Dans une publication partagée sur un groupe Facebook, le restaurant la Villa Marthe, situé à Salazie, propose deux offres d'emploi pour ceux qui souhaiteraient "venir découvrir l"île". Une annonce manifestement destinée à des travailleurs hexagonaux, qui a provoqué la colère de nombreux internautes, qui se sont interrogés sur pourquoi cette offre ne s'adressait pas aux Réunionnais. Le gérant de l'établissement, Jérémy Laup, s'est défendu sur les réseaux sociaux mais aussi sur Réunion la 1ère, assurant qu'il y a un "manque de formation" dans l'île (Photo d'illustration rb/www.imazpress.com)
La capture d'écran a fait le tour des réseaux sociaux ce week-end. Posté sur le groupe "Emplois Hôtellerie – Restauration", l'annonce propose deux postes de chefs de rang, avec un logement "dans une maison comprenant soit une chambre double, soit une chambre avec deux lits". Destinée à des personnes "rêvant de découvrir l'île".
"Dans un contexte tendu pour l'emploi local, je m'interrogeais sur le choix de ce restaurant d'aller chercher en France hexagonale deux chefs de rang. Plusieurs explications possibles pouvaient être avancées : l'absence de personnes qualifiées sur place, le manque de réponses de jeunes locaux, ou simplement le syndrome de la "goyave de France", qui veut que ce qui vient de l'extérieur soit forcément meilleur" explique Rémy Bourgogne, du Mouvement Réunionnais, à l'origine de la capture d'écran.
"L’annonce elle-même posait problème, notamment dans les termes utilisés. Mon message reflétait un certain ras-le-bol, face à la multiplication d'annonces provocantes envers la population locale. Certains m'ont interpellé en me disant : "Ce n'est pas un peu anti-zorèy ton post ?" Malheureusement, le simple fait de questionner ou de faire un constat n'est pas toujours bien perçu, et on veut vous taxer d'anti-zorèy pour clore le débat" regrette-t-il.
L'établissement s'est cependant défendu de toute préférence pour les travailleurs venus de l'Hexagone. "Avant d’élargir notre champ de recherche à l’extérieur nous avons posté notre annonce en local sur différentes plateformes dédiées à l’emploi. Nous privilégions l’emploi local" a assuré le restaurant sur ses réseaux sociaux.
"La difficulté majeure est la mobilité. Notre établissement se situe à Hellbourg et peu sont prêts à faire la route avec les contraintes de la restauration, les horaires car nous servons le soir, les coupures ou le travail le week-end" a-t-il par ailleurs affirmé. Interrogeant donc sur si un logement avait été proposé en amont sur les annonces publiées à destination des Réunionnais.
Pour autant, "une rapide recherche rapide sur France Travail (Pôle Emploi) révèle actuellement seulement quatre annonces d'emploi pour des chefs de rang et aucune annonce de la Villa Marthe. De plus, aucune annonce n'est visible sur les réseaux sociaux du restaurant (Facebook et Instagram)" note Rémy Bourgogne.
"On est parti sur Pôle emploi, sur job 974, on a pas recruté" affirme cependant Jérémy Laup sur Réunion la 1ère. Interrogé sur la rémunération proposée, il répond qu'il "faut que le salaire demandé soit proportionnel à l'expérience". "Etre chef de rang demande de l'expérience. Les compétences sont là, mais il faut continuer à former ceux qui vont sortir du Centhor, du lycée hôtelier, pour devenir chef de rang" dit-il.
- Des discriminations bien présentes -
Si le restaurant affirme privilégier l'emploi local, des discriminations à l'embauche dans le secteur de l'hôtellerie ont déjà été relevées, comme le souligne Rémy Bourgogne.
"Des chercheurs spécialisés, menés par l’économiste Yannick L’Horty, ont également étudié la discrimination dans l'accès à l'emploi dans les DOM-TOM et à Paris, en se concentrant sur la profession de serveur dans les restaurants. Le résultat démontre que, entre un Ultramarin et un candidat venu de l'Hexagone, c'est ce dernier qui a le plus de chances d'obtenir le poste convoité, qu'il soit à pourvoir localement ou dans la capitale" rappelle-t-il.
"Est-ce que le logement est proposé, comme proposé pour le candidat venant de l’Hexagone ? Quelles sont les conditions de travail ? Le salaire proposé aux Réunionnais est-il le même que celui proposé aux hexagonaux ? Le choix du réseau utilisé pour l'annonce soulève également des questions" se questionne-t-il par ailleurs.
Il appelle donc à "rester vigilants". "Il y a des personnes qui ne veulent pas travailler partout, ici et en France hexagonale, mais sous-entendre, comme beaucoup le font, que nous ne serions pas capables, que nous serions paresseux (tout le vocabulaire néo-colonial) est inacceptable, et nous nous dresserons toujours contre cela ! Il est temps de repenser notre approche de l'emploi et de favoriser les talents locaux" conclut-il.
- Difficultés de recrutement -
Dans son intervention télévisée, le gérant Jérémy Laup a pointé du doigt les difficultés de recrutement du secteur. Une problématique qui ne date pas d'hier : dans la restauration, 200.000 postes étaient vacants en 2023 au niveau national.
Les conditions et le rythme de travail sont rédhibitoires pour de nombreux salariés. Ajouté à cela un salaire peu attrayant et donc de nombreux postes vacants. Pourtant, la grille des salaires de la profession a été revalorisée de 16,5 % en début d’année par les organisations professionnelles (GNC, GNI, SNRTC et Umih). Mais cela ne suffit pas, et le métier ne fait plus vraiment rêver.
D'après Jérémy Laup, les centres de formation à La Réunion ont par ailleurs des lacunes en matière de formation pour être chef de rang. Un poste qui s'apprend plutôt "grâce à l'expérience" conclut-il.
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Bonjour juste pour info
En boulangerie le CFA et les lycées forment des jeunes boulangers sauf que l' on en retrouve qu'un très faible pourcentage après examen sur le marché du travail les 3/4 ne poursuivent pas dans le métiers et ce n'est pas fautes d'offres . Posez la questions aux patrons boulangers !!! Et posez vous les bonnes questions !!!!
Il est force de constater que tout est polémique... le recrutement dans le monde du CHR est compliqué comme dans d'autres professions. La formation et la réalité du terrain sont parfois très éloignées ..
le poste de chef de rang implique à mini une formation puis une expérience terrain. on ne peut pas arriver comme cela sans bagages!! Après nous rappelons qu'en métropole les embauches post covid sont compliquées et que de nombreux professionnels font appel à une main d'oeuvre étrangère et bon marché... avec l'appui des syndicats et de l'état car de nombreux Français salariés et avec expérience crééent l'offre et la demande d'aujourd'hui. Ne soyez pas offensé d'aller chercher de la main d'oeuvre exterieure. Chacun essaie de trouver des solutions pour faire fonctionner son centre de profit sans dénaturer forcément les valeurs humaines et salariales.
Il faut pas oublié qu il y a aussi des apprentis en hôtellerie à là réunion la formation sert à sa aussi
Nos jeunes sortis du lycée pro n’ont pas encore l’expérience requise pour ce poste qualifié et effectivement la restauration est un métier dur et ingrat. Faire miroiter des 2500 euros nets « facile » c’est franchement pas les aider à se confronter à la réalité de la vie. On ne vit pas sur tik tok! Mais sur un territoire où le chômage est deux fois plus élevé qu’en métropole.
Fatiguant que vous êtes avec votre préférence Locale et vos complexes permanents.
Le patron c'est SON restaurant laissez le faire son recrutement comme il le souhaite, il connaît mieux que personne les compétences dont il a besoin.
fausse polémique !
Oui un patron a le droit d'embaucher qui il veut. S'il ne trouve pas sur l'île ( il n'est pas le seul et dans de nombreux secteurs c'est la même chose ) rien ne l'empêche de chercher dans l'hexagone , et faut-il le rappeler , c'est la France et nous sommes encore français me semble-t-il!!!
Personne ne se pose la question quand les collectivités locales préfèrent embaucher quelqu'un de l'extérieur comme directeur général des services par exemple ( catégorie A , concours de la fonction publique) ni surtout quand nos élus embauchent leurs potes incompétents ...mais bon, s'il est réunionnais c'est bon quand même? Ben