Mission accomplie: l'équipe de France a atteint l'objectif des demi-finales du Mondial-2018, un succès personnel pour son sélectionneur Didier Deschamps qui est désormais assuré de conserver son poste jusqu'en 2020.
Les Bleus ont dominé l'Uruguay vendredi à Nijni Novgorod (2-0) et affronteront mardi à Saint-Pétersbourg le vainqueur du duel Brésil-Belgique disputé vendredi soir.
Le président de la Fédération (FFF) Noël Le Graët n'avait certes pas fait de l'objectif du dernier carré une condition sine qua non au maintien de son sélectionneur. "NLG" répétait que "DD" resterait en fonctions jusqu'au terme de son contrat, à l'Euro-2020, "quoi qu'il arrive".
Mais voilà , le but est atteint. Et Deschamps l'a savouré, au détour d'une réponse lors de sa conférence de presse d'après-quart: "Les objectifs, j'aime les atteindre, je ne les ai pas tous atteints, mais je ne vais pas me plaindre. Ce n'est pas un point de vue personnel: ma fierté est surtout pour mon groupe, et j'y associe les vingt membres du staff qui m'aident tous les jours. Je vois mon président (Noël Le Graët) heureux, il a confiance en moi et me soutient".
- Discours de remerciements -
Un discours de remerciements comme lorsqu'on a obtenu un prix. "Je ne le fais pas pour moi, je suis là pour eux, les membres de ma famille aussi, mes amis, qui peuvent avoir des moments plus difficiles à vivre, apparemment... C'est un bonheur à partager, avec l'ensemble des supporters français qui ont envie de vibrer, nous voir gagner, et quand ça se passe comme on le veut, c'est beaucoup de fierté et de bonheur", a-t-il ajouté.
Malgré le soutien présidentiel de "NLG", un échec en quart de finale -- accréditant la thèse d'une équipe qui ne progresse pas après s'être déjà arrêtée à ce stade au Mondial-2014 -- aurait forcément fragilisé la position de "DD". D'autant que la finale de l'Euro-2016 (revers 1-0 a.p. face au Portugal) avait suscité des attentes pour le tournoi russe.
L'histoire n'est certes pas terminée: rater l'avant-dernière marche en demi-finale ou perdre de nouveau en finale (comme au Mondial-2006 et donc à l'Euro à domicile) saupoudrerait forcément d'une touche d'amertume le parcours des Bleus.
Mais il est d'ores et déjà réussi. Car outre l'objectif atteint, la victoire contre l'Uruguay, avec de la maîtrise face à un bloc rugueux, succède à celle, renversante, face à l'Argentine en 8e de finale (4-3). "Ça aurait pu n'être qu'un coup d'éclat, mais personne ne pouvait nous l'enlever", a d'ailleurs noté le sélectionneur vendredi soir.
- "Ne rien donner Ă l'adversaire" -
Ce match d'anthologie disputé à Kazan restera dans la mémoire collective de la France du foot, alors que la précédente Coupe du monde n'avait pas délivré d'émotion similaire. L'Euro-2016 en avait fourni une différente lors de la victoire contre les champions du monde allemands 2-0 en demi-finale.
La "patate tatare" de Benjamin Pavard, la révélation de Kylian Mbappé aux yeux de la planète football, suscitant l'éloge du légendaire Pelé lui-même, le scalp de Lionel Messi, les ingrédients resteront comme une page d'or de l'histoire des Bleus. Encore fallait-il poursuivre le livre en cyrillique.
"DD" a gardé son costume de "Père la Victoire". Pas toujours très brillant (Australie 2-1, Pérou 1-0, Danemark 0-0). "On a eu un premier tour compliqué. Beaucoup d'équipes se sont cassé les dents, nous on n'a pas été flamboyants, mais réalistes, efficaces", a-t-il rappelé, avant d'évoquer une "montée en puissance" pour les matches à élimination directe.
La patte Deschamps, c'est la solidité défensive, "ne rien donner à l'adversaire" comme il le répète, c'est-à -dire éviter la moindre erreur qui par définition pourrait s'avérer fatale.
Raphaël Varane en avait parlé pendant la préparation: "Notre objectif, c'est d'être d'abord solide. Ça doit être ce que représente l'équipe de France: un adversaire nous voit jouer et se dit +attention cette équipe, c'est solide+. C'est important de travailler tous ensemble collectivement, faire des efforts tous ensemble, avoir une base, pour ensuite faire mal à l'adversaire offensivement. C'est une question d'équilibre, mais l'objectif premier c'est d'être une équipe difficile à bouger."
- © 2018 AFP
