Tribune libre de l'Union interprofessionnelle de défense des entreprises réunionnaises

Carburant à La Réunion : cinq jours de silence des pétroliers

  • Publié le 26 avril 2026 à 21:16
  • Actualisé le 26 avril 2026 à 21:22
pompe à carburant

L'UIDER demande une baisse immédiate et généralisée pour toute la population réunionnaise. (Photo Stephan Laï-Yu / www.imazpress.com)

Cinq jours après la réunion du 21 avril 2026 à la Préfecture, les compagnies pétrolières n'ont communiqué à l'UIDER aucun chiffre, aucun engagement, aucune date. Les discussions ont repris le vendredi 24 avril sur le lissage des prix à la pompe relatif aux stocks disponibles, pour l'ensemble des Réunionnais.

Ce dimanche 26 avril, l'UIDER se réunit en séance de direction pour fixer la stratégie jusqu'au 1er mai et au-delà. Notre position est ferme : nous demandons une baisse concrète, immédiate et généralisée pour toute la population réunionnaise. 

- La chronologie des faits -

• 1er avril — Hausse de 44 % en moyenne, tout carburant confondu. Sans concertation. Du jour au lendemain.
• 21 avril — Réunion à la Préfecture avec les pétroliers. Aucun engagement : les directions parisiennes n'avaient pas accordé mandat aux représentants présents.
• 21 et 22 avril — Les professionnels de santé — ambulanciers, infirmiers libéraux, taxis et VSL — notifient sous l'égide de l'UIDER, par lettre recommandée avec accusé de réception, leur impossibilité d'exercer à compter du 1er mai. Destinataires : Préfet, ARS, CGSS.
• 22 avril — Réunions bilatérales organisées par le Préfet entre la DEETS et les pétroliers. Aucune réponse publique communiquée à l'UIDER.
• 24 avril — Amorce de discussion directe entre l'UIDER et les pétroliers sur la proposition de négociation relative aux stocks disponibles de la SRPP.
• 26 avril — Réunion de l'UIDER en séance de direction. Décisions à prendre avant la nouvelle révision des prix annoncée pour le 1er mai. 

L'UIDER a proposé le lissage des prix à la pompe en fonction du stock de carburant acheté avant le 1er avril 2026. Ce stock, acquis à l'ancien prix, représente plusieurs dizaines de millions d'euros de différence de valorisation. Redistribué à la population sous forme de lissage sur deux à trois mois, il constitue une baisse concrète et immédiate — sans toucher aux marges opérationnelles des sociétés privées.

Dès le départ, l'UIDER a identifié la seule voie réaliste. Pendant des semaines, l'État et la Région ont réclamé un effort sur les marges — une demande juridiquement et économiquement intenable vis-à-vis d'entreprises privées. L'UIDER a posé une proposition fondée sur les données officielles de la Préfecture. C'est cette proposition, et uniquement celle-là, qui a ouvert les discussions.

Cette proposition a été retenue comme base de discussion par les pétroliers lors des échanges du vendredi 24 avril. L'UIDER prend acte de cette ouverture et en exige la concrétisation en chiffres clairs, applicables directement à la pompe, pour toute la population, sans condition ni dossier. 

- Une baisse pour toute la population -

Depuis le 1er avril, les efforts ont principalement ciblé les professionnels de la route. L'UIDER reconnaît ces avancées. Mais elle rappelle que la hausse du carburant frappe tous les Réunionnais — le père de famille qui emmène ses enfants à l'école, la mère qui fait ses courses, le retraité qui va chez son médecin, le chômeur qui cherche un emploi.

Si l'UIDER avait négocié uniquement pour les professionnels, elle aurait peut-être obtenu davantage, plus rapidement. Elle a choisi de négocier pour l'ensemble des Réunionnais. Elle assume ce choix.

La baisse que nous demandons est une baisse généralisée, applicable à toutes les pompes, pour tous, sans distinction.

Faute d'engagements fermes, chiffrés et publics de la part des pétroliers, l'UIDER se réserve le droit de relancer la grève et de mobiliser le soutien populaire. 

Jean-Éric M'Doihoma, membre Fondateur — UIDER 

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