Les cicatrices de l'esclavage et de l'engagisme gravées dans notre mémoire qui font parties de notre "patrimoine génétique" ne peuvent être jamais effacées, même si la loi d'abrogation du code noir survenue ce jeudi est symbolique, elle va aussi dans le bon sens. (Photo d'illustration Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)
Hier à l'assemblée nationale, les débats ont largement tourné autour de l’histoire de l'esclavagiste et coloniale française, et des effets encore visibles en 2026 à travers les "inégalités persistantes entre les outre-mer et l’Hexagone, et les discriminations que subissent toujours la population des Outre-Mer" dont La Réunion.
Alors que l'enfer subi par nos ancêtres dans les plantations, nous renvoie encore et toujours aux coups de "sabouk " portés par les maîtres ou commandeurs. Ce passé douloureux traverse le temps, d'une population marquée toujours par un système d'asservissement qui a été mis en place durant la période de l'esclavage, qui a perduré au temps de l'engagisme et longtemps après. Le personnel de l'usine sucrière n'a été épargné non plus.
Ce code colonial tombé hier, aussi incroyable que cela puisse paraître, qu'il a fallu attendre un quart siècle c'est à dire 25 ans après la loi de Christiane Taubira pour que le code noir tombe sous les applaudissements nourris des députés dont le député Guadeloupéen Max Mathiasin à l'origine d'un long discours émouvant, qui rentrera sûrement dans l'histoire.
Acte puissant pour la mémoire et l'histoire, que clôturait l'intervention de Max Mathiasin (entendu à la télé), un député en larmes et suivi d'un vote à l'unanimité malgré les critiques des députés du Rassemblement National qu'il faut le souligner.
Malgré tout, ce code noir traverse aujourd'hui encore notre propre histoire familiale, nos mémoires dont le livre intitulé "Léritaz nout zansèt Stella" édité par Komkifo éditions, présenté à la boutique du Musée de Stella à la nuit du Musées, qui décrit en partie les blessures et les souffrances de cette histoire dans les plantations malgré l'esclavage aboli ainsi que dans l'usine sucrière.
Notons, que dans les plantations coloniales, malgré l'affranchissement, les planteurs de canne ainsi que leurs épouses même les enfants étaient toujours considérés comme des objets, comme des bons à rien. Pourtant, c'est bien eux qui ont fait la fortune de ces gros colons et usiniers très souvent au prix du sang des coups de "sabouk".
Un gramoune que je cite dans mon livre "Léritaz nout zansèt Stella" m'a raconté ses souffrances et celles de ses enfants mais aussi des nombreux autres, leurs vécus dans les plantations de canne. Se lever "au chant du coq" pour aller travailler jusqu'au coucher du soleil, sans aucun équipement sinon la pioche et le sabre 12 à 15 h par jour. Le samedi corvée directement à la maison du colon à nettoyer les parcs, s'occuper des animaux, les nourrir....etc, qu'il vente ou qu'il pleuve pour un salaire de misère et sans déclaration à l'époque...N'est-ce pas là un esclavage déguisé ?
Ambition claire d'aujourd'hui, transmettre la mémoire de l'esclavage et de l'engagisme, ce que le livre inédit écrit sous la plume d'un ouvrier qui a vécu la fermeture de l'usine sucrière de Stella, au titre "Léritaz nout zansèt Stella" aspire, pour que cette mémoire reste toujours vivante et éclaire le présent et l'avenir.
Jean Claude Comorassamy

Assemblée nationale de ce jeudi que L'écologiste Steevy Gustave en larme a évoqué son arrière-grand-mère, « Maman Bébelle », elle-même petite-fille d’Ambroise Zerambe, « réduit en esclavage sous le matricule 336 ». Discours très émouvant aussi....par contre cette émotion n'était pas visible chez nos députés....
Le livre de M. Comorassamy m'a mis aussi les larmes aux yeux. Un livre qui va devenir mémoriel au musée je l'espère.
C'est vrai que ce projet de loi a été co-signé par nos députés, n'empêche que c'est le député LIOT Max Mathiasin qui l'a porté à l'assemblée. Bien sûr à l'époque François Bayrou 1er Ministre avait donné déjà le tempo.
Est-ce que le livre de ce monsieur dont j'ai un grand respect pour cette mémoire et héritage écrit sublimement et subtilement a été financé aussi comme le livre les engagés par la fondation Clément présenté au musée cette semaine ?
Le quartier du Portail avec sa population de planteurs de canne est véritablement concernée. Oui, les planteurs étaient considérés comme des esclaves.