Alors que nos enfants effectuent une nouvelle fois leur rentrée sous une chaleur intense, le constat s’impose : le calendrier scolaire réunionnais demeure inadapté à nos réalités climatiques. Et pour une raison simple : à La Réunion, les vacances d’été ne correspondent pas à l’été (Photo www.imazpress.com)
Les ajustements annoncés par le rectorat pour l’an prochain – avec deux semaines de vacances supplémentaires durant l’été austral – vont dans le bon sens, mais ils restent insuffisants. Nos enfants doivent pouvoir être en vacances lors des périodes de chaleur la plus intense, comme c’est le cas pour les élèves de l’Hexagone.
C’est pourquoi j’ai déposé une proposition de loi visant à permettre une véritable adaptation du calendrier scolaire aux réalités climatiques de La Réunion.
Cette proposition ne fixe pas les dates scolaires dans la loi, mais donne au recteur de l’académie la capacité juridique d’adapter le calendrier scolaire, y compris les dates des examens nationaux, après concertation avec l’ensemble de la communauté éducative.
De nombreux pays de l’hémisphère Sud, comme nos voisins mauriciens, ainsi que d’autres territoires ultramarins français, à l’image de la Nouvelle-Calédonie, ont déjà fait ce choix.
Cette évolution est attendue et soutenue par les fédérations de parents d’élèves, les organisations syndicales et de nombreux élèves, qui alertent depuis plusieurs années sur des conditions d’apprentissage devenues difficiles, voire intenables.
Elle s’inscrit également dans une logique de transition écologique et de maîtrise de la dépense publique, en limitant les besoins en climatisation et les investissements lourds imposés aux collectivités.
Je me félicite que trente sénatrices et sénateurs aient choisi de cosigner cette proposition de loi et de s’engager collectivement pour une adaptation du calendrier scolaire à La Réunion.
Je me réjouis notamment du soutien de collègues tels que Victorin Lurel, ancien ministre des Outre-mer, et Marie-Pierre Monier, cheffe de file socialiste au sein de la commission de la culture et de l’éducation du Sénat. J’appelle le ministre de l’Éducation nationale à entendre ce besoin d’adaptation au climat de notre île, située dans l’hémisphère Sud.
Adapter le calendrier scolaire à La Réunion, c’est reconnaître une évidence géographique et remettre l’élève au cœur de notre politique éducative.
Audrey Bélim
