L’agriculture réunionnaise est en grande difficulté. Confrontée à un environnement hautement concurrentiel, à des aléas et des contraintes qui se multiplient au quotidien, l’agriculture réunionnaise manque de perspectives et de visibilité en matière d’accompagnement. Ce mardi 27 janvier 2026, à l’origine de cet appel à la mobilisation de l’ensemble des filières de production, la Chambre d’agriculture présente un ensemble de 30 propositions pour et en faveur de nos producteurs dans un contexte de graves difficultés. (Photo : rb/imazpress.com)
Les attentes et besoins de nos agricultrices et agriculteurs et les problématiques internes au territoire :
- 1. La lutte contre les importations -
A. Protéger les productions locales sur les périodes de productions y compris à travers une augmentation de l’octroi de mer sur les fruits et légumes importés et un renforcement des arrêtés préfectoraux en la matière ;
B. Renforcer le contrôle à la frontière par le détachement d’une nouvelle brigade pour renforcer les équipes de la DAAF ;
- 2 Privilégier la consommation de la production locale -
A. Mettre en avant la saisonnalité des productions par des actions de communication et autres évènements ;
B. Intégrer plus fortement la production locale dans la restauration collective ;
- 3 Protection de la filière canne -
A. Accélérer le versement des aides et autres recettes ;
B. Stabiliser le taux de perte à 25%
C. Traitement et paiement des dossiers de perte par lot afin de reconstituer la trésorerie dans le but de relancer la production cannière ;
D. Revoir le prix de la canne, les méthodes d’échantillonnage et l’absence de molécules phytosanitaires ;
- 4 PROTECTION DU FONCIER AGRICOLE -
A. Assurer dans le nouveau SAR l’inscription des 50 000 ha de SAU pour assurer les productions et de porter une attention particulière à la valeur agronomique des zones qui seront définies ;
B. Exclure la consommation de terres agricoles des projets susceptibles de porter atteinte à la production agricole à l’image de l’ISDU de Sainte-Marie
- 5 L’ETAT DOIT TENIR SES ENGAGEMENTS -
A. Permettre la finalisation de la feuille de route et du plan d’actions annoncés dans le cadre des Etats Généraux de la Canne. Plusieurs propositions fortes figurent au protocole partenarial qui doivent être suivie d’effets (protection du foncier, soutien pour garantir l’attractivité de la main d’œuvre agricole locale, ...).
Des moyens doivent être engagés pour que ce travail soit finalisé ;
B. Mettre en place des moyens financiers pour atteindre les objectifs fixés dans le plan régional de souveraineté alimentaire ;
- 6 ACCÉLÉRER LA SIMPLIFICATION ADMINISTRATIVE -
A. Concernant les dossiers des agriculteurs, qu’il s’agisse de subventions ou d’autres demandes, nous demandons la création d’un coffre-fort pour faciliter le partage des dossiers entres les administrations ;
- 7 LE FEADER : FONDS EUROPEEN AGRICOLE POUR LE DEVELOPPEMENT RURAL -
A. Les difficultés d’Europac risquent de provoquer des problèmes à l’occasion des contrôles relatifs aux soldes, notamment, concernant les investissements dans la plantation de canne ;
B. Demande de la prise en charge du coût financier supporté par les agriculteurs par rapport au retour du versement des subventions ;
C. Accélérer la mise en œuvre de l’outil afin de traiter les soldes des conventions ;
D. Sur les subventions et les crédits d’impôts (TMAP & TMIA), ces deux notions n’ont pas le même objet, ni la même base et encore moins la même méthode de calcul.
Dans la pratique, la méthode qui est proposée donne l’impression de mélanger la TMAP (Feader) et la TMIA (Fiscalité) ce qui entraine une baisse mécanique des montants alloués ;
E. Faire un bilan de la consommation des enveloppes « On Farm » afin de prévoir toutes les évolutions et adaptations
F. Faire une adaptation du cadre réglementaire FEADER aux réalités techniques et économiques des productions tropicales, en particulier l’ananas et le fruit de la passion, comme levier stratégique de renforcement de la souveraineté alimentaire ;
- 8 REDONNER AUX PROFESSIONNELS LEUR PLACE ET RÔLE DANS LES COMMISSIONS -
A. Renforcer l’avis des professionnels dans les commissions et l’importance de ces derniers dans la prise de décision finale. Il s’agit de bon sens alliant connaissance du terrain et des agriculteurs. Malheureusement, leur avis devient secondaire face à l’interprétation de la règlementation ;
- 9 LA GESTION DES EFFLUENTS D’ELEVAGE -
A. Le non-respect par les services des éléments arrêtés lors de réunion concernant la validation des plans d'épandage. Il y a eu un engagement à prendre uniquement l'azote dans l'analyse mais la DAAF réaffirme la prise en compte de l'azote et aussi le phosphore pour valider un plan d'épandage ;
- 10 FILIERE VOLAILLE -
A. Assouplir et lever la contrainte des 5% de baisse sur la filière volaille. Permettre la transmission des quotas y compris hors cadre familial ;
- 11 LE VOLET SANITAIRE -
A. Maintenir les modalités du PGMSB dont le financement pour l’ensemble des éleveurs et sur la durée du plan ;
- 12 CREATION D’UN LABORATOIRE COFRAC -
A. Accélérer la mise en place d’un laboratoire Du Comité Français d’Accréditation afin d’analyser les fientes d’animaux mais aussi, et de manière globale, les fruits et légumes transformés ou non qui entrent au quotidien sur le territoire. Ces analyses doivent aussi porter sur la recherche de molécules phytosanitaires interdites en Union Européenne ;
- 13 SCHÉMA DE STRUCTURE -
A. Mettre rapidement en place le processus destiné à acter la révision du schéma de structure dont la dernière actualisation date de 2017 ;
- 14 CDPENAF -
A. Elaborer des doctrines spécifiques à l’agritourisme, la constructibilité et les outils de production afin de faciliter les prises de décisions au sein de cette commission départementale ;
- 15 RETENUES D’EAU & RESSOURCE -
A. Soumises régulièrement à des signaux secs et, par rebond, à des épisodes de sécheresses impactant, l’agriculture réunionnaise attend une accélération nette des procédures dédiées à la création de grandes retenues d’eau pour irriguer les zones non- irriguées, notamment, dans les Hauts de l’Ouest ;
- 16 PLASTIQUES AGRICOLES -
A. Mettre en place une filière pour assurer le traitement des plastiques agricoles avec le
soutien de financement public ;
- 17 AIDES A L’EXPORT -
A. Revoir et opérer une refonte des systèmes d’aides pour les cultures d’exportation
(ananas, fruit de la passion, letchis, ...) et les cultures vivrières ;
- 18 ECOULEMENT DES PRODUCTIONS DES RUP SUR LE MARCHÉ EUROPÉEN -
A. Dans le contexte de tension accrue par les nombreux accords de l’Union européenne avec de nombreux pays tiers, il est nécessaire de mettre en place des mesures de marché permettant aux productions locales (sucres spéciaux entre autres) de rester compétitives face aux importations des pays tiers
- LES PROBLEMATIQUES EXTERNES AU TERRITOIRE -
- 19 MAINTENIR LA COMPETITIVITÉ DE NOS PRODUCTIONS EN COMPENSANT LES HANDICAPS DE NOTRE ULTRAPERIPHERIE -
A. Ce préalable à l’existence d’une agriculture réunionnaise nécessite la sécurisation du POSEI en tant que politique agricole commune dans les régions ultrapériphériques ainsi que le doublement de son enveloppe dans le prochain cadre pluriannuel destiné à permettre le développement et/ou le redressement de toutes les filières agricoles des DROM ;
20 SURTAXATION DES RHUMS DE LA REUNION DANS LE PROJET DE LOI DE
FINANCES 2026
A. Retrait de l’article 25 sexdecies qui prévoit l’instauration d’une majoration du droit d’accise sur les alcools locaux ;
- 21 ADAPTER LA RÈGLEMENTATION AUX SPECIFICITÉS DE NOS TERRITOIRES -
A. Depuis plusieurs années, malgré nos alertes et interventions répétées, La Réunion à l’image de l’Outre-mer, n’est pas prise en compte dans les projets de loi et, de manière globale, sur la réglementation ;
- 22 MINIMIS -
A. Faire évoluer les règles des minimis pour permettre aux exploitations de bénéficier des aides pour faciliter la production ;
23 ACCORD UE-MERCOSUR
A. Opposition ferme à la ratification de l’accord UE–Mercosur en l’état ;
B. Mise en place de clauses miroirs obligatoires garantissant l’égalité des normes de
production ;
C. Activation de clauses de sauvegarde spécifiques aux RUP, en cas de déséquilibre du
marché ;
D. Soutien renforcé à la valorisation de l’origine locale ;
- 24 PAYS TIERS -
A. Sortir l’Île de La Réunion et les régions ultrapériphériques des « pays tiers » afin d’être
enfin traité en matière sanitaire comme un autre département français et stopper
définitivement ;
- 25 COMPENSATION DES RETRAITS DE MOLÉCULES -
A. La Réunion, de par ses spécificités, demande des aides d’Etat afin de compenser la baisse des rendements liée au retraits de nombreuses molécules sans aucune solution technique fiable de remplacement ;
- 26 PERMETTRE DE CONTINUER À CULTIVER EN ENVIRONNEMENT TROPICAL -
A. L’Etat doit garantir aux agriculteurs réunionnais des solutions durables pour la protection des cultures, en particulier la filière canne, et l’existence de solutions phytosanitaires efficaces et compétitives pour lutter contre les adventices ;
B. La profession sollicite à ce titre que l’usage « Canne à sucre désherbage » soit classé dans les usages prioritaires au Catalogue national des usages phytopharmaceutiques ;
- 27 COEFFICIENT DE PONDÉRATION -
A. Revoir les coefficients de pondération des productions par rapport à la réalité économique : 10ha pondéré pour 1ha d’ananas ne correspond absolument pas à la réalité étant entendu que leur revenu n’est pas 10 fois supérieur ;
- 28 SEM DE STOCKAGE -
A. Créer une Société d’Economie Mixte de stockage des fruits et légumes les plus exposés à la concurrence des importations, afin de sécuriser un approvisionnement régulier et maîtrisé sur le marché ;
- 29 EGALIM -
A. Apporter un ajustement à la Loi Egalim afin de favoriser la proximité plutôt que les normes et les labels plus coûteux ;
B. Reporter à 2030 l’exclusion des fruits et légumes certifiés en CE2 des produits de qualité.
- 30 PERENNISATION ET RENFORCEMENT DU RSA ET DU COMPLEMENT NATIONAL -
A. Inscription dans la loi de finances 2026 d’une ligne budgétaire dédiée au complément national du RSA
