La vidéo essuye toutes les critiques

VAR: l'image est brouillée

  • PubliĂ© le 26 juin 2018 Ă  14:52
  • ActualisĂ© le 26 juin 2018 Ă  15:02
Recours à l'assistance de la vidéo à l'arbitrage sur le 2e but espagnol contre le Maroc à Kaliningrad, le 25 juin 2018

AprĂšs une premiĂšre partie de Coupe du Monde oĂč elle s'Ă©tait fait une place discrĂšte, offrant des arguments Ă  ses dĂ©fenseurs comme Ă  ses dĂ©tracteurs, la VAR s'est brutalement invitĂ©e Ă  l'avant-scĂšne lundi et a rouvert les dĂ©bats sur la place de la vidĂ©o dans le football.

Montée de fiÚvre

"La VAR, c'est +bullshit+!" Captée par les caméras, la sentence de l'ailier marocain Noureddine Amrabat est venue conclure une difficile soirée sur le front de l'assistance-vidéo à l'arbitrage. Avec Iran-Portugal (1-1) et Espagne-Maroc (2-2), la derniÚre journée du groupe B était tendue et riche d'enjeux lundi et elle s'est finie dans une certaine confusion, entretenue plus qu'apaisée par la VAR.

CĂŽtĂ© marocain, la colĂšre Ă©tait nourrie par le but de l'Ă©galisation espagnole dans le temps additionnel, inscrit par Iago Aspas et validĂ© aprĂšs une trĂšs longue attente et la vĂ©rification des images pour un Ă©ventuel hors-jeu. Surtout, HervĂ© Renard et ses joueurs ont contestĂ© la validitĂ© du corner qui a prĂ©cĂ©dĂ© le but, estimant qu'il aurait dĂ» ĂȘtre frappĂ© de l'autre cĂŽtĂ©.

Lors de Portugal-Iran, ce sont pas moins de trois dĂ©cisions qui ont portĂ© Ă  dĂ©bat. Le penalty accordĂ© Ă  Cristiano Ronaldo (et stoppĂ© par Ali Beiranvand) Ă©tait il-valable ? La star portugaise aurait-elle dĂ» ĂȘtre expulsĂ©e pour un mouvement du coude sur un dĂ©fenseur adverse? Y avait-il vraiment une main dĂ©libĂ©rĂ©e sur le penalty accordĂ© aux Iraniens en fin de match ?

Plus tÎt dans la journée, le match Egypte-Arabie saoudite (1-2) avait lui aussi été marquée par une intervention - trÚs longue - de l'assistance-vidéo, pour finalement aboutir à la confirmation d'un penalty en faveur de l'Arabie saoudite.

Omniprésence et cohérence

Au-delà de la question de la justesse de ces différentes décisions -- et de l'impact sur le nombre de penalties, déjà 20 sifflés, plus que dans toute autre Coupe du monde -- la journée de lundi a mis en lumiÚre certains des défauts de la VAR, utilisée pour la premiÚre fois en Coupe du Monde cette année en Russie.

Les Unes des quotidiens espagnols ce mardi étaient à ce titre révélatrices de la place prise par le dispositif, pourtant censé rester discret: "Merci la VAR!" pour Mundo Deportivo et "Vive la VAR!" pour As et Marca. Pas un mot pour le but magnifique de Iago Aspas. La frappe sublime de Quaresma sur le but portugais a elle aussi été oubliée au profit des faits de jeu liés à l'arbitrage.

Les réactions furieuses des joueurs ont par ailleurs mis à mal l'idée selon laquelle la présence de la vidéo mettrait fin aux contestations et aux polémiques.

Carlos Queiroz, le sĂ©lectionneur portugais de l'Iran s'est de son cĂŽtĂ© demandĂ© si l'arbitre-vidĂ©o ne jugeait pas Ă  la tĂȘte du client. "La rĂ©alitĂ© c'est ça: vous stoppez le jeu pour la VAR. Il y a un coup de coude. Un coup de coude, c'est carton rouge dans les rĂšgles. Dans les rĂšgles, il n'est pas prĂ©cisĂ© si c'est Messi ou Ronaldo...", a-t-il pestĂ©.

Au total, la VAR a affiché lundi certains des principaux défauts soulignés par ses détracteurs: omniprésente, lente et pas particuliÚrement incontestable. L'ancien avant-centre de l'Angleterre Alan Shearer en a tiré sur Twitter une conclusion abrupte: "La VAR est une connerie absolue".

Interrogée par l'AFP, la Fifa renvoie de son cÎté au point-presse qui sera organisé vendredi, lors duquel sera présenté un bilan de l'arbitrage lors du premier tour.

Du positif et des questions

Lors de ce rendez-vous, la Fifa, dont le président Gianni Infantino a pesé de tout son poids pour obtenir l'introduction de la VAR dÚs le Mondial-2018, devrait s'attacher à présenter ce qui a bien fonctionné. Si deux fédérations, celles du Brésil et de la Serbie, ont déjà officiellement demandé des explications sur l'utilisation du systÚme, d'autres en effet n'ont pas eu à s'en plaindre et des erreurs ont effectivement été corrigées.
Du penalty accordé à la France et à Griezmann à celui retiré au Brésil et à Neymar, en passant par un carton jaune réattribué au bon joueur péruvien lors du match face aux Bleus, il y a eu des interventions avisées des assistants-vidéo, avec des durées globalement raisonnables jusqu'à lundi.

Mais l'une des questions centrales demeure, celle de l'uniformité. Pourquoi la VAR est-elle intervenue lundi sur la main du Portugais Soares mais pas vendredi quand le Serbe Mitrovic a été pris en sandwich par deux Suisses ?

AFP

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