Grève chez Derichebourg-OI : la direction parle d'un mouvement "inacceptable", les salariés assurent n'avoir jamais refusé le dialogue

  • Publié le 25 juillet 2026 à 11:38
  • Actualisé le 25 juillet 2026 à 12:40
Saint-Pierre et Petite-Île : les salariés de Derichebourg-OI poursuivent leur grève

(Actualisé) La grève débutée le 13 juillet 2026 est toujours en cours chez Derichebourg océan Indien et perturbe la collecte des déchets à Saint-Pierre et Petite-Île. Le mouvement s'enlise et aucun accord ne semble vouloir s'établir. La direction a pris la parole ce vendredi 24 juillet 2026 dénonçant un manque de dialogue "constructif". Les salariés répondent en affirmant n'avoir jamais refusé le dialogue social. (Photo d'illustration : Stephan Laï-Yu / www.imazpress.com)

Depuis le 13 juillet 2026, la collecte des déchets à Saint-Pierre et Petite-Île connaît une forte perturbation dû à une grève des salariés.

Le jeudi 16 juillet 2026, un rendez-vous, en visio-conférence avec la direction générale, a permis quelques avancées. Chèques vacances, prime de transport, prime de qualité et samedis majorés ont été accordés aux salariés.

Mais la grève s'enlise, le ton est monté d'après les salariés et l'incompréhension s'installe face à certaines décisions. En effet, le vendredi 17 juillet 2026, les salariés ont appris qu'un directeur d'agence de l'Hexagone, Alexandre Bellens, devait se rendre à La Réunion.

Les salariés s'interrogent "sur les dépenses engagées par l'entreprise pour financer des billets d'avion, des hébergements et des véhicules de location afin de faire venir des représentants de métropole, alors que leurs revendications salariales continuent d'être refusées". Une partie des salariés perçoit cette décision comme une "provocation".

- La direction de Derichebourg océan Indien sort de son silence -

La direction affirme que le mouvement de grève qui perturbe la collecte de déchets à Saint-Pierre et Petite-Île est lié aux Négociations annuelles obligatoires (NAO).

Dans son communiqué transmis ce vendredi 24 juillet 2026, en fin d'après-midi, la direction assure avoir formulé des propositions "ambitieuses" à ses représentants du personnel. Parmi celles-ci, deux nouvelles augmentations salariales, au 1er janvier 2026 avec effet rétroactif et au 1er juillet, après une première hausse en novembre 2025. Selon l'entreprise, ces mesures portent à 4,5 % l'augmentation des salaires de base sur sept mois.

Évoquant son "ensemble de mesures", la direction de Derichebourg OI précise avoir proposé représentant du personnel des augmentations individuelles d'environ 3 % pour 20 % de l'effectif, l'amélioration des primes qualité mensuelles et des indemnités de transport, ainsi que le versement de l'équivalent d'une prime d'intéressement.

Elle annonce la mise en place de chèques-vacances d'une valeur de 450 euros par an. Au total, en intégrant les mesures déjà prises en novembre 2025, Derichebourg estime que ses propositions représentent une hausse brute de 11,2 % par rapport au salaire moyen de base.

Pour la direction, le maintien du mouvement est dès lors "inacceptable". Elle dénonce depuis trois ans "l'absence de volonté de la part de ses représentants du personnel de mener un dialogue social constructif", estimant que cette situation pénalise les salariés.

- Des revendications jugées "légitimes" pour les salariés -

Lors de la réunion de médiation qui s'est tenue ce vendredi, aucun accord n'a pu être trouvé. Les échanges entre les parties n'ont pas permis de rapprocher suffisamment les positions pour parvenir à un compromis. "Le désaccord porte sur le contenu des propositions et non sur la volonté de négocier", rappelle les employés.

Selon le communiqué, "la direction présente ses propositions comme représentant une évolution globale de 11,2 %. Ce pourcentage résulte de l'addition de mesures de nature différente : augmentations générales, augmentations individuelles concernant seulement une partie des salariés, primes, indemnités, chèques-vacances et mesures déjà mises en œuvre en 2025".

"Les salariés grévistes constatent que ces mesures ne produisent pas toutes les mêmes effets", écrivent-ils. "Une augmentation du salaire de base améliore durablement la rémunération et est prise en compte dans le calcul de nombreuses indemnités ainsi que des droits à la retraite. À l'inverse, certains avantages ponctuels ou conditionnels ne produisent pas les mêmes effets. C'est pourquoi les salariés estiment que ces différentes mesures ne peuvent être assimilées à une augmentation générale uniforme des salaires", ajoutent-ils.

"Si la direction considère que la situation économique de l'entreprise justifie une appréciation différente de celle pouvant être déduite de ces comptes, les salariés grévistes souhaitent qu'elle en expose les éléments objectifs afin d'éclairer les salariés, les collectivités, les partenaires sociaux et les pouvoirs publics", soulignent-ils.

- "Les salariés n'ont jamais refusé le dialogue" -

Dans un communiqué envoyé ce samedi 25 juillet, les salariés grévistes répondent et affirment que "depuis l'ouverture des Négociations Annuelles Obligatoires (NAO) 2026, les représentants ont participé à l'ensemble des réunions de négociation organisées par la direction".

Ils ont également participé à la médiation organisée par la DEETS (Direction de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités).

Les salariés grévistes demandent une meilleure reconnaissance de leur travail au regard de leur contribution quotidienne à l'activité de l'entreprise. Pour eux, ils assurent un service essentiel à la population dans des conditions souvent difficiles. Leurs revendications portent sur une meilleure redistribution de la valeur créée, dans le cadre des NAO 2026 (Négociations Annuelles Obligatoires).

"Les salariés ne demandent pas l'impossible. Ils demandent une reconnaissance à la hauteur de leur engagement et une juste redistribution de la valeur qu'ils contribuent à créer chaque jour", concluent-ils.

Une réunion de la Commission de conciliation est désormais programmée dans les prochains jours afin de poursuivre les discussions.

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1 Commentaires
Didier
Didier
2 semaines

Ce qui est inacceptable, c'est la façon dont les capitalistes de Derichebourg traitent leurs travailleurs ici à La Réunion et dans l'hexagone !
Les ordures ne sont pas celles qu'on croit !