Le sélectionneur de l'Uruguay Oscar Tabarez a évoqué mardi les écoliers de son pays et "des vieilles dames de 80 ans" pour expliquer comment la Celeste était parvenue au fil du temps "à revenir sur la carte du football mondial".
L'Ă©mouvant et passionnant monologue du "Maestro" a dĂ©butĂ© aprĂšs une question Ă propos d'une vidĂ©o devenue virale sur les rĂ©seaux sociaux, oĂč l'on voit des enfants uruguayens exploser de joie aprĂšs le but de Gimenez donnant la victoire Ă la Celeste face Ă l'Egypte (1-0) lors de son premier match Ă la Coupe du Monde 2018.
"On était une grande puissance du football. On a remporté deux fois les Jeux olympiques (1924, 1928), quand il n'y avait pas encore la Coupe du monde, puis la premiÚre Coupe du monde (1930). Mais on a perdu le fil qui nous permettait de transmettre le football de génération en génération", a répondu Tabarez. "J'ai beaucoup réfléchi à ça. A comment faire pour ramener l'Uruguay sur la carte du football mondial, malgré ses limites démographiques. Et je crois que ces derniÚres années, on a réussi", a-t-il poursuivi.
"L'Uruguay est un pays oĂč le football fait partie de la culture nationale. Il n'y en a pas tant que ça. L'Argentine, le BrĂ©sil, l'Angleterre, peut-ĂȘtre quelques autres comme l'Allemagne ou l'Espagne, mais ça ne remonte pas aux annĂ©es 20, comme chez nous", a-t-il expliquĂ©. "Donc quand j'ai vu ces enfants, je me suis rappelĂ© que le football Ă©tait une religion dans mon pays. Elle est lĂ , la connexion entre gĂ©nĂ©rations. Ces enfants ont couru partout, ils ont cĂ©lĂ©brĂ© et j'ai pensĂ© qu'ils n'oublieraient jamais ce match. Ils en parleront Ă leurs enfants et petits-enfants", a encore dĂ©clarĂ© Tabarez.
"Je ne dis pas que c'est juste chez nous. Je suis trÚs intéressé par exemple par le cas de l'Islande, avec ses 300.000 habitants (contre 3,4 M pour l'Uruguay, ndlr). Mais je veux exprimer publiquement cette fierté qui est celle de l'Uruguay pour le football. Et je sais que si on gagne encore un match, je vais commencer à recevoir des lettres de femmes de 80 ans qui me diront +je n'aime pas le football mais grùce à vous j'ai senti le besoin irrépressible de sortir et d'embrasser la premiÚre personne que j'ai croisée+. Les joueurs savent tout ça, et ils en sont fiers", a conclu le "Maestro".
AFP

