HĂ©ritier surdouĂ©, Isco espĂšre ĂȘtre le meneur qui permettra Ă l'Espagne d'allier deux ambitions: perpĂ©tuer son sĂ©duisant jeu de passes et continuer sa route au Mondial-2018, oĂč un nul lundi contre le Maroc, dĂ©jĂ Ă©liminĂ©, sera synonyme de huitiĂšmes (20h00, heure de Paris).
Si la Roja est proche de la qualification dans le groupe B, c'est parce qu'elle a ravivé son style de jeu si caractéristique. Un tourbillon de passes baptisé "toque", ou "tiki-taka", qui avait conduit l'Espagne vers un triplé historique Euro-Mondial-Euro entre 2008 et 2012.
Et la relÚve est incarnée par un petit milieu barbu aux jambes arquées: Francisco Alarcon, dit Isco, nouveau maßtre à jouer de la "Seleccion".
"Nous devons ĂȘtre fidĂšles jusqu'Ă la mort au style de jeu qui nous dĂ©finit. Nous devons jouer, multiplier les passes, conserver le ballon", a rappelĂ© le meneur du Real Madrid (26 ans).
L'Andalou sera trÚs attendu face aux Marocains lundi à Kaliningrad, enclave russe des rives de la Baltique, pour un duel de voisinage entre deux pays liés par l'histoire... et par des frontiÚres communes autour des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla.
En dépit d'un retentissant changement de sélectionneur avant le Mondial, l'Espagne a été impressionnante et mal récompensée face au Portugal (3-3) puis ultra-dominatrice contre l'Iran malgré quelques frayeurs (1-0).
Avec 4 points dans le groupe B, elle n'a besoin que d'une seule unité face au Maroc, sachant qu'une victoire en soignant la différence de buts lui assurerait a priori la premiÚre place devant Portugais (4 pts) et Iraniens (3 pts), qui s'affrontent en parallÚle.
- Electron libre -
BiberonnĂ© aux redoublements de passes depuis les catĂ©gories de jeunes, Isco symbolise une Roja en plein rajeunissement dans l'entrejeu, avec Koke, Thiago Alcantara, Saul... ou encore Marco Asensio, son complice du Real, avec qu'il enregistre des petites vidĂ©os devenues virales oĂč ils s'appellent l'un l'autre "bro" (de "brother", frĂšre) et "picha" ("ma couille").
En Russie, Isco a rapidement fait parler de lui: ses dribbles courts, ses passes précises et son souci permanent de faire vivre le ballon ont confirmé sa nouvelle envergure en sélection, lui qui traßnait une réputation de dilettante à son arrivée au Real en 2013.
DĂ©jĂ , en septembre dernier, celui que ses partenaires surnomment "Magie" avait survolĂ© le choc contre l'Italie en qualifications (3-0 avec deux buts inscrits). En mars, il a donnĂ© le tournis Ă l'Argentine (6-1), inscrivant un triplĂ©. Et ses dĂ©buts au Mondial ont Ă©tĂ© du mĂȘme acabit, avec notamment un missile sur la transversale portugaise et une activitĂ© inlassable contre l'Iran.
"Ce sont mes premiers pas dans une grande compétition avec la sélection. Je me suis senti à l'aise mais c'est plus facile avec tous ces grands joueurs à mes cÎtés", a souri le milieu offensif aux 30 sélections (10 buts).
Positionné comme électron libre, Isco dézone, appelle le ballon, apporte le surnombre et combine avec David Silva (32 ans) ou l'icÎne Andrés Iniesta (34 ans), auquel il est souvent comparé.
- Avec Hierro, le courant passe -
"C'est un joueur différent des autres", résume le latéral Jordi Alba, qui l'a cÎtoyé à Valence. "Il suffit de le voir jouer, il a énormément progressé et c'est un immense joueur. (...) Il réussit des choses que beaucoup n'arrivent pas à faire."
D'ailleurs, le nouveau sélectionneur Fernando Hierro a maintenu dans le onze titulaire ce joueur considéré comme le "chouchou" du précédent technicien Julen Lopetegui, avec lequel il a été sacré champion d'Europe des moins de 21 ans en 2013 et qu'il retrouvera la saison prochaine sur le banc du Real.
Avec Hierro, le courant passe également puisque le nouveau sélectionneur, Andalou lui aussi, était directeur sportif de Malaga (2011-2012) quand le milieu s'est révélé au plus haut niveau.
"Fernando est quelqu'un qui sait ce qu'il fait. Il n'a pas tout bouleversĂ©", se rĂ©jouit Isco. "C'Ă©tait un dĂ©fi pour lui d'accepter ce poste sans y ĂȘtre prĂ©parĂ© mais je le trouve trĂšs concentrĂ© et trĂšs impliquĂ©."
En nommant le directeur sportif Hierro comme sélectionneur au pied levé, la fédération espagnole a fait le choix de la continuité. Et sur le terrain, c'est Isco qui se charge de perpétuer l'héritage espagnol.
Par Bruno CRAVO - © 2018 AFP
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