Tribune libre de Acció Feminista d’Andorra

Lettre au coprince français demandant son intervention pour la légalisation de l’avortement en Andorre

  • Publié le 27 avril 2026 à 14:50
  • Actualisé le 27 avril 2026 à 14:53
Manifestation en défense du droit à l'IVG, le 6 novembre 2010 à Bordeaux

Votre Excellence, Monsieur le Président de la République française, Coprince de la Principauté d’Andorre, Acció Feminista d’Andorra a le plaisir de s’adresser à vous dans le cadre de la défense des droits des femmes à un moment décisif de l’évolution de notre pays. Plus largement engagés en faveur de l’égalité et la justice sociale, nous souhaitons vous faire part de nos préoccupations tout comme de nos espoirs face à l’orientation que prend le débat sur l’avortement en Andorre.

Le débat social et politique est centré principalement sur la possibilité d‘une proposition et du vote d’une loi dans le but de dépénaliser l’avortement ce qui viendrait à reformer notre Code pénal.

Ce changement n’est pas anodin. Le droit à l’avortement est un droit fondamental et doit être traité légalement comme tel. La simple modification d’un texte légal n’est pas suffisante car cela équivaut une fois de plus à diluer les droits des femmes.

Alors qu’en France, sous votre impulsion, le droit à l’avortement a été inscrit dans la Constitution, en Andorre, il demeure un délit et cela depuis des années. Ce qui est un droit en France est une infraction pénale en Andorre.

Cette contradiction, alors que nous avons le même chef d’État, nous oblige à faire une réflexion sur notre engagement face aux droits fondamentaux et aux droits humains. Pour cette raison, les femmes d’Andorre doivent avoir les mêmes droits que les femmes de France. Ni plus, ni moins. Nous voulons que le droit de décider de notre corps soit reconnu, garanti et exercé dans des conditions de dignité humaine.

Cependant, les informations dont nous disposons nous font craindre que la réforme envisagée par les autorités, se limite à une dépénalisation partielle ou symbolique, sans garantir un accès réel à l’avortement.

- La pleine légalisation de l’avortement dans le pays - 

Une telle solution perpétuerait la situation actuelle, en obligeant les femmes à se déplacer hors du pays, en ayant recours aux services des hôpitaux frontaliers français, et maintiendrait des inégalités inacceptables.

C’est pourquoi nous demandons que toute évolution normative prévoie, au minimum, les conditions essentielles suivantes :

• La pleine légalisation de l’avortement dans le pays.
• Son accessibilité en Andorre, sans nécessité de se déplacer à l’étranger.
• Sa gratuité en tant qu’acte médical, afin de garantir l’égalité d’accès.
• La garantie de sa sécurité, avec toutes les conditions sanitaires requises.
• Le respect de la confidentialité des personnes concernées.
• La mise en place d’un accompagnement médical, psychologique et social complet.

Ce n’est qu’avec ces piliers que l’on pourra parler d’un droit effectif à l’avortement, et non d’une solution symbolique.

Monsieur le Président, votre impulsion a été déterminante pour placer la France à l’avant- garde des droits des femmes. Aujourd’hui, en tant que Coprince d’Andorre, vous avez devant vous une occasion unique de contribuer à faire de ce même standard de droits une réalité également dans notre pays.

Nous vous remercions de votre attention et de votre engagement, et nous sommes convaincues que votre voix et votre influence seront décisives pour que cette occasion unique ne soit pas gâchée.

Avec le plus grand respect,

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