Tribune libre de Jean-Paul Panechou

Faire l’histoire : rassembler ou disparaître

  • Publié le 26 juin 2026 à 06:59
Front de gauche 974

Notre fil conducteur a toujours été, et demeure, le rassemblement des forces progressistes. À l’approche de la prochaine échéance présidentielle, ce principe n’est plus seulement une boussole stratégique : il devient une exigence éthique. Face à la dispersion des indignations, nous devons relancer cet appel à l’union pour transformer, dès maintenant, les colères éparses en une puissance collective capable de gouverner et de bifurquer.

L’histoire sociale et politique de notre pays ne triche pas : elle montre que les grandes conquêtes démocratiques, des congés payés du Front populaire aux avancées sociétales majeures, ne sont jamais nées de l’isolement doctrinaire. Elles ont exigé des coalitions larges, vibrantes et plurielles, articulant les mouvements ouvriers, les syndicats, les intellectuels, les artistes, les luttes féministes, antiracistes, écologistes, ainsi que le tissu associatif et l’éducation populaire. L’urgence absolue est de relier ces combats plutôt que de les opposer ou de les hiérarchiser. L'écologie sans justice sociale n'est que de la philanthropie pour privilégiés ; la justice sociale sans transition écologique est une impasse pour les générations futures.

La convergence des luttes n'exige pas l'uniformité. Contre la fragmentation et le morcellement qui font le jeu du statu quo, l’union ne signifie pas l'effacement de nos nuances ou de nos désaccords légitimes. Elle réside dans la construction d'un rapport de force collectif solide. C’est ce bloc qui, seul, peut ouvrir un horizon commun pour et par les électeurs et, dessiner un chemin d’émancipation, recréer un espace de mobilisation intellectuelle et citoyenne. Il y a urgence : l’épuisement démocratique, matérialisé par l’augmentation constante et alarmante des taux d’abstention à chaque scrutin, nous rappelle que lorsque l'alternative disparaît, les citoyens s'effacent.

Face au désordre du monde et au désespoir généralisé, l’obscur autoritarisme vers lequel certains lorgnent n’est pas une réponse ; il est un accélérateur de chaos. Notre quotidien est marqué par une instabilité internationale chronique, un État dont les rouages s'enrayent, une justice exsangue et des services publics – de l'hôpital à l'école – en état de souffrance absolue. Pendant ce temps, le mur de l'inflation fragilise les foyers alors que le travail ne paie plus à sa juste valeur. Le sentiment d'abandon est légitime, mais le repli sur soi est un piège.

Nous sommes aujourd'hui confrontés à une véritable épreuve historique. Au bord du gouffre, face au risque de basculement
dans le ressentiment et la peur, l’arrivée des forces réactionnaires au pouvoir n’est pourtant pas une fatalité. C’est un choix par défaut si nous manquons d'audace. Réagissons.

Pour maintenir cette petite lumière démocratique et républicaine, dépassons nos chapelles, mettons de côté les querelles d'égos et bâtissons une nouvelle alliance populaire.

L'histoire nous regarde : nous devons rassembler, ou nous résigner à disparaître.

FORCES DE GAUCHE REUNION
Jean Paul PANECHOU
Didier DUPONT

guest
0 Commentaires