À Saint-Paul et à La Possession, accéder à un logement à un prix compatible avec ses revenus devient une difficulté majeure pour de nombreux ménages. La hausse des loyers, conjuguée à la vie chère et à l’insuffisance de l’offre sociale, fragilise les familles, retarde l’autonomie des jeunes et contraint les parcours résidentiels. Face à cette situation, je sollicite votre intervention pour permettre l’aboutissement rapide des candidatures à l’encadrement des loyers portées par le Territoire de l’Ouest pour ces deux communes (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)
Les données de l’Observatoire des loyers privés de La Réunion illustrent la pression exercée sur les habitants. En 2024, les loyers médians mensuels hors charges s’échelonnent, selon les secteurs, de 11 à 13,70 euros par mètre carré à Saint-Paul, et de 10,30 à 13,70 euros à La Possession, contre une médiane de 10,90 euros à l’échelle de La Réunion. Dans les secteurs les plus chers des deux communes, ce niveau représente un loyer de 822 euros hors charges pour un logement de 60 mètres carrés.
Ces dépenses pèsent lourdement sur le budget des ménages, auxquels s’ajoutent les charges et les autres dépenses contraintes.
Le législateur a précisément souhaité donner aux collectivités ultramarines un outil supplémentaire pour répondre à ces tensions. L’article 1er de la loi n° 2025-534 du 13 juin 2025, expérimentant l’encadrement des loyers et améliorant l’habitat dans les outre-mer, ouvre aux collectivités régies par l’article 73 de la Constitution une expérimentation de l’encadrement des loyers pour cinq ans, dans les conditions prévues par l’article 140 de la loi ELAN.
Le Territoire de l’Ouest s’est mobilisé avec les communes de Saint-Paul et de La Possession pour préparer leurs dossiers, transmis aux services de l’État le 7 mai 2026.
Selon les dernières informations communiquées par la DEAL, leur instruction se poursuit auprès de la Direction de l’habitat, de l’urbanisme et des paysages, sans demande de pièces complémentaires annoncée à ce stade.
Près de six mois après cette transmission, les collectivités ont besoin d’un calendrier de décision. Chaque mois supplémentaire d’instruction reporte la protection attendue par les locataires et réduit d’autant la durée effective de l’expérimentation.
L’encadrement des loyers doit accompagner l’effort indispensable de construction et de réhabilitation. Il permet d’agir sur les niveaux de loyers pendant que ces politiques produisent leurs effets. Son efficacité suppose également un accompagnement de l’État pour assurer la collecte des données, l’information des locataires et des bailleurs, ainsi que le contrôle de son application.
Je vous demande donc de mobiliser vos services pour achever dans les meilleurs délais l’instruction des deux candidatures et leur donner une suite favorable, afin de permettre la publication du décret fixant les périmètres concernés, puis des arrêtés préfectoraux nécessaires. Je vous remercie de bien vouloir me communiquer un calendrier précis et de veiller à ce que les moyens nécessaires à la mise en œuvre locale soient identifiés avec le Territoire de l’Ouest et les communes.
Les collectivités ont engagé leur démarche. Les habitants attendent désormais que le droit ouvert par le Parlement se traduise concrètement dans leur accès au logement.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.
Karine Lebon
Députée de La Réunion - Deuxième circonscription
