Auteur d'un doublé contre la Tunisie

Kane, l'autre prince Harry de l'Angleterre

  • PubliĂ© le 19 juin 2018 Ă  18:05
  • ActualisĂ© le 19 juin 2018 Ă  18:11
L'attaquant de l'équipe d'Angleterre, Harry Kane, lors d'une conférence de presse à Volgograd en Russie, le 17 juin 2018 pour le Mondial

Indispensable. "Captain" Harry Kane a dĂ©sormais marquĂ© huit buts les six fois oĂč il a portĂ© le brassard. Il Ă©tait attendu, il est venu, il a vaincu, alors que l'Angleterre avait le plus besoin de lui et son doublĂ© contre la Tunisie (2-1) a redonnĂ© du mordant aux Trois Lions. "Les bons joueurs se saisissent de ces moments. Et Kane a Ă©tĂ© dĂ©cisif deux fois, façonnant le destin, trouvant un espace et un moment de sĂ©rĂ©nitĂ© dans les intenses mĂȘlĂ©es de la surface de rĂ©paration", savoure The Guardian mardi.

"C'est Kane qui a gagné ce match pour l'Angleterre. Il était toujours là au bon moment", a reconnu dÚs le coup de sifflet final le sélectionneur tunisien Nabil Maaloul, impuissant. "C'est le buteur idéal." Certes, le joyau de Tottenham qui vient de terminer sa meilleure saison avec 41 buts n'a pas forcé son talent. Cela fut cependant suffisant pour battre des Aigles de Carthage dominés mais toujours dans le match aprÚs le penalty concédé généreusement par Kyle Walker.

"Il a marquĂ© de trois mĂštres aux deux extrĂ©mitĂ©s du match (...) Ce sont les buts que les attaquants adorent marquer, rĂ©compensant le travail quotidien qui consiste simplement Ă  ĂȘtre lĂ ", apprĂ©cie The Guardian.


"L'arbitre, c'est l'arbitre"


Deux corners. Une reprise Ă  trois mĂštres d'une tĂȘte de Stones dĂ©viĂ©e par Hassen Ă  la 11e minute, rien ou presque pendant 80 minutes, et une tĂȘte Ă  bout portant sur une dĂ©viation de Maguire dans le temps additionnel pour sauver la Couronne (90e+1) et Ă©loigner un peu le spectre d'un autre grand tournoi sabordĂ©. Et Kane aurait pu faire tourner les compteurs encore un peu plus, mais il n'a rien obtenu, aprĂšs avoir pourtant Ă©tĂ© deux fois plaquĂ© au sol dans la surface.


"Quelques penalties auraient pu ĂȘtre sifflĂ©s en notre faveur (...) Il y a aussi eu des corners oĂč ils ont fait preuve d'anti-jeu mais le foot, c'est comme ça", a rĂ©agi l'attaquant, assez mĂ©content. "L'arbitre, c'est l'arbitre. On a rĂ©ussi Ă  bien jouer donc on est trĂšs fiers."
Heureusement pour les Anglais, le traitement infligé par les défenseurs tunisiens n'a pas perturbé le calme Londonien, habitué à prendre coups et tacles durs tous les week-ends en Premier League.


"Kane dépendance" 


AussitÎt passée la brise d'espoir née de cette victoire assez convaincante, un doute est venu planer au-dessus des Trois Lions, aussi insistant que les nuées de mouches qui ont étouffé Volgograd lundi soir: l'Angleterre est-elle dépendante de son capitaine ?
"Mais qui va marquer si Harry Kane ne le fait pas ?", se demande le Times. En effet, la question mĂ©rite d'ĂȘtre posĂ©e tant les Dele Alli, Raheem Sterling et Jesse Lingard ont gĂąchĂ©, contre la Tunisie et lors des matchs de prĂ©paration.


Le dernier but d'Alli avec sa sélection remonte à octobre 2016, c'est pire pour Sterling qui n'a plus marqué depuis octobre 2015. Quant à Lingard, pas de pénurie, mais il aurait pu éviter une fin de match crispée avec un peu de précision et de sang-froid face aux buts tunisiens. "On peut s'attendre à ce qu'une équipe compte sur un attaquant aussi efficace que Kane, mais elle ne peut pas se permettre de devenir trop dépendante, s'inquiÚte le Times. L'absence de finition de la part de ceux qui soutiennent Kane est un souci de longue date (...) Ils s'en sont sortis cette fois, mais seulement de justesse."


Captain Kane a mené le navire à bon port, évitant les récifs que n'avaient pas su esquiver ses prédécesseurs. A ses hommes désormais de saisir la barre.

 - © 2018 AFP

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