Tribune libre de l'UFR

L’abolition symbolique du Code noir : une avancée historique pour la mémoire, la dignité et la justice

  • Publié le 22 mai 2026 à 14:35
 Les registres nominatifs de personnes en esclavage dans les anciennes colonies françaises reconnus comme "Mémoire du monde"

L’Union des Femmes Réunionnaises se félicite de l’abrogation du Code noir, texte infâme qui a organisé et légitimé l’esclavage dans les colonies françaises pendant plus de deux siècles. Les députés de la commission des lois ont voté, mercredi 20 mai, à l’unanimité, l’abrogation du Code noir ainsi que de l’ensemble des textes ayant réglementé l’esclavage. Cette décision marque une étape historique dans la reconnaissance par la République de la gravité de ce système colonial fondé sur l’exploitation et la négation de la dignité humaine.

Le Code noir, promulgué sous le règne de Louis XIV en 1685 puis appliqué dans les colonies françaises, a réduit des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants à une condition inhumaine, fondée sur la négation de leur dignité, de leur liberté et de leur humanité.

Par cette décision, la représentation nationale reconnaît enfin la nécessité de rompre clairement avec cet héritage juridique et politique de domination coloniale. Cette abolition symbolique constitue un acte important pour la mémoire collective, pour la vérité historique et pour la transmission aux jeunes générations.

L’Union des Femmes Réunionnaises rappelle toutefois que le travail de mémoire ne peut se limiter à un geste symbolique.

- Cette décision résonne avec force - 

Il doit s’accompagner d’un engagement concret en faveur de la justice sociale, de la lutte contre les discriminations, de l’égalité et de la valorisation de l’histoire des peuples issus de l’esclavage et de la colonisation, aussi bien à La Réunion qu’en France hexagonale.

Nous rendons hommage à toutes celles et tous ceux qui, depuis des décennies, associations, historien·nes, militant·es, descendant·es d’esclaves et défenseur·ses des droits humains, ont porté ce combat pour la reconnaissance de cette page douloureuse de notre histoire.

À La Réunion, terre de rencontre des civilisations, marquée par les résistances et les luttes pour l’égalité, cette décision résonne avec force. Elle rappelle l’importance de continuer à construire une société fondée sur le respect, la dignité humaine et la solidarité entre les peuples.

L’Union des Femmes Réunionnaises restera pleinement mobilisée pour que la mémoire de l’esclavage ne soit jamais oubliée et pour que les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de sororité deviennent une réalité pour toutes et tous.

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