En matière de politique de l’emploi à La Réunion, les années se suivent et, malheureusement, se ressemblent : moins de contrats aidés, moins de participation financière de l’État et une crainte toujours plus forte pour les collectivités, les associations et les personnes qui attendent une chance de s’en sortir. Pourtant, à La Réunion, le chômage atteint 16 % de la population active. (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)
Chez les moins de 30 ans, il monte à 25 %. Dans n’importe quel autre territoire, de tels chiffres imposeraient une mobilisation exceptionnelle de l’État. Chez nous, ils servent d’arrière-plan silencieux à une politique de désengagement.
12.000 contrats Parcours Emploi-Compétences en 2024, 10.000 en 2025, et pour 2026, toujours aucune visibilité. Les collectivités alertent, les associations alertent, les élus alertent, mais rien n’y fait. Aucune réponse claire. Aucun calendrier. Aucune garantie.
Et pourtant, les contrats PEC sont essentiels. Ils permettent un accompagnement vers l’emploi. Ils offrent un cadre de travail structuré, des conditions sécurisées, une première marche vers une insertion durable.
Ce sont aussi des femmes et des hommes qui font vivre l’action publique au quotidien. Dans les communes, dans les écoles, dans les associations, dans les politiques de santé publique, dans les emplois verts qui ont été si utiles pendant la crise du chikungunya l’an dernier, ces agents sont indispensables.
Les supprimer, ou en réduire encore le nombre, c’est affaiblir la continuité du service public alors que les collectivités sont déjà financièrement exsangues.
Le dernier rapport de la Dares le confirme : La Réunion est l’un des territoires où les PEC sont les plus nécessaires et où le besoin social reste le plus massif. Il est de votre devoir de mettre un terme à cette diminution continue.
Monsieur le Ministre, quand allez-vous enfin annoncer les volumes de contrats PEC pour 2026 à La Réunion, garantir une participation financière de l’État à la hauteur et cesser de traiter l’insertion des Réunionnais comme une variable d’ajustement budgétaire ?
