Le casque vissé sur les oreilles est un lieu commun dans le foot.
.. Chez les Bleus, c'est bien souvent pour écouter du rap - parfois teinté de rythmes africains - mais pas seulement. Petit tour d'horizon.
Dans le car, aprĂšs la victoire contre le PĂ©rou (1-0) et la qualification pour les 8es de finale de ce Mondial-2018, l'ambiance Ă©tait Ă la fĂȘte. Parmi les morceaux que crachait la sono, "On est Ă©quipĂ©" du rappeur francilien KeBlack, qui mĂ©lange musique urbaine et rythmes congolais, dans la tendance du moment (MaĂźtre Gims...)."On a mis plusieurs chansons, pas que celle-lĂ , vous avez retenu celle-lĂ parce que c'est celle qu'on a mise sur Instagram. +On est Ă©quipĂ©+, c'est une maniĂšre de dire peut-ĂȘtre qu'on est prĂȘts Ă se battre et Ă tout donner", a racontĂ© Steven N'Zonzi.
KeBlack est visiblement apprécié par les Bleus. Son morceau "J'ai déconné" avait inspiré une chorégraphie de haut vol à Patrice Evra et Paul Pogba pendant l'Euro-2016.
- "C'est un pote Ă moi" -
Globalement, le rap tient une place importante dans l'univers musical de l'équipe de France. Dans une récente vidéo mise en ligne par la Fédération, le défenseur Benjamin Mendy danse sur "Amigo", du rappeur marseillais Jul."C'est un pote à moi. J'aime bien ses sons. Du son tranquille comme ça", décrit l'ex-joueur de l'OM en se déhanchant.
Il y a quelques semaines, le rappeur parisien MHD racontait Ă l'AFP cette histoire d'amour entre rappeurs et footballeurs, qui bien souvent ont grandi dans les mĂȘmes quartiers populaires: "Les jeunes joueurs actuels Ă©coutent beaucoup de rap donc forcĂ©ment il y a ce lien qui se crĂ©e directement"."DĂšs que je suis dans une ville (en tournĂ©e) d'un ami qui est footballeur, je lui dis: +Je fais un concert ce soir, si tu veux passer t'es le bienvenu+. Pareil pour lui, dĂšs qu'il me voit dans sa ville: +Tiens, il y a un match ce soir, viens je t'invite+", poursuivait MHD, dont la musique est trĂšs apprĂ©ciĂ©e par plusieurs Bleus dont Ousmane DembĂ©lĂ©.
Mais les joueurs français ne se limitent pas au seul rap, loin de là . Dans les vestiaires ou dans le car, "on entend de tout. Du rock, de la musique africaine. Les DJ, c'est plutÎt Benjamin Mendy, Presnel Kimpembe ou Paul Pogba, on prend ce qu'il y a à prendre", a souri Djibril Sidibé.
- "Du zouk" -
Récemment, Kimpembe et Pogba se sont affichés sur les réseaux sociaux en dansant le shaku shaku, une nouvelle danse virale venue d'un quartier de Lagos au Nigeria.
Et les goĂ»ts sont Ă©clectiques. L'avant-centre Olivier Giroud, 31 ans, Ă©coute un peu de tout, notamment de l'Ă©lectro. Dans une playlist rendue publique au Mondial-2014, il laissait aussi apparaĂźtre un lĂ©ger goĂ»t pour les vieux tubes disco tels "Last Night a D.J. Saved My Life" du groupe Indeep, un morceau jouĂ© sur tous les bons dancefloors dans les annĂ©es 80.Thomas Lemar, natif de la Baie-Mahault en Guadeloupe, Ă©coute "beaucoup de zouk. Je suis antillais quand mĂȘme. AprĂšs, c'est surtout du rap US", expliquait-il il y a un an.
Enfin, dans cette Coupe du monde 2018 oĂč chaque Ă©quipe a pu choisir une chanson Ă diffuser avant les matchs, les Français ont optĂ© pour "Magic in the air" du groupe Magic System avec ses paroles "Allez, Allez, Allez". Le groupe ivoirien a dĂ©cidĂ©ment la cote puisqu'il Ă©tait dĂ©jĂ sur scĂšne au printemps 2017 pour la victoire d'Emmanuel Macron Ă l'Ă©lection prĂ©sidentielle.
Dans les stades de Russie, "Magic in the air" a jusqu'ici beaucoup moins de succÚs que les chansons traditionnelles choisies par les sélections sud-américaines, comme "Contigo Peru (avec toi Pérou)", d'Arturo Zambo Cavero, reprise à l'unisson par des dizaines de milliers de supporters à Ekaterinbourg avant le match contre les Bleus. Un frisson.
 AFP
