Tribune libre de Jean-Marie Virapoullé

Cérémonies religieuses : NON à l’interdiction, OUI au dialogue

  • Publié le 20 juillet 2026 à 05:11
  • Actualisé le 20 juillet 2026 à 05:12
jean-marie virapoullé

À la suite de l'arrêté municipal interdisant la tenue de deux cérémonies religieuses privées à Sainte-Rose, j'ai été contacté par l'une des familles concernées, à savoir celle qui pratique les rituels religieux tamouls. Après avoir échangé avec Loïc Vadivel, fils d'Evelyne et de Sylvio, et pris connaissance des différents éléments du dossier, je souhaite à mon tour réagir. (Photo Steaphan Laï-Yu / www.imazpress.com)

Au regard des informations qui m'ont été communiquées, cette décision apparaît injustifiée et disproportionnée. La cérémonie concernée est organisée une seule fois par an, dans un cadre strictement familial. L'utilisation du tambour est limitée à une courte plage horaire, sur une seule demi-journée. Les riverains vivant à proximité immédiate du temple familial ont d'ailleurs adressé un courrier dans lequel ils indiquent ne pas être dérangés par cette cérémonie et apportent leur soutien à Evelyne et Sylvio.

Dans ces conditions, il est légitime de s'interroger sur la pertinence de plaintes émanant de personnes résidant à une plus grande distance du temple familial. La décision municipale concernant cette cérémonie religieuse apparaît ainsi disproportionnée, arbitraire et injuste.

Face à une telle situation, le dialogue et la recherche d'une solution équilibrée auraient dû être privilégiés plutôt qu'une interdiction pure et simple. Il est en effet essentiel de veiller à ce qu'aucune communauté ne soit stigmatisée en raison de ses croyances, de ses traditions ou de ses pratiques religieuses.

Au-delà de ce dossier, cette décision interroge sur le respect de la liberté de culte, principe fondamental garanti par notre République.

La Réunion est reconnue pour son vivre-ensemble, son dialogue interreligieux et sa capacité à faire coexister, dans le respect, les différentes cultures et croyances qui font sa richesse. C'est précisément cette identité réunionnaise qui est aujourd'hui fragilisée. Une telle décision risque de dresser les Réunionnais les uns contre les autres, de créer des divisions inutiles et d'alimenter des tensions qui n'ont pas leur place sur notre île. C'est malheureusement ce que nous constatons à la lecture de certaines réactions publiées sur les sites internet des médias et sur les réseaux sociaux.

Je m'élève contre cette décision, qui porte atteinte à notre identité réunionnaise. J'appelle au retour de la concertation afin de trouver une solution respectueuse à la fois de la liberté de culte et de la tranquillité du voisinage.

Monsieur Michel Vergoz est une figure politique de La Réunion qui semble, dans cette affaire, avoir été mal conseillé. Il est encore temps de corriger cette erreur et de privilégier une solution amiable, dans l'intérêt de toutes les parties concernées et dans le respect des valeurs de dialogue et de tolérance qui fondent notre vivre-ensemble.

Jean-Marie Virapoullé, vice-président du Département et conseiller municipal et communautaire

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