Allemagne

Une campagne #Metwo pour témoigner du racisme au quotidien

  • PubliĂ© le 27 juillet 2018 Ă  15:16
  • ActualisĂ© le 27 juillet 2018 Ă  15:22
Mesut Özil Ă©liminĂ©, avec l'Allemagne dĂšs le premier tour du Mondial russe, par la CorĂ©e du Sud Ă  Kazan, le 27 juin 2018

InspirĂ©s par la polĂ©mique autour du joueur de foot allemand d'origine turque Mesut Özil et le mouvement #Metoo, des milliers d'Allemands, immigrĂ©s de premiĂšre ou deuxiĂšme gĂ©nĂ©ration, tĂ©moignent depuis jeudi soir sur les rĂ©seaux sociaux du racisme au quotidien.

Mot clĂ©: #Metwo, en rĂ©fĂ©rence aux deux c?urs, "un allemand et un turc", que l'ex-joueur de la sĂ©lection nationale a revendiquĂ© avoir "dans la poitrine". Et ce mot-diĂšse est en tĂȘte des tendances Twitter en Allemagne vendredi.

La star d'Arsenal de 29 ans a claqué la porte de l'équipe nationale aprÚs le Mondial, en se disant victime de racisme jusqu'au sein de la fédération de football (DFB) depuis sa rencontre controversée avec le président turc Recep Tayyip Erdogan en mai. #MeTwo se présente comme un hashtag "contre la discrimination contre les minorités, à partir duquel un débat constructif sur les valeurs devrait se développer", explique au magazine Der Spiegel Ali Can, un militant antiracisme de 25 ans arrivé en Allemagne en 1995 et qui a lancé jeudi la campagne sur internet, appelant les Allemands à témoigner en masse.

En 24 heures, des milliers d'Allemands d'origine polonaise, turque, ou encore vietnamienne, ont tĂ©moignĂ©, souvent en anglais Ă  l'image de la campagne #metoo de l'an passĂ© contre les violences et la discrimination dont sont victimes les femmes. "Tu es bien intĂ©grĂ©e pour une Turque", "Quand mes profs m'ont demandĂ© si mes parents allaient me marier Ă  16 ans" et la question "D'oĂč viens-tu", peut-on lire comme tĂ©moignages.

Le ministre allemand des Affaires Ă©trangĂšres, Heiko Maas (SPD) a aussi utilisĂ© ce mot-diĂšse pour conseiller Ă  ceux "qui pensent que le racisme en Allemagne n'est plus un problĂšme" de lire cette vague de tĂ©moignages "impressionnants et douloureux". Özil, longtemps un modĂšle d'intĂ©gration par le sport, a essuyĂ© des critiques trĂšs vĂ©hĂ©mentes et parfois douteuses avant et aprĂšs l'Ă©limination humiliante de l'Allemagne du Mondial. GĂ©nĂ©ralement, il lui Ă©tait reprochĂ© de manquer de patriotisme en raison de sa rencontre avec M. Erdogan.

Excédé, il a quitté la Mannschaft dimanche en accusant le patron de la DFB, Reinhart Grindel, de le considérer comme Allemand uniquement "quand nous gagnons" mais comme "un immigré quand nous perdons". L'intéressé a rejeté ces accusations mais admis ne pas avoir suffisamment défendu le joueur.
L'affaire Özil est d'autant plus sensible que l'Allemagne connaĂźt un essor sans prĂ©cĂ©dent de l'extrĂȘme droite depuis 1945

- © 2018 AFP

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