vous ne pouvez pas payez vous n'avez qu'Ă vendre !"