La Voix Citoyenne – La Réunion exprime sa profonde tristesse face à la situation à La Réunion et en France hexagonale et appelle à bâtir une nouvelle société française, fondée sur la fraternité, la justice et le courage, et qui remette le respect et la paix au cœur du contrat social. (Photo DR)
À l'issue des émeutes qui secouent la France hexagonale et de l'allocution du Président de la République, La Voix Citoyenne – La Réunion tient d'abord à dire sa profonde tristesse. Tristesse devant les images, devant les familles et les territoires meurtris, devant un pays qui se déchire et dont les habitants, partout, de l'Hexagone comme des outre-mer, se sentent de plus en plus abandonnés.
Une fin de règne
Nous le disons avec gravité : il ne faut plus rien attendre du gouvernement ni de la présidence de la République. C'est une fin de règne. L'allocution présidentielle n'a apporté ni apaisement, ni cap, ni espérance. Elle a confirmé ce que beaucoup de nos concitoyens pressentaient déjà : il y a du désordre, de l'errance et une fuite en avant au sommet de l'État.
Quand ceux qui gouvernent ne savent plus où ils vont, ce sont les citoyens qui paient le prix de l'incertitude. Quand la parole publique ne rassure plus, elle laisse place à la colère, à la peur et à la défiance.
Une société fragilisée de toute part
Ce que révèlent ces événements, c'est la déliquescence d'une société française fragilisée de toute part. Cette situation n'est pas née en quelques jours : elle est le résultat d'une longue érosion.
Sous deux quinquennats, les corps intermédiaires n'ont été ni considérés, ni respectés, et ont finalement été sacrifiés : les syndicats, les associations, les élus locaux, les maires, les acteurs de terrain, tous ceux qui, chaque jour, tiennent le fil du lien social et traduisent le vécu des citoyens auprès des institutions. En affaiblissant ces relais, le pouvoir s'est privé des amortisseurs qui permettent d'éviter l'embrasement. Il a gouverné de haut, sans écoute, et le pays se retrouve aujourd'hui sans médiation, sans dialogue, sans confiance.
Ce constat concerne aussi La Réunion. Nous savons ce que coûte, dans nos quartiers et dans nos familles, le sentiment de ne pas être entendu.
Bâtir une nouvelle société
Il ne s'agit pas de se résigner. Il est temps de tourner la page et de reconstruire. Une nouvelle société française doit être bâtie sur des valeurs de fraternité, de justice et de courage :
- la fraternité, pour retisser les liens entre les générations, les territoires et les origines, et refuser la haine et la division ;
- la justice, pour que chacun, où qu'il vive, ait les mêmes droits, les mêmes chances et le même respect ;
- le courage, celui de dire la vérité, de regarder les causes en face et de préparer l'avenir plutôt que de gérer l'urgence.
Cette nouvelle société vise à remettre le respect et la paix au cœur du contrat social. Un contrat social ne vit que si chacun y trouve sa place et y est reconnu : respect des personnes, respect des institutions, respect de la parole donnée. La paix n'est pas seulement l'absence de violence : elle se construit par la justice, le dialogue et la considération mutuelle. Cette société nouvelle cherchera aussi à éteindre les peurs qui alimentent le repli, la défiance et la colère, en apportant des réponses concrètes, en disant la vérité et en rétablissant la confiance entre les citoyens et ceux qui les représentent.
Cette reconstruction ne se fera pas sans les citoyens, ni sans ceux qui, sur le terrain, font vivre la solidarité. Elle exige de redonner toute leur place aux corps intermédiaires, aux élus de proximité et à la société civile.
Nous ne faiblirons pas
Face à la fin d'un cycle politique, La Voix Citoyenne – La Réunion choisit la responsabilité. Nous appelons les citoyens, les associations, les élus et les forces vives de La Réunion et de la France entière à se rassembler, avec sérénité et détermination, pour faire naître une alternative digne de notre pays.
Nous ne faiblirons pas, et nous serons au rendez-vous.
Giovanni Payet
Président de La Voix Citoyenne - La Réunion
Candidat aux élections municipales en 2026 à Saint-Denis
