"Il faut rechercher le plaisir dans la douleur, savoir se faire mal, c'est comme ça qu'on va y arriver", a insisté vendredi l'attaquant des Bleus Olivier Giroud, trÚs heureux de son match contre le Pérou (1-0) et de la solidarité défensive de l'équipe de France lors du Mondial-2018.
Q: Comment avez-vous vécu votre retour dans l'équipe ?
R: "Je suis content. Vous savez comme moi que j'étais attendu sur ce match-là . C'était important de répondre présent. On a eu une trÚs bonne réaction aprÚs un premier match mitigé. C'est un match sur lequel il faut s'appuyer pour essayer de gérer mieux nos temps faibles. Les victoires 1-0, pour moi, ce sont les plus belles".
Q: Etait-ce l'un de vos meilleurs matches en sélection ?
R: "Je me suis aussi dit que c'Ă©tait l'un de mes matches les plus aboutis. C'est un match qui compte et va compter vu le contexte, en Coupe du monde. MĂȘme s'il n'y a pas de but (pour lui) - ce n'est pas passĂ© loin - je suis trĂšs content sur le plan personnel. En deuxiĂšme pĂ©riode, on a eu tendance Ă reculer et laisser l'initiative du jeu aux PĂ©ruviens, mais j'ai envie de garder le positif. On sait s'appuyer sur une force collective".
Q: Quand on est attaquant, prend-on du plaisir à défendre ?
R: "Evidemment qu'il y a du plaisir, mĂȘme dans l'effort dĂ©fensif. On fait le boulot pour le partenaire d'Ă cĂŽtĂ©, on donne envie Ă celui qui est derriĂšre de le faire Ă son tour, et ainsi de suite. Il est lĂ le plaisir aussi, ce n'est pas forcĂ©ment de mettre un crochet et une frappe en lucarne. Il faut rechercher le plaisir dans la douleur, savoir se faire mal, c'est comme ça qu'on va y arriver".
Q: Le systÚme de jeu, proche de celui de l'Euro, était-il plus adapté ?
R: "C'est un systĂšme de jeu qui me plait, nous plait. J'ai trouvĂ© Kylian MbappĂ© intĂ©ressant quand il part de loin avec sa percussion, sa capacitĂ© Ă Ă©liminer, sa vitesse. Il peut s'appuyer sur nous et finir dans l'axe. C'est un systĂšme qu'on connait trĂšs bien. AprĂšs, Ă nous de nous adapter, mais on a quand mĂȘme pas mal de repĂšres dans celui-lĂ ".
Q: Ressentez-vous un décalage entre les commentaires de la presse et vos performances ?
R: "Vous me posez la question Ă moi... Vous ĂȘtes trĂšs exigeant avec nous, c'est une bonne chose, ça veut dire que cette Ă©quipe de France est pĂ©trie de talents et a les moyens de ses ambitions qui sont de gagner. Maintenant, on ne va pas se voir plus beau qu'on est. On peut encore mieux faire et on va monter en puissance. MĂȘme si vous ĂȘtes taquin et un peu trop souvent derriĂšre nous, on va compter sur vous au fil de la compĂ©tition pour nous encourager et ĂȘtre un peu plus positif".
Q: Votre absence au premier match Ă©tait-elle liĂ©e Ă votre blessure Ă la tĂȘte ?
R: "Ce n'était pas un problÚme de blessure, mais un choix tactique. Le coach m'avait expliqué. Il est là pour faire des choix, je les respecte c'est tout..."
Q: Didier Deschamps et ArsÚne Wenger ont dit qu'on se rendait compte de votre importance quand vous n'étiez pas là . Est-ce que cela agace ou ça fait plaisir ?
R: "Ca fait plaisir. (Sur sa non titularisation contre l'Australie) J'allais dire que tout le monde a le droit de se tromper, mĂȘme si ce serait un peu prĂ©tentieux. C'est bien de par son absence de faire rĂ©flĂ©chir et surtout de rĂ©pondre prĂ©sent quand on t'attend. Le choix du coach, je l'ai compris et acceptĂ© mĂȘme si c'Ă©tait difficile. Ce n'Ă©tait pas une injustice comme j'ai pu le lire. Il faut toujours se mettre des coups de pied aux fesses ou en prendre, c'est l'histoire de ma carriĂšre de sans arrĂȘt devoir prouver. Jusqu'Ă maintenant, j'y suis arrivĂ©. Pourquoi ca s'arrĂȘterait lĂ ?"
Q: Vous avez beaucoup défendu ? Faudrait-il que cela soit plus contagieux chez les autres attaquants ?
R: "Pour progresser dans le foot moderne, il faut ĂȘtre Ă l'Ă©coute, apprendre et donc observer. J'essaye d'apporter mon expĂ©rience. Si le premier devant toi fait le boulot, pourquoi tu le ferais pas... C'est une question de solidaritĂ©. On joue une coupe du monde, les efforts, on les comptera aprĂšs".
Propos recueillis en conférence de presse
- © 2018 AFP
