Les Collectivités ne peuvent pas remplacer l’Etat et l’Etat n’a plus de tutelle sur les Collectivités. Les compétences ont été définies par la loi qui a prévu un outil de concertation. Ce serait une humiliation que d’attendre du préfet la réunion de la Conférence Territoriale de l’Action Publique (CTAP), de fermer des services utiles ou d’abandonner les citoyens pauvres à leur sort. (Photo d'illustration : Stephan LaÏ-Yu/www.imazpress.com)
L’histoire des PEC commence quand le gouvernement analyse la crise économique comme conjoncturelle et décide d’une mesure précaire. Il propose aux collectivités d’embaucher des contractuels moyennant 90% de prise en charge. Ce fut une aubaine pour la plupart des collectivités qui en ont profité pour remplacer des postes permanents ou recruter pour assumer des nouvelles activités. Ces précaires en grande souffrance économique et sociale viennent s’ajouter à la masse du personnel non titulaire.
Cependant, à La Réunion, la situation générale est différente. Celle-ci repose sur un chômage massif et structurel. Des parlementaires font une erreur de soutenir la précarité en l’absence d’emplois pérennes. D’autres élu-es se vantent d'utiliser leurs collectivités pour servir d’amortisseur à la crise sociale. Des promesses électorales ne sont pas loin.
Or, depuis 2013, l’INSEE note : « La Réunion est un Département socialement hors norme ». L’urgence est donc de rétablir la norme ou d’étudier de nouvelles normes. En 2026, la manifestation devant la préfecture est un signe que la situation s’est aggravée. Des élus se sont retrouvés pour une cause qui leur semble juste.
Profitons-en pour réunir la Conférence Territoriale de l’Action Publique. C’est une instance de concertation légitime. Le moment est venu pour les élu-es Réunionnais de prendre l’initiative et ne plus s’en remettre à Paris. Cela concerne les 2 assemblées, les 24 communes et les 5 interco. L’Etat est aussi membre partenaire. Ce qui change de nos jours : tous les ans, le Préfet fait un rapport des services de l’Etat devant les élus de la Région et du Département, réunis en session plénière.
Notons aussi que le calendrier des Objectifs du Millénaire pour le Développement Durable a fixé l’éradication de la pauvreté en 2030. C’est un bon repère pour préparer les débats relatifs aux orientations de la mandature des collectivités nouvellement élues.
Ary Yee-Chong-Tchi-Kan
