Ils dénoncent l'existence d'un "privilège zorèy", les signataires de la tribune se préparent à aller à la rencontre des élus réunionnais

  • Publié le 11 juin 2026 à 17:13
  • Actualisé le 11 juin 2026 à 18:22
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Ce jeudi 11 juin 2026, les signataires de la tribune "Nommer le privilège zorèy pour construire l’égalité à La Réunion" se sont réunis à Saint-Denis. Ils l’affirment, "le débat soulevé par cette tribune montre un élan populaire" sur lequel ils souhaitent s’appuyer afin de rencontrer et de mobiliser les élus réunionnais. Autre objectifs de cette rencontre, faire le point sur les actions qui seront menées dans le futur et clarifier la position des signataires. Selon eux, les accuser de racisme, c’est ignorer le fond de la problématique. (Photos : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

Dans le salon réservé aux conférences de presse dans ce restaurant du front de mer de Saint-Denis, les signataires de la Tribune "Nommer le privilège zorèy pour construire l’égalité à La Réunion" prennent place.

C’est Gaël Velleyen qui prendra la parole en premier : "Il y a un vrai élan populaire autour de ce thème là. C’est un thème puissant. On a renversé un tabou, les gens ont besoin de parler. "Le privilège zorèy", c’était l’éléphant dans la pièce et personne ne voulait le nommer."

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- Un fonctionnement sociétal à repenser -

Quand il parle du privilège Zorèy, Gaël Velleyen fait référence au "white privilege". L'expression “privilège blanc” est utilisée pour la première fois en 1988 par Peggy McIntosh. Avec ce concept, elle tentait d’expliquer les privilèges sociaux, sociétaux, politiques ou économiques, qui ne seraient pas accordés aux personnes non blanches dans le même contexte, ce qui constituerait un "ensemble invisible d'avantages non mérités". 

Appliqué à La Réunion, selon les signataires de la tribune présents ce jeudi, ce "white privilege" s’appliquerait dans tous les domaines de la vie des Réunionnais, "un système, des clefs, des codes, des privilèges que nous n’avons pas, dit-on dans la salle, et ce même si nous avons autant de "mérite ou de talents".

Gaël Velleyen explique : "On nous parle de racisme alors qu’on parle d’un sujet profond, documenté par la science. On dit que le système leur a donné une clef que nous, nous n’avons pas."

Eric Ismaël, président du comité Pangar, fait partie des signataires de cette tribune, il explique : "Il est temps que nous ayons une prise de conscience collective autour de ce sujet, et nous souhaitons un débat apaisé. Si nous ne sommes pas capables de faire ça, c’est la rue qui va se lever. Aujourd’hui, dans notre tribune, ce n’est pas le message qui est regardé, c’est le messager qui est discrédité, et on nous traite de jaloux, de raciste. À La Réunion, on a ici 70 % des cadres qui sont exogènes, ce sont des chiffres de l’INSEE. Avant on nous disait que nous n’étions pas capables, aujourd’hui les jeunes Réunionnais sont diplômés. Il est temps d’aller sur le fond du sujet".

Monique Séverin est une ancienne enseignante, elle est aujourd’hui écrivaine et parcourt le monde pour des conférences. Elle l’assure elle aussi, il n’est pas question de racisme : "Tout le monde a sa place ici, et je pense sincèrement que nous souhaitons tous vivre en paix. Ce qu’on veut, c’est un rééquilibrage."

Quant à sa présence autour de la table, elle explique : "Mwin lé la mon plaz zordi. Mwin la vu in sertin nonb de shoz. Mwin la vu marmay la boush fermé" dans l'obligation de parler français alors qu'ils sont créolophones, là aussi là aussi dénoncé comme un privilège blanc. . 

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Elle continue : "Un jour un élève m’a dit, moi je ne suis pas né là-dedans. On pose un problème d’ordre socio-économique, mais il n’y a pas que ça ." Le privilège zorey, peut-être que moi-même j'en bénéficie, j’étais enseignante, je parle français et j’écris français. Mais j’ai conscience de cela".

- La préférence régionale : un débat qui reste - 

Les prises de parole se succèdent, les participants argumentent, donnent des exemples, citent des auteurs. Dans les raisons de leur présence, revient régulièrement le souhait de donner aux générations futures, aux petits Réunionnais, des chances égales. 

Un exemple reviendra à plusieurs reprises : la nomination d'Alexandre Lamothe, recruté dans l’Hexagone, à la tête du Pôle régional des musiques actuelles (PRMA). Un candidat qui s'était retrouvé face à Stéphane Grondin, figure du maloya sur l’île.

Un choix qui date de septembre 2025, qui avait fait réagir sur les réseaux sociaux et alimentait alors le débat sur la préférence régionale. Aujourd’hui, la question se pose à nouveau, à compétence égale faut-il choisir le candidat réunionnais?

Selon le candidat réunionnais, le processus de recrutement a tourné à la scène rocambolesque, qu'il racontait à l'époque : "Après un premier tour de vote, j'avais obtenu trois voix sur cinq. Mais un revirement a eu lieu et un second vote a été organisé. "Finalement, j'ai perdu face à un candidat exogène", expliquait-il dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux.

Il regrettait que le choix du nouveau directeur d'une association censée promouvoir la musique et les artistes de l'île se soit porté sur une personne "qui n'est jamais venue à La Réunion, qui ne connaît ni la langue ni les problématiques locales". 

Cette nomination interpelle encore aujourd’hui.

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Gaël Velleyen invite ceux qui le souhaitent à un temps d’échanges lors d’une rencontre qui aura lieu le dimanche 5 juillet 2026 dans l’ouest. Avant cette date, les signataires de sa tribune qui aborde la thématique du privilège zoréy s’engagent à partir à la rencontre des élus réunionnais, dans leur mairie et les collectivités, afin de connaître leur positionnement sur le sujet.  

ee/www.imazpress.com/[email protected]

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