Tribune libre du Collectif union citoyens 974

Baisse des contrats PEC : une véritable catastrophe pour notre île

  • Publié le 6 mai 2026 à 10:33
  • Actualisé le 6 mai 2026 à 10:34
Patrice Latron

La semaine dernière, le Ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou a affirmé devant l'assemblée Nationale que le Gouvernement " poursuivra la trajectoire d'ajustement à la baisse des Contrats Aidées" au motif que le taux de retour à l'emploi de ces Contrats est faible. A la Réunion, cette absence de visibilité qui devient criante chaque année à alimenter depuis ce jour, une inquiétude qui s'exprime tant des bords politiques, mairies, collectivités, associations etc... (Photo photo Richard Bouhet/imazpress.com)

Hier matin, 5 Mai, le Préfet de la Réunion a indiqué que le quota de PEC pour notre île serait 4.000 pour cette année 2026 dont 800 pour les communes, 1.700 pour le Département, 250 pour la Région ( Dispositif Emplois-Verts) et le reste pour les divers associations et intercommunalités avec des durées plus courtes a savoir ( 6 mois) et une prise en charge de 40% pour L'État...
* 12 000 Contrats Aidés étaient financés en 2021, 10 000 en 2025 et aujourd'hui 4000 !!!

C'est une véritable catastrophe pour notre île !!!

C'est inacceptable !!!

Notre ile est grand pourvoyeur de ces Contrats...tant sur le Plan Social écologique, économique, culturel etc...et notamment au niveau des communes où la préoccupation est cruellement d'ordre pratique.

Les PEC de part leurs multiples et nécessaires missions irriguent le quotidien des Services Publiques locaux : cantines, écoles, surveillances, Associations...Dans les Collectivités, ils représentent en moyenne à  environ 200 à 300 agents.

Cest un pilier du fonctionnement des Communes invisibles à l'œil lointain de l'État Central qui vacille.

- Dans ces conditions, comment pourra-t-on encore maintenir des ATSEM dans nos classes à  la Réunion ?

- Apparemment le recentrage devrait s'opérer vers le secteur marchand et les publics les plus éloignés de l'emploi tandis que certains dispositifs comleble CUI-CIE sont appelés à disparaître..

Il est vrai que l'emploi aidé correspond aux années de chômage de masse et fut présenter comme la panacée pendant la période ( 1990 ) marquée également par la période des "Emplois-Jeunes"..

Et pourtant de matière de politique de l'emploi à la Réunion,  les années se suivent et se ressemblent :

- Moins de Contrats Aidés, moins de participation financière de l'État et une toujours plus forte demande pour les Collectivités, les Associations et les nombreuses personnes qui attendent une petite chance de s'en sortir ou même retrouver une activité.

- Et pourtant les contrats aidés sont essentiels, ils permettent un accompagnement vers le plein emploi. Ils offrent un cadre de travail structuré, des conditions sécurisées, une première marche vers une possible insertion durable.

- Aujourd'hui, les raboter encore plus ou les supprimer à court terme, c'est affaiblir la continuité du service public alors que les Collectivités sont déjà dans le rouge.

Notre ile de la Réunion est l'un des territoires où les PEC sont les plus nécessaires et ou le besoin social reste le plus massif.
L'urgence de sauver les associations pour une société plus juste, plus libre et plus humaine devient alors priorité principale..

Les centaines d'associations salariés de notre île, sont une richesse majeure de notre société.  Dans le sport, les Intercommunalités, des Services auprès des personnes âgées ou des personnes en situation de handicap, pour nos enfants, pour la solidarité, pour l'Education Populaire, le rôle des associations dans notre ile est essentiel et unique.

L'entretien des espaces verts, pourtant crucial pour la santé publique et l'environnement notamment en cette période maximale de prolifération de moustiques et de leptospirose qui sévit actuellement dans nos villes et quartiers pourrait lui aussi être sérieusement compromis.

Au delà également des services municipaux, cest l'ensemble du tissu social qui se trouve menacé.

Dans un contexte marquée par la hausse du coût de la vie, notamment celle des carburants, cette décision risque d'aggraver les difficultés des familles les plus vulnérables et de fragiliser davantage les différentes Collectivités dans l'exercice de leurs missions de service public.

Elles sont pourtant mises en grave danger. Des centaines sont menacés et des associations vont disparaître en raison des politiques de rigueur dures et injustes qui s'appliquent.

Partout dans nos communes, le secteur associatif est fragilisé par l'austérité qui mine le tissu social et solidaire de notre île.

En affaiblissant les communes et les associations, ce Gouvernement tourne le dos à un projet de société émancipateur.

En 2025, les coupes budgétaires ont commencé déjà à provoquer un séisme pour l'emploi associatif. Celles prévues pour 2026 amplifieront encore davantage la crise et menaceront la la survie et la disparition même des associations..

La suppression des emplois ( CUI,CAE, adultes relais...) a déjà affecté 38% des associations.  Retarss des versements des fonds publics, inflation, charges administratives : les équipes tout comme les bénévoles sont découragés.

Derrière ces chiffres, ce sont des centaines d'accompagnements et d'accompagnants de lieux social qui disparaissent et au lieu de la pauvreté.

Dans le même temps, la dérive autoritaire se renforce. Depuis, 2021, les Associations doivent signer un Contrat d'engagement Républicains pour toute demande de subvention ouvrant la voie par exemple à des injonctions de Préfets sur le conditionnement des financements et sur le contenu des projets.

Au delà, de cette problématique qui revient chaque année, elle met en lumière surtout un enjeu plus large encore :

- Celui de l'adaptation des politiques nationales aux réalités locales, à nos spécificités, à nos chiffres et constats, dans un territoire où les besoins sociaux restent particulièrement élevés.

Dans un territoire où plus de 20000 familles sont touchés par la crise du logement et ou le chômage est deux fois plus élevé qu'en Métropole, chaque dispositif d'insertion supprimé peut faire basculer des familles entières dans une précarité encore plus profonde.

Notre ile avec un taux de chômage de 18% et un taux de pauvreté atteignant les 36% ne peut être traitée de la sorte.

Notre île de la Réunion ne doit pas être une variable d'ajustement budgétaire. Les coupes successives :

- LBU réduite à 26 millions

- Effondrement du BTP, destruction de 1000 emplois en 2024, dessinent un tableau de désengagement de l'État qui devient récurrent et inacceptable.
Conséquences :  creuser davantage encore la précarité

Un adulte sans travail, un enfant en difficulté à l'école,  une famille vivant dans un logement insalubre ou encore une mère qui faute peine a nourrir ses enfants : voila des personnes fragilisées, confrontées à des situations dont l'équilibre est instable. Née d'un manque de sécurité,  la précarité peut concerner les ressources, le logement, le travail, la santé, la formation...Alors, un souci en créant un autre, il est de plus en plus difficile de faire face.

L'accumulation de ces divers mécanismes créent une situation qui compromet gravement les chances de reconquérir ses droits et de pouvoir à nouveau assumer ses responsabilités.
Étudier dans un logement trop petit, être en bonne santé quand l'eau et la nourriture manque, construire une famille alors que les enfants risquent d'être placés, trouver du travail sans savoir ni lire, ni écrire sont autant de défis quotidiens qu'il faut affronter à la fois.

Les nombreuses dimensions du processus montrent qu'une solution partielle ( un travail, un contrat, une activité retrouvé, un relogement ou une allocation) peur suffire a briser l'enfermement.

A ce jour,  dans notre île, les réseaux de solidarité familiale jouent encore un rôle d'amortisseur des effets du chômage et du manque de logement.
L'attribution de contrats aidés n'ont toutefois pas dans notre île, les mêmes conséquences sociales qu'en Métropole.
Propositions :

- La mise en place rapidement de la Conférence Territoriale doit le signe annonciateur des nombreuses propositions issues de nombreux acteurs de la société réunionnaise..

Définir un Projet Global avec nos spécificités, nos attentes, nos atouts nos projets et propositions susceptibles d'emporter l'adhésion des milliers de réunionnaises et réunionnais et éveiller, les consciences et une fierté endormie comme le volcan duquel l'île s'est endormie.

Elle doit être le point central afin d'avoir tout engagement pour la population réunionnaise.

Le Collectif Union Citoyens 974 par l'intermédiaire de son Porte-Parole Alix ROUSSEAU interpelle l'État, le Ministre de l'Outre-Mer, le Préfet de la Réunion par rapport à cette décision injuste, irréfléchies, irresponsables et inhumaines à un maintien des quotas de 2025 avec le même financement...

Cette réduction drastique, décision prise sans concertation préalable intervient dans un contexte budgétaire déjà extrêmement tendu.

Dans cette démarche, le Collectif Union Citoyens 974, attire et alerte a l'attention du Gouvernement qu'il  doit cesser de traiter l'insertion des Réunionnais comme une variable d'ajustement budgétaire..

Nou demande pa la charité
Nou demande la dignité
Nou lé pa plus
Nou lé pa moin
Respect a nou
 

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1 Commentaires
Citoyen
Citoyen
2 heures

Très bien monsieur le préfet , très bonne décision pour les contrats pec, les politiques utilisent ça pour les militants , pour remerciement.
Pourquoi pas fait comme longtemps donne en quinzaine , au moins tout domoune i travail ,c'est pôle emploi qui gère , avant la vé point râler pousser.