Tribune libre de Didier Dérand

"Georges" est parti. Un martin me l’a tué...

  • Publié le 19 février 2026 à 12:21
  • Actualisé le 19 février 2026 à 12:23
"Georges" est parti. Un martin me l’a tué...

Ça pourra paraître un peu loufoque : se prendre d’affection pour un lézard vert. Mais après tout, c’est comme ça...... Je l’avais appelé "Georges". Sais pas pourquoi. Sans doute parce qu’il m’amusait. Georges était un gecko vert de Manapany (communément appelé lézard vert).

Pendant au moins 6 mois, il avait squatté ma chambre. Il y vaquait librement à ses occupations, sans aucune gêne apparente. Tous les matins, il était là.

Tantôt sur la clim (en panne) au-dessus de mon bureau, où il courtisait celle qui semblait être sa dame. J’imagine qu’elle a souvent pondu là-haut, mais je n’y suis jamais allé voir, pour ne pas déranger. Chacun chez soi, après tout....

Le seul inconvénient, c’est qu’ils faisaient de temps à autre leurs crottes sur le clavier de mon ordinateur portable. Ça tombait de haut et ça éclaboussait le clavier. Et Dieu sait que les déjections liquides d’un gecko, c’est acide ! Pas l’idéal pour l’électronique. Bref......

J’ai donc dû trouver une solution rapidement : j’ai acquis un clavier et un écran externes et laissé mon ordinateur à demi fermé.

Tantôt, il se battait avec les autres mâles pour préserver son couple. Inutile de vous dire que ça chauffait dur, au-dessus de moi. Et alors ? Fallait bien, vu la concurrence.

Quand il était pris (sans doute) d’une envie de voyages, il traversait ma chambre sur le parquet, et remontait sur le mur pour aller se poster sur la bibliothèque d’où il "m’observait". Du moins, j’aimais bien le croire. Ou alors il se postait à l’extérieur, sur le bord supérieur du volet de la porte-fenêtre, d’où il surveillait les environs.

Plus drôle encore, ces derniers temps, il avait pris l’habitude de descendre de son repaire au-dessus de la clim, pour se chauffer sur l’onduleur de mon ordinateur, au niveau de la bouche de ventilation, à 50cm de mon visage. Et là, il me fixait de ses yeux ronds. Je bougeais le moins possible, mais franchement je n’avais qu’une envie : éclater de rire......

Je l’aimais bien Georges. C’était mon copain.

Et puis. Et puis.....Un matin sinistre, alors qu’il me regardait comme à son habitude depuis le rebord du volet, un martin a plongé en plané, a saisi mon Georges au vol et est reparti avec dans les filaos un peu plus loin, pour le dévorer tranquillement.

J’ai bien tenté de courir sur la terrasse, mais allez donc courir après un oiseau en vol......

La loi de la Nature est dure, mais elle est ainsi faite, hélas.

Adieu mon Georges ! Tu me manques.

S’il y a un paradis pour les lézards verts, j’espère qu’ils t’y ont mis.......

Didier Dérand
Président de VAGUES

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