Tribune libre de Jean-Claude Comorassamy

Il y a 80 ans, les 4 plus "vieilles colonies" deviennent des départements

  • Publié le 19 janvier 2026 à 06:59
  • Actualisé le 19 janvier 2026 à 07:04
Le Port

80 années se sont écoulées depuis l'évènement de la loi du 19 mars 1946 qui fit passer La Réunion du statut de colonie à celui de département comme les trois autres "vieilles colonies".

Portée par cinq parlementaires issus des colonies, Aimé Césaire et Léopol Bissol de La Martinique, Gaston Monnervillle de La Guyane, Raymond Vergès à côté Léon Lépervanche pour La Réunion, que la loi départementalisation, au départ "loi assimilation", sera promulguée le 19 mars 1946.

C'est ainsi que La Guadeloupe, La Martinique, La Guyane française et pour La Réunion avec ses deux pères fondateurs et bâtisseurs de cette départementalisation furent Raymond Vergès et Léon Lépervanche pour notre île, deviennent officiellement des Départements français d'Outre-mer. Et depuis peu la création d'un Ministère à part entière pour les Outre-mer dont l'actuel titulaire du poste depuis le 12 octobre 2025 est la Ministre Naïma Moutchou.

Néanmoins, dans 2 mois jour pour jour La Réunion célèbrera cet évènement historique. Mais à ce jour, un grand mystère demeure sur cette célébration. Alors que le 19 mars fait partie d'un moment fort et d'une ère nouvelle de notre histoire. Pas même les élections municipales du 15 et 22 mars ne peuvent et doivent faire abstraction de cette page historique de l'île de La Réunion devenue Département français.

À ce propos, depuis 80 ans, 11 hommes et une femme se sont succédés à la tête du conseil général d'époque devenu actuellement Conseil Départemental par la loi du 17 mai 2013.

L'unique femme est Nassimah Dindar, élue par ses pairs et a présidé l'assemblée de 2004 à 2017 soit 4 mandats consécutifs succédant ainsi à Jean Luc Poudroux. Tandis que son premier vice-président Cyrille Melchior prendra la tête de la collectivité par la suite, et depuis le 1er juillet 2017 jusqu'à ce jour, il préside Le Département comme "force tranquille pour certains et homme du consensus pour d'autres" sources médias. "Un homme de grande valeur" me dira aussi un ami de Bois-Nèfles St-Paul, proche de lui.

Bref, ce moment de célébration de la 80-ème anniversaire de la départementalisation serait l'occasion pour que les témoins qui ont vécu cette page d'histoire, nous racontent cette lutte acharnée d'époque à devenir Département français, de nos conditions de vie ainsi que les témoignages des président (e)s qui se sont succédés et qui ont façonné aussi d'une certaine manière ses 80 ans d'histoire.

Retracé le chemin parcouru parce qu'il y a eu d'énormes d'avancées durant les huit décennies passées, et à se recentrer désormais à des nouvelles perspectives de développement dans le cadre de notre spécificité. Voilà le débat et la réflexion à avoir, alors que le chômage, la précarité, le manque et le mal-logement, la vie chère, la pauvreté grandissante, l'exclusion sociale, pouvoir d'achat en berne, l'isolement social ...etc, etc gagnent du terrain.

Ce qui me ramène à la formule-choc de Laurent Vergès avec son badge à l'Assemblée nationale un 19 octobre 1987 (source Journal Témoignages) "Nou lé pa plis, nou lé pa moin, respect'a nou", ce qui a marqué l'auditoire et qui reste graver à jamais dans notre mémoire.

À cette époque le gouvernement refusait l'égalité promise à La Réunion et autres colonies depuis 1947. Aujourd'hui encore, le slogan Laurent Vergès resonne dans la mémoire collective réunionnaise comme le symbole des luttes contre la misère, l'injustice…etc.

Des revendications plus que jamais d'actualité, surtout avec le nouveau budget 2026 en discussion qui s'annonce encore plus austéritaire surtout pour les travailleurs et les plus faibles... Au bout du compte une année encore plus sombre nous menace !

Jean-Claude Comorassamy

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2 Commentaires
Gilbert LAURET
Gilbert LAURET
32 minutes

En célébrant les 80 ans de la départementalisation, je veux dire une chose simple : La Réunion peut entrer dans une nouvelle étape de son récit, non plus seulement comme territoire aidé, mais comme territoire créateur, inventeur, et autonome.

Nous avons aujourd’hui une opportunité rare : déployer à grande échelle les réseaux à ondes millimétriques, accompagnés de la fibre optique, de l’intelligence artificielle dialogique, d’une géolocalisation maîtrisée, et de serveurs locaux au service des habitants et des entreprises. Ce n’est pas “juste Internet plus rapide” : c’est une infrastructure complète qui permet à chaque commune de devenir un lieu de puissance, un lieu de décision, un lieu d’expression.

Avec cette architecture, chaque citoyen, chaque activité, chaque quartier peut produire, organiser, apprendre, entreprendre, et échanger — ici même — tout en restant relié au monde. C’est ainsi qu’on peut bâtir une démocratie locale moderne, et faire de La Réunion une île révolutionnaire : une terre capable de créer sa valeur, de relocaliser ses compétences, et de dialoguer d’égal à égal avec la planète.

Sébastien
Sébastien
2 heures

D'énormes avancées mais il reste encore beaucoup à faire pour rattraper les retards et pour ne pas être entièrement à part des autres départements français.
Merci de ce rappel historique pour mieux prendre conscience.